« Voici Tianzhou, le véhicule qui ravitaillera la future station spatiale chinoise »

À un an du début de la construction de sa station spatiale, la Chine s’apprête à tester le cargo Tianzhou. Ce véhicule sera utilisé pour ravitailler et rehausser l’orbite de la station. Il pourrait avoir d’autres fonctionnalités, dont certaines inédites. À suivre donc. Pour le pays, c’est aussi une étape importante de son programme des vols habités, qui vient combler son retard par rapport aux autres puissances spatiales partenaires du programme de la Station spatiale internationale.

  • Tianzhou est un cargo spatial dérivé du Tiangong.
  • Il a nécessité le développement d’un lanceur suffisamment puissant pour amener ses 13,5 tonnes en orbite (Longue Marche 7).
  • Il transporte deux fois plus de fret que le cargo russe Progress.
  • Il sera vraisemblablement utilisé pour d’autres usages que ceux liés aux remorquage et ravitaillement de la future station spatiale chinoise.

La Chine s’apprête à tester en orbite son premier cargo spatial. Baptisé Tianzhou, ce qui signifie vaisseau céleste, il sera lancé à bord d’une Longue Marche-7 à destination du module orbital Tiangong-2. Le décollage du lanceur depuis le Centre de lancement de Wenchang est programmé le plus tôt possible, entre jeudi et lundi prochain. L’amarrage est prévu seulement deux jours après le décollage. Débutera alors une mission de cinq mois visant à démontrer toutes ses fonctionnalités.

Ce cargo est aussi le véhicule spatial le plus lourd jamais construit par la Chine. D’une masse, au lancement, de plus de 13 tonnes, il est capable de transporter jusqu’à 6.500 tonnes de charges utiles. Tianzhou est conçu pour ravitailler la future station spatiale chinoise dont la construction doit débuter l’année prochaine et s’achever en 2022. Il est dimensionné pour approvisionner un équipage de trois taïkonautes en mission à bord de la future station pendant six mois.

À la différence de la capsule Dragon de SpaceX, du Cygnus d’Orbital ATK et de l’HTV japonais, Tianzhou n’aura pas besoin de bras robotique pour s’amarrer au module orbital. Il le fera à la manière du Progress russe, c’est-à-dire de façon automatique, mais sans l’autonomie de décision qu’avait l’ATV européen lorsqu’il était en service pour ravitailler ISS de mars 2008 à février 2015.

Le transfert du lanceur Longue Marche 7, avec à son bord le cargo Tianzhou-1, sur son pas de tir, en timelapse

Des fonctions inédites ?

Enfin, ce transporteur de fret chinois pourrait bien se différencier des autres cargos spatiaux en service. En effet, comme le suggère Philippe Coué, spécialiste français du programme spatial chinois et auteur de Shenzhou : les Chinois dans l’espace (éditions L’Esprit du Temps), ce véhicule pourrait servir à d’autres usages comme module d’habitation et de travail, voire comme un abri de secours pour un équipage en cas de danger. Une potentialité unique dans l’astronautique habitée car aucun cargo en service aujourd’hui ne peut assurer cette fonction. Il peut être aussi vu comme les premiers pas de la Chine dans le domaine prometteur de la technologie du servicing en orbite.

La Chine va tester le cargo de ravitaillement Tianzhou-1

À un an du début de la construction de sa station spatiale, la Chine s’apprête à tester le module Tianzhou, le véhicule qui sera utilisé pour la ravitailler et rehausser son orbite. Une étape importante de son programme des vols habités, qui vient combler le retard par rapport à l’Europe et aux États-Unis.

La construction de la future station spatiale chinoise peut débuter. Le dernier véhicule qui lui manquait – un véhicule de transport de fret – sera testé en avril. Tianzhou-1, c’est son nom, « sera envoyé dans l’espace depuis le Centre de lancement de Wenchang par un lanceur Longue Marche-7 (CZ-7) », a indiqué un porte-parole du programme spatial habité de la Chine.

Ce nouveau véhicule réalisera une mission de cinq mois, dont deux amarré au module orbital Tiangong-2, au cours de laquelle seront testées la plupart de ses fonctions. En effet, il n’est pas seulement conçu pour transporter du fret et les fluides de ravitaillement (oxygène, propergols) à destination de la future station spatiale chinoise. Il sera également utilisé pour rehausser son orbite.

De ce fait, même si Tianzhou a la même architecture que Tiangong, il en diffère notablement. Ce véhicule doit être aussi un « pousseur-remorqueur », comme les Progress russes et les ATV européens. Il doit aussi porter 5 tonnes de fret en plus. Alors que Tiangong-2 pèse 8,5 tonnes, Tianzhou atteint donc 13,5 tonnes, ce qui est la capacité annoncée pour l’orbite basse du nouveau lanceur CZ-7.

Un véhicule spatial multifonctions

Lors de son vol libre, le véhicule effectuera des manœuvres à proximité de Tiangong-2, dont des manœuvres fictives d’évitement de débris spatiaux ainsi que des corrections de trajectoires. Pendant son amarrage à Tiangong-2, il testera les procédures de ravitaillement et, d’après les médias chinois, il est prévu l’essai d’une procédure automatisée de rendez-vous et d’amarrage rapide de 6 heures. Capable d’exécuter des manœuvres de transfert orbital et de rendez-vous automatique, mais pas autonome, ce véhicule peut être aussi vu comme les premiers pas de la Chine dans le domaine prometteur de la technologie du servicing en orbite, même si Tianzhou se contente de simples fonctions de ravitaillement.

Une fois la mission terminée, Tianzhou-1 sera déorbité. Il brûlera dans l’atmosphère, de la même manière que les autres véhicules qui ravitaillent la Station spatiale interntionale, à l’exception de la capsule Dragon de SpaceX qui est récupérée.

Sources

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