« Le vieillissement accéléré des astronautes »

Thomas Pesquet est un astronaute français qui a passé 196 jours au sein de la station spatiale internationale. Durant son périple, le spationaute fut le sujet principal de nombreuses expériences physiologiques étudiant les conséquences d’un séjour dans l’espace. Aujourd’hui, lui et des chercheurs de l’INSERM nous présentent les résultats obtenus. 

Les scientifiques avaient déjà conscience que les astronautes exposés aux radiations cosmiques, à l’absence de gravité et à une certaine forme de sédentarité présentaient de lourds dérèglements physiologiques favorisant le développement de certaines pathologies à leur retour. Le traitement des résultats des études expérimentales effectuées sur le spationaute Thomas Pesquet pendant son séjour de six mois à bord de l’ISS ne pouvait que compléter les données scientifiques.

 

Après un séjour dans l’espace, les astronautes semblent avoir subi un vieillissement accéléré de l’ensemble de l’organisme : les muscles, artères, squelettes, systèmes nerveux et immunitaire ainsi que les organes des sens se retrouvent directement altérés. Ces transformations physiologiques sont principalement dues à une absence de gravité. L’apesanteur qui règne dans l’espace provoque un affaiblissement du squelette et une distribution des fluides anormaux. Le cœur est beaucoup moins utilisé, car le corps nécessite peu d’énergie pour se mouvoir et fonctionner et se recroqueville sur lui-même.

Ce vieillissement accéléré a l’avantage de permettre l’étude de nombreuses pathologies telles que l’ostéoporose, les cancers, la cataracte, le vieillissement artériel ou encore les anomalies de l’oreille interne. Par exemple, en étudiant l’ossature de treize astronautes, Laurence Vico, chercheuse à l’INSERM, a pu observer la mort prématurée des ostéocytes, les cellules synthétisant la matière osseuse. Cette dégradation cellulaire serait donc la cause de la diminution de mobilité observée au niveau des membres supérieurs et inférieurs des spationautes.

Une autre étude lancée par le cardiologue Pierre Boutouyrie nous informe des conséquences artérielles de la gravité. Les variations gravitationnelles (microgravité et hypergravité) entrainent un remodelage du système circulatoire qui provoque un vieillissement accéléré des artères. Un mode de vie sédentaire imposé serait aussi mortel que le tabac si l’on en croit le scientifique. Ces découvertes scientifiques permettent d’orienter la recherche de solutions pour faire face aux conséquences physiologiques engendrées par les variations gravitationnelles et les radiations cosmiques. Le resvératrol, une molécule organique phénolique facilement trouvable dans les raisins ou les mûres, aurait des effets permettant de lutter contre ces phénomènes et des études sont en cours pour l’infirmer ou le confirmer.

Sources

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