« Star Wars Le Réveil de la Force »

Quelque chose s’est réveillé… vous l’avez senti ? La licence Star Wars revient, dix ans après l’Episode III. Un épisode qui signe une nouvelle ère, celle de Disney. Et un bilan s’impose après ce premier film : la saga est entre de bonnes mains, Le Réveil de la Force étant une grande réussite.

Critique garantie sans spoilers

Star Wars est une saga qui parle à toutes les générations. Les plus vieux l’ont découverte à ses débuts, les plus jeunes avec la prélogie. Le Réveil de la Force a la lourde tâche de concilier les deux mondes en nous permettant de découvrir une nouvelle histoire depuis 1983. Car oui, la prélogie nous a servi trois films, mais trois films dont on connaissait d’avance l’aboutissement scénaristique. Tonton Lucas a laissé les rênes à Disney en 2012 et JJ Abrams a hérité du bébé. Un bébé compliqué à gérer. Si le film déçoit, JJ sera appelé Jar Jar jusqu’à la fin de sa vie et des millions de fans iront chez lui pour le pendre par les coucougnettes…

The Force is strong with this one

L’univers étendu ? Aux oubliettes. Nous avons là un nouveau monde tout beau tout neuf qui ne prend en compte que les films, The Clone Wars et Rebels. Une page vierge qu’ont du remplir JJ et Lawrence Kasdan, déjà à l’oeuvre sur la trilogie originale. Et le couple prend son temps, au début. Il y a tout un univers à mettre en place, une galerie de personnages à présenter, un nouveau contexte, de nouveaux enjeux… A vrai dire, le début, même s’il part sur les chapeaux de roue, semble un peu longuet à tel point qu’on se demande si JJ n’a pas trop poussé sur l’hommage à la réalisation mollassonne de Lucas.

Puis, vient le moment.

LE moment fatidique du film, après vingt-minutes. Un moment qui ne dure qu’un vingtième de seconde. Vous ne le remarquerez peut-être pas tout de suite, mais il fait basculer le film vers l’aventure, la vraie. Une aventure qui vous fera voyager à mille parsecs à l’heure et qui ne s’arrêtera que lors du générique de fin.

Le voyage des héros

Pour relancer une nouvelle histoire, Abrams et Kasdan ont imité George Lucas sur un point : l’utilisation du concept du « voyage du héros » conçu par Jospeh Campbell. Plus précisément, nous avons là le voyage des héros, car Finn et Rey, les deux protagonistes, commencent sur le même seuil, celui d’une vie pas forcément rêvée et sans grand avenir. Mais l’appel de l’aventure, qu’elle soit volontaire ou non, va les pousser à sortir des sentiers battus, à rencontrer des mentors et à vaincre l’adversité représentée ici par le Premier Ordre et le terrible Kylo Ren.

Un Kylo qui n’en fait pas des tonnes

Remplacer la figure mythique de Dark Vador ? Voici la délicate mission qui a été confiée à Adam Driver. Et l’acteur de Girls réussit avec brio. Kylo Ren, très présent dans le film, respire la classe à chaque mouvement, à chaque parole, à chaque passe d’arme. Personnage le plus complexe du Réveil de la Force, il arrive à incarner toute la rage, la tromperie, la mesquinerie et l’aspect torturé du côté obscur. A côté, le Jedi déchu joué par Hayden Christensen dans la deuxième partie de l’Episode III passe pour un gamin capricieux en pleine crise d’adolescence. S’il y a bien une grande réussite dans ce film, c’est Kylo Ren.

Mais Kylo n’est qu’une infime partie de cette fresque que nous sert Abrams. Car des personnages, il y en a plein. Trop. A trop vouloir en faire, Abrams et Kasdan privent certains héros de profondeur. Phasma, Hux, Maz Kanata, et dans une moindre mesure Poe Dameron, sont ainsi traités avec une certaine légèreté et c’est bien dommage. Dameron est un cas particulier, puisqu’il est l’archétype de l’ami badass du héros (représenté par Han dans la première trilogie) et est servi par un Oscar Isaac toujours aussi talentueux. Notons également la présence d’un personnage auréolé de mystères joué par Andy Serkis. Un personnage fascinant qui lève beaucoup de questions pour la suite de la saga.

Vous le savez, nous retrouvons également un Han Solo qui a pris de la bouteille depuis la bataille d’Endor. Nous avions peur de l’effet papy qui reprend son rôle, mais force est de constater que notre bon vieux Harrison est toujours à l’aise dans les bottes du contrebandier, tout comme Carrie Fisher, qui incarne une Leia plus sage et surchargée de responsabilités.

