« Ils ont découvert le premier astéroïde interstellaire »

Lorsque les astronomes cherchent des astéroïdes et des comètes, ils rêvent de débusquer une perle rare : un objet étranger en provenance du milieu interstellaire. Or, il semble que le tout premier d’entre eux vient d’être débusqué !

  • C/2017 U1, d’abord considérée comme une comète, a été découverte le 18 octobre par les télescopes du sondage PanSTARRS 1, à Hawaï. Sa plus petite distance avec la Terre était le 14 octobre.
  • Sa trajectoire hyperbolique suggère qu’elle ne viendrait pas de notre Système solaire mais de l’espace interstellaire.
  • Si les observations le confirment, A/2017 U1 ou C/2017 U1, astéroïde ou comète, serait le premier corps identifié comme venu d’ailleurs.

Lorsqu’ils cherchent des astéroïdes et des comètes, les astronomes rêvent de débusquer la perle rare. Une grande comète ou un géocroiseur, par exemple. Mais il existe un catégorie plus rare encore. Si rare que les astronomes n’osent même pas en rêver : un objet étranger en provenance du milieu interstellaire. Or, il semble que le tout premier d’entre eux a enfin été débusqué ! L’astre baptisé C/2017 U1 était très peu lumineux lors de sa découverte, le 18 octobre 2017. Il a été détecté seulement en raison de son passage à proximité de la Terre. Il avait croisé le Soleil un peu plus tôt, le 9 septembre 2017.

L’astre a d’abord été nommé C/2017 U1, une nomenclature réservée aux comètes. Ce classement est lié à sa trajectoire. « Il a ensuite été reclassé comme astéroïde car il apparaît ponctuel sur les images. De plus, un objet cométaire si petit (une centaine de mètres) aurait eu toutes les chances de se briser en passant aussi près du Soleil (au quart de la distance Terre-Soleil) », explique Nicolas Biver, astronome à l’observatoire de Meudon et spécialiste des comètes.

Un voyage de 10 000 ans vers le milieu interstellaire

« Il faut encore être prudent sur son origine. Sa découverte date de seulement une semaine. Il peut y avoir une erreur dans les mesures de position », prévient Nicolas Biver. Néanmoins il est assez peu probable que les astronomes se trompent : « L’excentricité de sa trajectoire est de 1,18 avec une incertitude de +/-0,02 », souligne le chercheur.

Ce paramètre nous indique en effet d’où vient l’objet. Si l’excentricité est inférieure à 1, la trajectoire de l’astre est elliptique : il est en orbite autour du Soleil. Si la valeur est 1, l’objet est sur une trajectoire parabolique, c’est-à-dire qu’il vient du Système solaire mais va être éjecté. Enfin, avec une valeur supérieure à 1, l’astre vient du milieu interstellaire et va y retourner.

Dit autrement, C/2017 U1 se déplace très vite par rapport à un astéroïde ou une comète. Proche du Soleil, il avait un excèdent de vitesse de 4 km par seconde. Et loin du Soleil, l’excédent de vitesse par rapport à une comète est de 25 km/s. Il va mettre 10 000 ans pour retourner et traverser le Nuage de Oort (le réservoir de comètes situé aux confins du Système solaire), là où une comète aurait mis 2 à 3 millions d’années.

Un astéroïde venu de Vega ?

Il n’est pas totalemet exclu qu’il s’agisse d’un objet issu du Système solaire, « mais ça reste peu probable car il aurait fallu qu’il soit perturbé par un astre massif, comme une naine brune rapide passant près du Nuage de Oort », estime Nicolas Biver.

C/2017 U1 vient donc en principe de plus loin, mais d’où ? Pour le moment, les premiers éléments de son orbite montrent qu’il arrive d’une direction proche de l’étoile Véga dans le ciel. Véga a bien un mouvement relatif en direction du Soleil de 13,8 km/s, il faudrait donc que l’objet ait été éjecté de ce système stellaire à 12 km/s. Cela paraît beaucoup. C’est comparable par exemple à la vitesse de la sonde Voyager 2.

Les grands observatoires sollicités

Pour en savoir plus sur cet objet, plusieurs grands observatoires, comme le Very Large Telescope, sont sollicités. « Il sera en particulier intéressant d’avoir un spectre [une analyse de sa lumière, NDLR], mais ce n’est pas évident car l’objet est peu lumineux », explique Nicolas Biver. Il faudra donc attendre quelques semaines, voire quelques mois afin que les données soient collectées et analysées. Un spectre permettrait en particulier de savoir quel est le degré de similitude entre cet objets et ceux du Système solaire.

Savoir que ce type d’observations est réalisable ouvre des perspectives car, au début des années 2020, entrera en service le LSST, un télescope de surveillance de la voûte céleste bien plus puissant que tous les moyens existants. Ses performances maximiseront les chances de dénicher d’autres objets de ce type. Et d’étudier ainsi des astres issus d’étoiles lointaines tout en restant dans le Système solaire.

Sources

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