« L’Eclipse du 21 août 2017 »

Les astronomes de tous pays vont profiter de l’éclipse totale du soleil, le 21 août 2017 aux États-Unis, pour tester de nouvelles techniques d’observation de la couronne solaire. Ils feront également appel au grand public pour multiplier les données.

Le 21 août 2017, de nombreux astronomes du monde entier seront aux Etats-Unis à l’occasion de l’éclipse totale du Soleil, qui traversera, d’ouest en est et en milieu de journée, 14 Etats en 93 minutes. onze avions, 50 ballons stratosphériques et autres satellites suivront l’événement. La sonde LRO (Lunar Reconnaissance Orbiter) sera à cette occasion orientée vers la Terre et les chercheurs profiteront de ce rare moment pour observer la couronne solaire, mesurer la taille de notre étoile ou encore évaluer l’impact de l’ombre de la lune sur le climat terrestre. « Les  éclipses du soleil exercent une séduction extraordinaire auprès des astronomes ; c’est toujours un très grand moment « , remarque l’astrophysicien français Pierre Léna, qui a suivi l’éclipse de 1973 pendant 74 minutes à bord du Concorde. « Les éclipses totales permettent une vision très courte mais inégalée de l’atmosphère solaire », renchérit Etienne Pariat, astrophysicien à l’observatoire de Paris-Meudon.

En effet, si l’on sait aujourd’hui créer de manière permanente des éclipses artificielles grâce aux coronographes, les éclipses réelles sont toutefois les seules à permettre l’observation de la couronne solaire quasiment jusqu’à la surface du Soleil – jusqu’à la photosphère. De plus, « le fait de pouvoir observer aussi nettement la couronne depuis le sol permet de tester à moindre coût des instruments et des méthodes complètements innovants qui pourront être installés sur de futures missions spatiales. La recherche instrumentale peut ainsi faire de gros progrès », explique Etienne Pariat. Ce sera particulièrement vrai pour l’éclipse de 2017, pour laquelle de nombreuses universités américaines se sont mobilisées. A tel point que les spécialistes s’accordent à prédire qu’elle fournira le plus de données et d’images de l’histoire.

Qu’est-ce qu’une éclipse solaire ? Démonstration en image.

Des chercheurs du Harvard Smithonian Center for Astrophysics installeront l’instrument AIR-spec à bord d’un avion de la National Science fondation (NSF) à la poursuite de l’éclipse. L’objectif est d’observer pour la première fois et pendant quatre minutes la couronne solaire dans des raies d’émission spécifiques dans le domaine infrarouge, censées être sensibles au champ magnétique. « Leurs observations permettrait de faire in-fine des mesures du champ magnétique dans l’atmosphère du Soleil alors que jusqu’alors ces mesures sont presque exclusivement limitées à la surface du Soleil », souligne Etienne Pariat. Si l’on parvenait à l’avenir à mesurer le champ magnétique de la couronne, cela permettrait de mieux comprendre ce qui est en fait le moteur de tous les phénomènes liés à l’activité et aux éruptions solaires. Notamment le phénomène des éjections de masse coronale qui projettent à grande vitesse dans l’espace des particules capables de perturber les satellites et les réseaux électriques.

L’instrument ISCORES (Imaging Spectrograph of Coronal Electrons), qui a déjà été testé lors de l’éclipse de 2006 en Libye, réalise des cartes de températures dans l’atmosphère solaire. L’objectif est de résoudre le problème du chauffage coronal. « Depuis plus de 50 ans, la couronne solaire intrigue les chercheurs par ses propriétés physiques : sa température d’un million de degrés (beaucoup plus chaude que sa surface, dont la température est près de 1000 fois plus faible, NDLR), ainsi que l’origine de l’énergie qui accélère les vents solaires », note Nelson Reginald, chercheur à la division de la physique solaire de la Nasa. De nombreuses autres équipes chercheront également à percer les secrets de la couronne solaire.

Des données collectées par des millions de personnes

Parallèlement, l’afflux d’astronomes amateurs offre une opportunité inédite pour les sciences citoyennes. Hugh Hudson et Laura Peticolas, du Laboratoire de sciences spatiales de l’Université de Californie à Berkeley, ont ainsi imaginé le projet Megamovie : il s’agit d’utiliser les milliers d’images prises par des  » citoyens scientifiques « , pour produire une animation mettant en évidence les mille et une variantes de l’éclipse et de ses effets sur le paysage. Autre équipe, autre idée : Matt Penn de l’Observatoire national solaire va confier à des amateurs formés en amont 60 télescopes solaires identiques et régulièrement espacés le long de la bande de totalité. Baptisée  » American Cate « , cette expérience vise à créer une animation de la dynamique coronale. Au final, c’est la totalité des images et données collectées par des millions de personnes présentes le long du passage de l’ombre de la Lune que les scientifiques espèrent recueillir. De quoi alimenter de nombreuses études pendant des années.

En anglais, la conférence de presse de la Nasa sur les expériences scientifiques programmées :

Sources

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