« L’Europe n’enverra pas de sonde pour aider la NASA à dévier un astéroïde »

l’Agence spatiale européenne a dû revoir à la baisse sa participation à la mission AIDA, qui devait dévier la course d’un astéroïde. En cause, des financements insuffisants.

Les agences spatiales européenne et américaine l’avaient conçu comme une mission capable de sauver la Terre. La mission américano-européenne AIDA devait vérifier s’il est possible de modifier la course d’un astéroïde, en organisant la collision entre un projectile lancé par la NASA depuis la Terre et la petite Lune de l’astéroïde Didymos, qui se trouvera à « seulement » 13 millions de kilomètres de la Terre en 2022. À des fins préparatoires, l’Europe devait envoyer en 202 une sonde, appelée AIM (Asteroid Impact Mission) vers l’astéroïde. Le projet ne verra finalement pas le jour faute de temps et d’argent.

Une mission digne d’un scénario-catastrophe de SF

L’objectif de la mission : savoir s’il est possible ou non de dévier la course d’un astéroïde depuis la Terre. Elle se fera, en l’état, sans l’Europe : « Nous devons renoncer à cette mission précise car nous manquons de temps », a déclaré à l’AFP Jan Woerner, directeur général de l’ESA, présent au Salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget, près de Paris. « Mais nous allons faire une nouvelle proposition aux Etats membres de l’ESA lors de la prochaine conférence ministérielle en 2019 », a-t-il assuré. En cause : un échec à recueillir un financement suffisant de la part des Etats membres lors du Conseil ministériel de l’ESA à Lucerne (Suisse) en décembre.

DEEP IMPACT. Mais le volet américain suit son cours. Les Américains doivent ainsi envoyer dans l’espace un engin autoguidé baptisé DART (Double Asteroid Redirection Test). Il doit percuter en 2022 le satellite naturel de l’astéroïde, surnommé « Didymoon« . Cet objet mesure 160 mètres de diamètre. Les Européens, eux, étaient censés expédier fin 2020 la sonde AIM à la rencontre de l’astéroïde afin de calculer les paramètres de l’impact d’ici 2022, puis photographier l’impact.

Au total, l’ESA avait besoin de 250 millions d’euros pour AIM, en plusieurs versements. La mission a reçu le soutien de plusieurs petits pays européens, notamment du Luxembourg, mais les grands pays spatiaux ont manqué à l’appel. Déçu, Jan Woerner avait souligné que la mission n’avait « pas été annulée » et que l’agence travaillait à une version « plus légère » d’AIM, assurant que les Européens allaient « continuer à coopérer avec les américains pour les aider ». « Nous voulons faire quelque chose de très petit mais très vite, qui pourrait contribuer aux images de la frappe de l’astéroïde », a précisé à l’AFP Franco Ongaro, directeur de la technologie et de l’ingénierie à l’ESA. Par exemple, « une caméra [capable de] transmettre les données »..

17.000 astéroïdes dangereux en liberté

A ce jour, plus de 1.700 astéroïdes sont considérés comme potentiellement dangereux car leur trajectoire coupe celle de la Terre à une distance inférieure à 10 millions de kilomètres. « Si un astéroïde de 150 mètres tombait sur la Terre, cela représenterait l’équivalent de 10.000 bombes d’Hiroshima en termes d’énergie libérée », alerte Patrick Michel, astrophysicien à l’Observatoire de la Côte d’Azur. Une Journée des astéroïdes sera en tout cas organisée le 30 juin dans le monde pour sensibiliser le public aux astéroïdes et à la nécessité de s’en protéger.

Sources

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