« Un astéroide potentiellement dangereux va être dévié »

Dans la perspective d’éviter la collision avec un astéroïde potentiellement dangereux, la Nasa songe, avec la mission Dart, à tester une des techniques de déviation de ces corps célestes. Sa cible serait l’un des membres du couple de géocroiseurs Didymos.

Ce qu’il faut retenir

  • (65803) Didymos est un astéroïde binaire qui fait partie des géocroiseurs potentiellement dangereux.
  • Comme la technique de déviation des astéroïdes est encore à l’étude, la Nasa ne va pas prendre le risque de le faire mais voudrait plutôt tester la technique avec impacteur cinétique en tentant de modifier l’orbite d’un des membres de Didymos autour de l’autre sans pour autant changer l’orbite du binaire autour du Soleil.
  • La Nasa poursuit les études préliminaires à la réalisation de cette mission. Si tout va bien, Dart pourrait se rendre auprès de Dydymos en 2022.
  • (65803) Didymos est un astéroïde Apollo binaire potentiellement dangereux découvert le 11 avril 1996 par Spacewatch à l’observatoire de Kitt Peak. Il est passé à moins de 0,05 UA de la Terre le 13 novembre 2003.

    Il possède un satellite, surnommé de façon inofficielle Didymoon, qui l’orbite avec une période de 11,9 heures, d’où l’appellation Didymos, signifiant jumeau en grec ancien. L’astéroïde primaire fait environ 800 m de diamètre, le satellite environ 150 m de diamètre sur une orbite distante d’environ 1,1 km du primaire. La période de rotation de Didymos est rapide, soit 2,26 heures. Sa densité n’est que de 1,7 ± 0,4 kg/m3. Didymos est l’astéroïde le plus facilement accessible depuis la Terre dans sa catégorie de taille, nécessitant un delta-v de seulement 5,1 km/s1 pour un rendez-vous avec une sonde spatiale, à comparer aux 6,0 km/s nécessaires pour la Lune.

L’humanité ne pourra sans doute pas éviter une catastrophe au cours de la seconde moitié du XXIesiècle si elle ne dispose pas en abondance de l’énergie produite par la fusion contrôlée et des minerais que l’on peut rapporter sur Terre en exploitant les astéroïdes. Mais les géocroiseurs qui sont à notre portée sont aussi ceux qui nous menacent le plus car plusieurs d’entre eux, de par leurs tailles et leurs trajectoires, sont potentiellement dangereux. Ils pourraient nous faire disparaître comme cela est déjà arrivé dans le passé pour de nombreuses espèces sur Terre, à commencer par les dinosaures.

Pour éviter semblables événements, plusieurs groupes de recherches, notamment à l’Esa et à la Nasa, travaillent donc sur des rendez-vous avec des astéroïdes. Que ce soit en prélude à leur exploitation ou pour les dévier suffisamment à temps pour sauver la Terre. Depuis quelque temps, les deux agences spatiales préparent une double mission à destination de (65803) Didymos, un géocroiseur binaire du groupe des astéroïdes Apollon, découvert le 11 avril 1996 par Spacewatch à l’observatoire de Kitt Peak (États-Unis). Baptisée Aida, cette mission devait à l’origine faire travailler en tandem l’impacteur Double Asteroid Redirection Test (Dart) développé par la Nasa, et l’orbiteur Aim de l’ESA, comme l’explique la vidéo ci-dessous.

Dart entrerait en collision avec Didymos B à 6 km/s

L’Esa est en train de revoir à la baisse sa participation au projet mais la Nasa, quant à elle, vient de faire savoir qu’elle poursuivait toujours le développement de Dart. Celui-ci entrerait en collision avec Didymoon alias Didymos B. De cette façon, et parce qu’il s’agit d’un astéroïde binaire, Didymos (son nom signifie jumeau en grec ancien) ne sera pas dévié de son orbite autour du Soleilet aucun risque ne sera pris de provoquer sa chute sur la Terre à court terme. Seule l’orbite de Didymos B autour de Didymos A devrait être modifiée. Rappelons que Didymoon, environ 150 m de diamètre, effectue une révolution en 11,9 heures autour de son frère de quelque 800 m de diamètre, distant d’environ 1,1 km.

La construction de Dart n’est pas encore lancée. La mission est donc toujours dans les limbes puisque seule la poursuite des études préparatoires a été confirmée. Mais si elle arrive jusqu’au lancement, ce sera pour profiter de l’approche au plus près de la Terre de Didymos, en 2022 puis en 2024. Didymos A est un astéroïde de type S donc principalement constitué de silicates de fer et de magnésium à l’instar d’Itokawa, visité par la sonde japonaise Hayabusa. On ne sait encore rien par contre de la composition de Didymos B.

Sources

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