« Bactérie inconnue retrouvée à bord de l’I.S.S »

Une bactérie d’origine inconnue a été découverte dans la station spatiale internationale (I.S.S). Celle-ci n’est cependant pas de nature extraterrestre, mais s’est surement retrouvée à bord par le biais d’un objet quelconque.

Cette bactérie récupérée dans un filtre HEPA a fait couler beaucoup d’encre en Inde. En effet, celle-ci a été baptisée Solibacillus kalamii sp. nov. en l’honneur de A. P. J. Abdul Kalam, ancien ingénieur aéronautique décédé en 2015 qui avait également été président du pays entre 2002 et 2007.

La mention « sp. nov. » dans l’appellation de la bactérie indique que celle-ci est une espèce nouvelle, mais en revanche, provient d’un genre connu à laquelle les scientifiques l’on apparentée, à savoir Solibacillus. Le succès de cette bactérie est surtout due à l’endroit où elle a été retrouvée : dans un filtre à particules fines. Celui-ci a été utilisé par l’ISS durant une quarantaine de jours comme l’indiquent les chercheurs dans une publication dans la revue International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology le 5 mai 2017.

La bactérie est intacte et a donc résisté aux rayonnements cosmiques plus élevés qu’au niveau du sol, ainsi qu’à la microgravité. Les biologistes indiens et américains ont été plutôt ravis de cette trouvaille puisque leur but est justement d’étudier les organismes ayant vécu assez longtemps dans l’espace, comme l’explique un communiqué du Jet Propulsion Laboratory (JPL).

Le but de ces recherches est de trouver un moyen de permettre aux astronautes de survivre plus aisément dans l’espace lors de voyages longue durée, des recherches évidemment motivées par la conquête spatiale et plus précisément par la colonisation de la planète Mars.

Néanmoins, les chercheurs indiquent que la bactérie Solibacillus kalamii n’a aucune particularité pouvant être utile dans le champ de recherche évoqué. D’ailleurs, la découverte de micro-organismes dans l’ISS n’est pas vraiment quelque chose de très surprenant. Par exemple, des études menées par les chercheurs japonais de la JAXA dans le module Kibo ont déjà mis en évidence toute une colonie de bactéries et de champignons à l’échelle microscopique.

De plus, maintenir des êtres humains dans l’espace pendant un certain temps ne peut absolument pas se faire de manière totalement stérile. L’ISS est ravitaillé régulièrement et comporte son lot de bactéries qui un jour, en cas de colonisation d’une planète, accompagnera les astronautes et pourrait avoir des conséquences que nous ignorons encore.

Il s’avère également que le fait que la bactérie Solibacillus kalamii soit inconnue ne soit pas non plus quelque chose d’exceptionnel. Il a été estimé qu’il existe environ mille milliards d’espèces de bactéries tandis que l’Homme n’en connait que dix millions ! Ainsi, à chaque nouvelle rencontre, il n’y a qu’une chance sur cent mille de revoir une bactérie déjà observée ! Cette affirmation est issue d’une extrapolation prenant en compte une base de donnée obtenue par le Human Microbiome Project, le Earth Microbiome Project ainsi que deux expéditions Tara Oceans.

Sources

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