« Dream Chaser, la mini-navette spatiale qui va ravitailler l’ISS »

L’avion spatial de Sierra Nevada Corporation, nouvel entrant parmi les contracteurs privés de la Nasa, effectuera au moins six missions entre 2019 et 2024.

Ils l’ont baptisée « Dream Chaser », chasseur de rêves. Elle ressemble à une navette spatiale en miniature, et devrait être le premier engin de ce type à accoster la station spatiale internationale depuis le dernier vol de la navette Atlantis, en juillet 2011.

L’agence spatiale américaine a annoncé les nouveaux contrats qu’elle accorde à des entreprises privées, et outre les deux titulaires actuels, SpaceX et Orbital ATK, on a vu arriver un petit nouveau en la personne de la société Sierra Nevada Corporation (SNC), proposant ce nouvel « avion de l’espace ». Cette entreprise, basée à Sparks, dans le Nevada, est dirigée par une femme immigrée : elle est en effet la propriété d’Eren Ozmen, sa présidente, et de son mari Fatih, un couple originaire de Turquie qui s’est installé aux Etats-Unis au début des années 80.

Avec ou sans pilote

A quoi ressemble donc cette nouvelle navette privée ? Avec ses 9 mètres de long, ce qui représente environ le quart de la taille des anciennes navettes spatiales américaines, ce véhicule ailé existe en deux versions : l’une, dédiée au transport de cargaisons, est entièrement automatique (sans pilote). L’autre a été conçue pour transporter jusqu’à sept astronautes. Les deux versions permettent d’atteindre une orbite terrestre basse, jusqu’à 2.000 kilomètres d’altitude.

Comparaison entre Dream Chaser et la navette spatiale Atlantis

Dream Chaser est lancée par des fusées : elle est compatible avec les Atlas V américaines, mais aussi les Ariane 5 européennes. Sa version automatique peut emporter un module cargo équipé de panneaux solaires pour étendre le temps de vol, et en tout, peut transporter jusqu’à 5,5 tonnes de fret, que ce soit des cargaisons pressurisées (comme pour les cabines d’avion) ou non. La navette elle-même, selon SNC, « n’utilise que des consommables non toxiques, y compris son carburant ».

Une fois arrivée à la station spatiale, elle a la possibilité de s’y amarrer, ou simplement de se ranger près des plus grands sas de déchargement, où les astronautes de l’ISS peuvent la décharger en utilisant un bras-robot.

Au retour, elle va se poser comme un avion, et a donc la capacité d’atterrir en de nombreux endroits du monde. Dans le cas du contrat avec la Nasa, il n’y aura cependant qu’un seul site d’atterrissage, sa base de départ, en Floride. Selon ses constructeurs, elle peut être réutilisée « au moins quinze fois ».

Pour l’instant, Dream Chaser en est au stade des essais, et n’a pas encore été envoyée dans l’espace. Son seul vol date d’octobre 2013 : elle a été lâchée d’un hélicoptère porteur, et après un court vol a tenté de se poser sur la base d’Edwards. Malheureusement, son train d’atterrissage gauche ne s’est pas déployé, et la navette s’est renversée. Le test a cependant été  jugé satisfaisant par les spécialistes.

Premier vol commercial en 2019

En sélectionnant la SNC et Dream Chaser, la Nasa a voulu étendre son éventail de possibilités pour le ravitaillement de la station spatiale internationale. A l’heure actuelle, seuls deux contracteurs privés, SpaceX et Orbital ATK, viennent ajouter leurs véhicules aux Progress Russes, aux ATV européens et aux HTV japonais pour transporter le ravitaillement et les expériences scientifiques sur l’ISS.

Pour les « taxis de l’espace » destinés à emmener des astronautes sur la station spatiale en se passant des services des Soyouz russes, c’était un autre contrat, que SpaceX et Boeing avaient remporté en 2014 (les premiers vols débuteront en 2017). Sierra Nevada Corporation avait alors postulé avec sa version habitable de Dream Chaser, mais n’avait pas été sélectionnée.

Un avantage indéniable de Dream Chaser est la « douceur » et la rapidité de transport au retour, par rapport aux capsules classiques qui atterrissent avec des parachutes et qu’il faut aller récupérer dans l’océan. La mini-navette, elle, peut ramener des expériences scientifiques délicates en provenance de l’ISS en un délai qui varie entre trois et six heures, et les livrer pratiquement à la porte des laboratoires. Une capacité qui n’a pas échappé à la Nasa, et qui a sans nul doute été l’une des raisons de l’attribution d’un contrat à la SNC.

Dream Chaser devra accomplir au moins six missions pour la Nasa, entre 2019 et 2024, date prévue pour la fin de l’activité de la station spatiale internationale. Mais ce ne sont pas ses seules options : un partenariat a été noué avec DLR, le centre national de recherches spatiales allemand, afin d’étudier une possible utilisation européenne de cette navette. On pourra donc peut-être voir un jour une Dream Chaser partir de Kourou…

Sources

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