C’est une première pour le rover Curiosity qui est arrivé sur Mars en 2012. Le robot semble avoir découvert les restes fossilisés de fentes de dessiccation laissées par l’assèchement d’un lac il y a des milliards d’années.

L’avènement de l’astronautique au cours des années 1960 a permis de poser les bases d’une planétologie comparée. Les météorologistes et les géologues ont ainsi vu leurs terrains de jeux favoris s’étendre aux autres planètes du Système solaire, particulièrement sur Mars. C’est en effet un géologue, John P. Grotzinger, qui est à la tête de la mission Curiosity. Dans la lignée des chroniques martiennes que tient régulièrement la Nasa sur les découvertes du rover, voilà aujourd’hui la découverte de ce qui semble être des fentes de dessiccation dans la boue. Celle-ci s’est bien sûr transformée en roche depuis bien longtemps puisque le bloc photographié par le Mars Hand Lens Imager (MAHLI), l’un des 17 appareils de prise de vue du robot martien, doit être âgé d’au moins trois milliards d’années.

Rappelons que sur Terre, les fentes de dessiccation se forment avec l’assèchement d’un sol argileux. Il se rétracte alors, ce qui ouvre des fentes délimitant des cupules généralement concaves et en forme d’hexagones. On peut facilement observer ce phénomène sur les littoraux ou les lacs vaseux. En l’occurrence, les chercheurs de la Nasa en observeraient sur le bloc rocheux baptisé « Old Soaker », visible sur la photographie ci-dessous et dont la taille est d’environ 90 cm. Mais dans le cas présent, les fentes délimitent parfois des régions polygonales avec 4 à 5 côtés, ce qui arrive sur Terre également.

Des lacs qui s’asséchaient et se remplissaient périodiquement

Même si cette découverte est une première pour Curiosity, elle ne constitue pas une grosse surprise. En effet, depuis que le robot arpente le sol de Mars au fond du cratère Gale et sur les pentes du mont Sharp, les géologues planétaires ont trouvé nombre de structures témoignant de la présence de lacs et de rivières occupant ce qui fut jadis un plus grand lac emplissant le cratère. Tout indiquait des phases d’occupations par de l’eau liquide suivies par des phases d’assèchements, de sorte que des dépôts sédimentaires successifs se sont mis en place.

Old Soaker aurait ainsi été enseveli sous l’un de ces dépôts, apportés par un nouveau remplissage d’eau, avant que l’érosion éolienne ne fasse son œuvre et qu’il soit mis au jour dans un lointain passé, quand l’eau liquide a disparu de la surface de Mars. En fait, d’après les observations des couches de terrains, Old Soaker se trouve dans un sandwich de dépôts qui témoignent de phases sèches et humides pour les anciens lacs du cratère Gale, dont la profondeur et l’extension variaient au cours du temps.

Cependant, certaines fentes observées dans Old Soaker, voire toutes, pourraient provenir des pressions exercées par les couches sédimentaires qui se sont accumulées pendant un temps au-dessus de lui.

Sources

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