« Rien ne va plus en Antarctique ! »

Observée depuis 2014, la fissure du segment C de la barrière de Larsen, dans le nord-ouest de l’Antarctique, s’étend de plus en plus : deux fissures menacent aujourd’hui le glacier de 50 000 km2, révèlent des scientifiques.

Des scientifiques qui étudient la barrière de Larsen, un bloc de glace de près de 50 000 km2 situé dans le nord-ouest de l’Antarctique, ont fait une nouvelle observation : la fissure qui menace de provoquer une désintégration du segment C, la plus importante partie du glacier, semble s’être dédoublée, affirmait un groupe de chercheurs le lundi 1er mai.

À l’aide du satellite de l’Agence spatiale européenne (ESA) Sentinel-1, les chercheurs britannique du « Projet MIDAS » enregistrent la progression de la fissure découverte en 2014. En janvier 2017, elle mesurait 175 kilomètres de long, contre 117 kilomètres en novembre 2016. Arrivée à un certain stade – encore inconnu – l’accroissement de cette fissure pourrait détacher un bloc de plus de 5 000 km2 de la barrière de Larsen.

Pourtant, c’est autre chose qui alarme les scientifique. La progression de la crevasse géante s’est en effet ralentie lorsqu’elle a commencé à attaquer un espace nommé la « zone de suture », où la glace est moins compacte. Mais une autre fente est apparue au niveau du front glaciaire, expliquent-ils les scientifiques sur leur site, lundi 1er mai. La fissure initiale aurait ainsi développé une sorte de « bifurcation », comme le montre les images satellites de la barrière de Larsen.

Les deux fissures pourraient conduire le segment C à perdre plus de 10 % de sa surface totale, ce qui rendrait l’ensemble de la barrière beaucoup plus vulnérable qu’il ne l’est déjà au réchauffement de l’océan et à l’augmentation des températures.

Un risque de montée du niveau des eaux

Le constat est d’autant plus alarmant que la fissure initiale a cessé de progresser en longueur, mais continue de s’élargir en profondeur à un rythme d’environ un mètre par jour. La nouvelle fissure devrait accélérer ce phénomène d’élargissement.

Au final, Larsen C n’a jamais été aussi près de la rupture et il est probablement en passe de subir le même destin que le segment B, qui s’est désintégré en février 2002, inspirant par ailleurs la scène d’ouverture du film « Le Jour d’Après ».

La fragmentation du segment C n’entraînerait pas une hausse immédiate du niveau des mers et des océans, en partie grâce aux barrières de glace flottante qui contribuent à maintenir la stabilité des glaciers continentaux. Mais si cet immense bloc se fracture, toutes les quantités d’eau ainsi retenues seraient libérées dans l’océan et contribueraient in fine à faire monter le niveau des eaux.

Finalement, c’est toujours le même scénario qui se joue du Groenland à l’Antarctique : la fonte des imminente des glaces éternelles.

Sources

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