« Revivez le décollage d’Osiris-Rex vers l’astéroïde Bennu »

Le lancement s’est déroulé sans problème et la sonde Osiris-Rex a entamé sa mission d’étude et de prélèvements de 7 ans en direction de l’astéroïde Bennu.

« J’aime quand un plan se déroule sans accroc« . C’est ce qu’ont sans doute dû se dire les équipes de la mission Osiris-Rex, lorsque le lanceur Atlas V a décollé à l’heure prévue, à 1h 05 du matin (heure française), depuis le centre spatial de Cap Canaveral, en Floride. La sonde a pour mission de rejoindre puis d’étudier l’astéroïde Bennu à partir de 2018. « Le principal objectif d’Osirix-Rex est de ramener au moins 60 grammes de matériaux – et jusqu’à deux kilos – riches en carbone qui seront prélevés à la surface de l’astéroïde Bennu« , explique Dante Lauretta, professeur de science planétaire à l’Université d’Arizona, responsable scientifique de cette mission de 800 millions de dollars pour la NASA. Cela représente les espoirs, les rêves, le sang, les larmes et la sueur de la centaine de personnes qui ont travaillé sur cette mission » a -t-il affirmé sur Twitter.

Les échantillons extirpés de Bennu représenteront la plus grande quantité de matériaux extraterrestres ramenée par l’agence spatiale depuis le programme Apollo (1969-1972), quand les astronautes américains avaient rapporté au total 362 kilos de roches lunaires. « Nous espérons que ces échantillons contiendront des molécules organiques datant des débuts du système solaire, il y a 4,5 milliards d’années. Elles pourraient fournir des informations et des indices précieux sur les origines de la vie« , dit-il. Résidus de la formation du système solaire, les astéroïdes contiennent en effet des matériaux très anciens.

L’astéroïde pourrait, dans le futur, percuter la Terre

La sonde doit atteindre Bennu –  dont la distance de la Terre varie de 448.700 à 344 millions de kilomètres  – en août 2018. Il s’agit d’un gros caillou noir de 492 mètres de diamètre et d’une masse de 77,6 millions de tonnes qui tourne autour du soleil en 1,2 année et se rapproche de la Terre tous les six ans, à une distance proche de celle nous séparant de la Lune.

Bennu (encore appelé « Bénou » ou 101955 dans sa dénomination internationale) risque de croiser la trajectoire terrestre pour la première fois le 25 septembre 2175Les chances qu’il frappe effectivement la surface de la Terre sont de 0,0041%, soit une sur 24.000. Sur les 78 passages dangereux calculés par l’agence spatiale américaine, c’est celui de 2196 qui sera le plus inquiétant avec une probabilité de collision de 1 sur 11.000. Cela en fait le deuxième astéroïde le plus potentiellement dangereux dans les siècles à venir en regard de l’échelle (cumulative) de Palerme, qui mesure le risque d’impact des objets géocroiseurs – juste après (410777) 2009 FD, selon ce tableau des possibles impacts référencés par la NASA.

Une fois dans le voisinage de l’astéroïde, les instruments à bord du vaisseau permettront de le cartographier en 3D, d’identifier les minéraux et substances chimiques se trouvant à sa surface et de sélectionner un site où prélever des échantillons. Pour ce vol de reconnaissance, le vaisseau s’approchera à 240 mètres de Bennu.

En juillet 2020, la sonde touchera l’astéroïde pendant seulement trois à cinq secondes à l’aide d’un bras de trois mètres de long pour ramasser des roches et de la poussière avec une sorte d’aspirateur dont le concept a été inventé par un ingénieur de Lockheed Martin… dans son garage. Les matériaux prélevés seront stockés dans une capsule et le vaisseau quittera la voisinage de l’astéroïde en mars 2021 pour un périple de retour vers la Terre de deux ans et demi. Alors qu’Osiris-Rex sera proche de notre planète en septembre 2023, la capsule contenant les échantillons de Bennu sera éjectée du vaisseau spatial et se posera en douceur, freinée par des parachutes, dans l’ouest des Etats-Unis, près de Salt Lake City. Les échantillons seront ensuite transportés dans les locaux de la Nasa à Houston.

Le vaisseau Osiris-Rex restera lui en orbite autour du soleil, en attendant une éventuelle nouvelle affectation. Cette mission jettera les bases de futures explorations d’astéroïdes et d’autres petits corps célestes dans le système solaire. Elle devrait notamment permettre de vérifier l’hypothèse la plus généralement acceptée selon laquelle ce type d’astéroïde a apporté l’eau et les matériaux précurseurs de la vie sur la Terre. Un autre des objectifs d’Osiris-Rex, sera de mesurer « l’effet Yarkovsky »: ce phénomène thermique, sous l’effet du soleil, agit sur la trajectoire des astéroïdes en exerçant une petite poussée. Une meilleure compréhension de cet effet devrait aider à mieux prévoir les orbites de ces corps célestes et tenter de dévier la course de ceux qui pourraient menacer de frapper la Terre.

Enfin, cette mission devrait permettre de mieux évaluer le potentiel d’exploitation minière des astéroïdes qui pourraient être riches en minerais. Outre Osirix-Rex, une sonde japonaise lancée en décembre 2014 devrait elle aussi atteindre un astéroïde en 2018 pour y déposer le petit atterrisseur Mascot, du Centre national français d’études spatiale (CNES). Hayabusa doit aussi faire une expérience d’impact à haute vitesse afin de recueillir des échantillons de la surface pour les ramener sur Terre en 2020. Mais la sonde ne rapportera que quelques microgrammes de matériaux. L’Agence spatiale européenne (ESA) avait réussi en novembre 2014 à faire poser sa sonde Philae sur une comète, une première qui avait permis pendant 60 heures de faire des prélèvements et de transmettre de précieuses données. Mais contrairement à Osirix-Rex, un retour d’échantillons sur Terre n’était pas prévu.

Sources

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