« La Marquise de Dai : une momie en chair et en os vieille de 2200 ans »

Comment une momie vieille de 2200 ans a-t-elle pu arriver jusqu’à nous dans un état de conservation quasi parfait ? Telle est l’énigme que pose aux chercheurs la momie de la Marquise de Dai, de son vrai nom Xin Zhui, enterrée en 194 avant notre ère à l’âge de 58 ans et retrouvée miraculeusement préservée des ravages du temps.

L’histoire de sa découverte commence en 1974 dans la province du Hunan, à quelques kilomètres de la ville de Changsha. C’est là que se trouve le site archéologique de Mawangdui, l’un des plus exceptionnels de Chine, datant de la dynastie des Han Occidentaux (-190-168 av. J.-C.). Alors que la Chine est en pleine révolution culturelle, des ouvriers découvrent totalement par hasard deux tumuli abritant des tombeaux funéraires.

A l’intérieur se trouve un trésor archéologique exceptionnel : une chambre funéraire parfaitement intacte contenant trois cercueils de bois laqué entourés de plus de 3000 objets et pièces mobilières, qui selon les rites de l’époque, étaient censés accompagner les défunts dans l’Au-delà. Les deux premières tombes sont celles du Marquis de Dai et de son fils, mais ne se trouvent malheureusement pas dans un très bon état de conservation. Leurs dépouilles se sont entièrement décomposées.

En revanche, à l’ouverture du cercueil de la Marquise de Dai, la stupeur s’empare de l’assistance : baignant dans un mystérieux liquide rougeâtre, le corps est parfaitement conservé. Un premier examen livre un résultat stupéfiant : la raideur cadavérique n’est pas installée ; les chairs sont molles au toucher, et le sang a en partie conservé son aspect liquide. Les traits du visage ne se sont pas trop abîmés, les cheveux sont souples, fixés par des peignes à l’arrière du crâne. Les articulations peuvent même se plier, comme l’atteste une scène filmée peu après l’exhumation du corps dans laquelle on voit des médecins manœuvrer ses membres comme le ferait un kinésithérapeute d’un patient. Ceux-ci parviennent même à l’asseoir sans provoquer le moindre dommage.

En fait de momie, la Marquise de Dai, pourtant morte il y a plus de 2200 ans, semble avoir été enterrée la veille ! Archéologues, anthropologues, médecins légistes : chacun souhaite percer les secrets du mystérieux procédé qui a permis à cette momie de braver les ravages du temps. Pour résoudre l’énigme, les scientifiques décident de pratiquer une autopsie. Dès la première incision, les médecins légistes sont sidérés : les organes sont en bon état et le cerveau est quasiment intact.

Loin de se dissiper, le mystère de la momie s’épaissit un peu plus avec ces résultats. L’enquête s’oriente alors vers l’étrange liquide rougeâtre dans lequel baignait le corps de la Marquise de Dai. Des échantillons sont prélevés pour être analysés ; les scientifiques entament un voyage à remonter le temps pour découvrir ce qui se cache dans la composition de ce mystérieux liquide. Les résultats révèlent qu’il présente une forte teneur en mercure, ce qui met les chercheurs sur la piste du légendaire « élixir de longue vie », également appelé « or potable », un breuvage qui aurait eu la vertu de conserver indéfiniment sa jeunesse à celui qui le prenait.

Des sources historiques attestent que plusieurs souverains de l’antiquité chinoise ont tenté d’obtenir cette potion, qui pouvait prendre la forme d’un élixir ou d’une pilule. Les Chinois de cette époque croyaient qu’ingérer des matériaux précieux connus pour ne pas s’abîmer, comme le jade, le cinabre ou l’hématite pouvaient conférer la longévité. L’or était considéré comme particulièrement puissant. Le soufre, les sels d’arsenic, et le mercure étaient également censés jouer un rôle important dans la fabrication de cet élixir. Le mercure, que l’on retrouve justement en grande quantité dans la composition du liquide qui baignait le corps de la Marquise de Dai.

Cette dernière avait-elle réussi à mettre au point l’élixir de jouvence ? Si c’est le cas, elle a emporté son secret dans la tombe ; en effet, même après 30 années de recherches, les chercheurs ne sont pas parvenus à en apprendre d’avantage sur la composition de ce liquide. Potion de jouvence ou pas, le procédé utilisé pour préserver le corps de la Marquise de Dai fonctionna en tout cas bien au-delà des espérances de son inventeur puisque sa dépouille est arrivée jusqu’à nous intacte après 21 siècles.

Sources

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