« Le manque de sommeil augmente le risque de maladies neurologiques »

Qui n’a jamais eu le sentiment d’avoir son activité cérébrale totalement à plat après une nuit bien trop courte ? Tout le monde a déjà souffert du manque de sommeil mais des chercheurs viennent de révéler un phénomène qui, bien que positif à court terme, peut se révéler inquiétant à long terme : dans le cerveau des souris, les cellules immunitaires qui réorganisent les synapses et détruisent les cellules endommagées se multiplient à grande vitesse.

Une réorganisation des synapses

Certaines cellules gliales appelées astrocytes, réduisent les synapses inutiles pour réorganiser les connexions du cerveau. En observant les effets du manque de sommeil sur les souris, l’équipe de Bellesi s’est aperçu que 6 % des astrocytes sont actifs chez les souris qui ont pu se reposer, 8 % chez celles qui n’ont pas pu dormir pendant 8 heures, et 13,5 % chez celles qui ont été maintenues éveillées pendant 5 jours.

Plus les souris manquent de sommeil, plus elles nettoient le cerveau en profondeur, « certaines portions de synapses sont littéralement mangées par les astrocytes », explique Bellesi. Si le mot peut faire peur, l’action de ces cellules semble plutôt positive en ce qu’elles ont vocation à optimiser les connexions du cerveau. En effet, la réécriture du système cérébral se fait essentiellement sur les synapses anciennes et usées qui ont besoin d’être « rénovées ».

L’augmentation du risque de maladies neurologiques

Cependant un autre type de cellules gliales, appelé microglie ou cellules microgliales peuvent se révéler dangereuse en cas de manque de sommeil. Chargées de supprimer les cellules endommagées et les débris, ces cellules ont également démontré un surplus d’activité dans le cerveau des souris plutôt inquiétant. En effet, l’excès d’activité microgliale a été plusieurs fois liée au développement de maladies neurologiques comme la maladie d’Alzheimer dont l’action des cellules microgliales est particulièrement soutenue.

S’il n’est pas encore certain que dormir puisse préserver l’homme des troubles neurodégénératifs, la découverte de l’équipe de Bellesi pourrait expliquer la vulnérabilité du cerveau face au développement de ces maladies en cas de manque de sommeil, suggère Agnès Nadjar, chercheuse à l’Université de Bordeaux.

Sources

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