« Une aurore polaire observée pour la première fois… sur une étoile »

Ce phénomène prouve, selon les astronomes, le caractère planétaire des naines brunes, sortes « d’étoiles avortées ».

« ALLUMÉES ». Les naines brunes sont des astres intermédiaires : elles ne possèdent pas une masse suffisante pour démarrer ou maintenir les réactions de fusion nucléaire et donc briller comme le Soleil. Ce sont en quelque sorte des étoiles avortées beaucoup plus froides que leurs consœurs mais plus massives et plus chaudes que les planètes. La toute première détection confirmée d’une naine brune date d’une vingtaine d’années à peine et seuls quelques centaines de ces objets insaisissables (parce que sombres) ont été répertoriés à l’heure actuelle. Une nouvelle étude portant sur une naine brune située à 20 années-lumière de la Terre révèle l’existence d’aurores à l’un de ces pôles, comme sur notre planète.

Les aurores sont provoquées par l’interaction des particules chargées des vents solaires avec le bouclier magnétique et la haute atmosphère de certaines planètes comme la Terre, bien-sûr, mais aussi Saturne ou Mars. Les couleurs sont causées par les gaz de la haute atmosphère : l’azote donne des couleurs bleues et rouges tandis que l’oxygène des teintes vertes et rouges.

Une équipe internationale d’astronomes a utilisé les plus puissants télescopes pour observer J1835 + 3259, une naine brune qui tourne sur elle-même en 2,84 heures, ce qui permet l’observation de trois rotations complète en une seule nuit. Ils ont détecté à la surface des anomalies lumineuses périodiques. Les calculs et analyses, publiés dans la revue Nature, indiquent qu’il s’agit probablement d’aurores causées par l’interaction entre des électrons et l’atmosphère d’hydrogène de la naine brune.

Elles sont beaucoup plus puissantes que celles observées sur Terre estiment les scientifiques. « Les aurores boréales sont l’un des phénomènes les plus spectaculaires sur Terre. J’ai toujours voulu en voir mais je n’ai pas eu cette chance. C’est particulièrement ironique que je sois arrivé à découvrir un spectacle de lumière aurorale beaucoup plus puissant à des années-lumière de chez nous » s’exclame Stuart Littlefair, de l’université de Sheffield.

CLASSEMENT. Cette découverte amène les astronomes à repenser le classement des naines brunes dans la catégorie des étoiles. « Les naines brunes couvrent l’écart entre les étoiles et les planètes et ces résultats sont une preuve de plus que nous devons les penser comme des planètes musclées, plutôt que comme des étoiles avortées » souligne ainsi Stuart Littlefair. Un avis que partage son confrère Garret Cotter, de l’Université d’Oxford : « nous sommes interpellés en observant ces objets qui, traditionnellement, sont classés comme des étoiles mais qui semblent présenter de plus en plus des propriétés qui les font ressembler à des planètes super-géantes.  »

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