« La sonde spatiale Osiris Rex est en route vers l’astéroïde Bennu »

La sonde Osiris Rex s’est servie le 22 septembre 2017 de la force gravitationnelle de la Terre pour ajuster sa trajectoire vers l’astéroïde Bennu qui menace la Terre en 2182.

La sonde spatiale Osiris Rex est en route vers l’astéroïde Bennu

Le 22 septembre 2017, la sonde américaine Osiris Rex, lancée le 8 septembre 2016, vient de repasser à proximité de la Terre. Pourtant, sa destination est bien plus lointaine puisque sa mission est d’étudier l’astéroïde « Bennu ». Un gros rocher que l’on estime mesurer 500 mètres de diamètre, et qui orbite autour du soleil en un peu plus d’un an. La sonde Osiris Rex doit le rejoindre en 2018, l’étudier sous toutes les coutures, puis en prélever un échantillon afin de le ramener sur Terre en 2023. Mais pourquoi la sonde qui chemine dans l’espace depuis plus d’un an déjà s’est-elle offert un détour à proximité de la Terre ?

La réponse est aussi contre-intuitive que paradoxale : pour économiser du carburant. En effet, durant une mission spatiale, chaque goutte d’ergol (le carburant des fusées et des sondes) compte. Et moins une sonde sollicitera les moteurs d’une sonde avant qu’elle n’atteigne son objet d’études, plus longtemps pourra durer sa mission scientifique. Or, pour économiser du carburant, les équipes en charge des missions spatiales ont régulièrement recours à ce qu’on appelle une « assistance gravitationnelle ». La manœuvre consiste à faire entrer une sonde ou un vaisseau dans le champ de gravité d’un corps céleste, et d’utiliser sa force naturelle pour modifier la direction et la vitesse d’une trajectoire.

C’est à une telle manœuvre que la sonde Osiris Rex a eu recours le 22 septembre 2017. Elle s’est approchée à 17.237 kilomètres de la Terre, juste au dessus du Cap Horn, avant de bifurquer, raconte la Nasa sur son site. La vidéo ci-dessous permet d’apprécier l’ensemble de la manœuvre. Le début de la vidéo correspond au lancement de la sonde en 2016. une fois lancée, celle-ci s’est mise en orbite autour du soleil, mais sur un plan différent de celui de l’orbite suivie par l’astéroïde Bennu. À 30 secondes de la vidéo, on voit le détail de la manœuvre qu’Osiris Rex vient d’effectuer en passant près de la Terre. Non seulement la fronde gravitationnelle a permis de l’accélérer, mais en plus, la sonde a été replacée sur un plan orbital coïncidant avec celui de Bennu. Le tout, en minimisant le carburant nécessaire pour atteindre cette orbite. Changer ainsi une orientation orbitale de 6 degrés, comme vient de le faire Osiris Rex, en l’absence de l’aide gravitationnelle de la Terre, aurait nécessité une quantité considérable de carburant. Les réservoirs de la sonde n’auraient pas suffi, précise la Nasa. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, dans l’espace, le chemin le plus court est donc rarement celui qui consomme le moins de carburant.

En ce qui concerne l’astéroïde Bennu

Bennu ou (101955) est un astéroïde de 500 mètres de diamètre. Soit plus massif que l’Empire State Building, ou la tour Eiffel. Depuis sa découverte en 1999, des chercheurs se sont rendu compte que cet astéroïde, qui porte aussi le doux nom de 101955, pourrait croiser la route de la Terre en… 2182.

Même si la potentialité d’une rencontre avec la planète bleue n’est estimée par des scientifiques de la Nasa qu’à 1 chance sur 2500l’agence spatiale a décidé d’envoyer une sonde, pour chasser l’astéroïde. Osiris-Rex, c’est son nom, est en cours d’élaboration depuis plusieurs mois.

La Nasa a annoncé il y a quelques jours qu’elle décollerait le 8 septembre -presque au moment où la sonde Rosetta mettra fin à sa mission- pour rejoindre Bennu en 2018, avant de peut-être en rapporter des échantillons sur Terre en 2023, grâce aux instruments de mesure dont elle est munie.

Un astéroïde de 4,5 milliards d’années

 Ce géocroiseur (un astéroïde susceptible de croiser la route de la Terre) figure en seconde place dans la liste établie par la Nasa, qui recense les risques d’impacts sur la planète.
L’agence, qui estime que Bennu est né il y a près de 4,5 milliards d’années, espère, en récoltant des échantillons de cet astéroïde, obtenir des informations sur sa genèse.
La mission Osiris-Rex, surnommée OVIRS (pour Osiris-rex visible and infracted Spectrometer), est selon Dante Lauretta, le responsable de cette opération scientifique, « la clé de nos recherches concernant les minéraux dont est composé Bennu ». « Nous allons notamment essayer de déterminer les zones de l’astéroïde qui sont riches en molécules organiques, afin de récupérer des échantillons très précieux et déterminer sa composition générale », a-t-il détaillé.

Sources

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