Un nouvel espoir pour la saga

Le Réveil de la Force est le film le plus riche de la saga. Il s’y passe énormément de choses. Nous suivons Finn et Rey à travers la galaxie dans leur voyage initiatique qui les mène au devant du danger. Abrams nous fait découvrir de nouveaux mondes, de nouvelles races, de nouveaux personnages hauts en couleur. Il y a d’ailleurs deux séquences synonymes de régal pour les yeux. Des séquences qui font écho à la scène de la cantina de l’Episode IV qui nous fait comprendre que Star Wars est un univers vivant, en constante évolution et regorgeant de vie. Car Abrams s’inspire beaucoup du tout premier film pour construire le sien. Un déroulement qui nous amène a redécouvrir un monde que nous avions laissé depuis trop longtemps. Un univers enchanteur, mais sombre et dangereux. Un danger représenté ici par le Premier Ordre, que nous pouvons presque apparenter à un Etat terroriste comme notre monde réel en connaît, hélas.

Des hommages, pas de fan service

Le Réveil de la Force cache beaucoup, beaucoup d’hommages et d’easter eggs pour les fans. Néanmoins, JJ arrive à ne pas tomber dans le piège du fan service. Un piège qui lui tendait les bras mais que le réalisateur a réussi à éviter d’une manière bien adroite. Car même si l’histoire est similaire au IV, les enjeux et la manière de la raconter sont à des parsecs de la méthode Lucas. Il y a des choses du passé qui reviennent, bien sûr, mais rien qui brouillera la perspective des nouveaux spectateurs. C’est là le tour de force de la production qui nous livre un film pour tous, qu’on soit fan ou non.

La prélogie oubliée

A la sortie des deux premiers reboot de Star Trek, Abrams avait subi le courroux des Trekkies l’accusant d’avoir trahi l’esprit de la licence. Nous évoquions la Starwarisation de Star Trek dans notre critique d’Into Darkness et pour le Réveil de la Force, Abrams s’en est donné à cœur joie. Si les fans de Star Trek lui ont reproché des choses, les fans de Star Wars pourraient également être pointilleux sur certains points. La tendance à vouloir en faire trop. Si Star Wars a toujours été démesuré, avec l’étoile noire, par exemple, Abrams ne s’est ici fixé aucune limite, quitte à nous montrer des choses totalement dingues, même pour l’univers créé par tonton Lucas.

On peut également reprocher beaucoup trop d’emprunts à la trilogie originale. On peut critiquer la prélogie, mais il faut admettre que George Lucas a étendu son univers en nous montrant une nouvelle vision, de nouvelles choses. Un aspect sur lequel Abrams se montre un peu frileux. Certes, il y a de la nouveauté, comme des manières inédites d’utiliser la Force ou de nouveaux endroits, mais rien qui ne s’éloigne drastiquement de l’aspect western SF de la première trilogie. La prélogie ? Oh, oui, il y a une réplique qui fait référence à un de ces éléments, mais c’est tout. Cette façon de coller à la trilogie caresse les fans dans le sens du poil et donne des frissons à chaque nouvelle séquence. Néanmoins, il traduit également une prise de risque minimale de Disney pour son premier film Star Wars. On espère que la firme de Mickey saura nous servir de nouvelles choses dans le futur.

On peut également regretter une partition de John Williams moins inspirée qu’avant. Certes, le bonhomme en a encore sous le capot, mais il ne nous sert pas de thèmes marquants, comme on l’aurait espéré pour Kylo Ren, par exemple. Les musiques qui nous transportent sont en réalité des réarrangements des thèmes que nous connaissions déjà. Mais attention, nous ne disons pas que papy Williams commence à sucrer les fraises, loin de là, mais il se montre juste moins efficace qu’avant. C’est comme manger au Ritz après avoir goûté les menus du Burj Khalifa.

Verdict

Le Réveil de la Force a ses défauts, comme tous les autres Star Wars avant lui. Néanmoins, JJ Abrams a réussi à saisir l’essence même de la saga, ce qu’avait échoué à faire Lucas avec la prélogie. Un retour aux sources gagnant pour une licence qui avait beaucoup à perdre en passant entre de nouvelles mains. Mais avec cette première expérience, on sait maintenant que Kathleen Kennedy prendra soin de la saga. JJ Abrams a fait un film de fan, mais pas seulement pour les fans. C’est ce qui fait la force de l’Episode VII. On espère maintenant que la suite sera du même acabit, sinon meilleure.

Sources

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