« Sécurité nucléaire: le grand mensonge »

Classée secret défense, la sécurité nucléaire reste aujourd’hui la zone opaque d’une industrie exposée au risque terroriste. Captivante autant qu’alarmante, cette enquête internationale révèle d’énormes failles en la matière.

Alors que les accidents de Tchernobyl ou de Fukushima ont alerté sur la sûreté nucléaire, la sécurité des installations, classée secret défense, reste encore entourée d’un épais mystère. Pourtant, au-delà de la vulnérabilité des sites mise en lumière par les opérations de militants écologistes, l’enquête sur les attentats de Bruxelles de mars 2016 a révélé que le nucléaire belge constituait bien une cible potentielle pour des terroristes en quête d’armes de destruction massive. De l’attentat-suicide et la chute d’un avion de ligne sur un réacteur aux cyberattaques en passant par les drones, les actes de sabotage ou la fabrication artisanale de bombes sales – un mélange d’explosifs et de matières radioactives –, les menaces, reconnues par les experts, sont réelles. Dès lors, comment nos installations sont-elles protégées pour affronter ces risques multiples et comment la communauté internationale s’organise-t-elle pour sécuriser les matières et éviter les trafics ?

Glaçant

Des États-Unis à l’Allemagne en passant par la France et la Belgique, cette enquête révèle les failles abyssales des systèmes de protection de sites nucléaires, conçus pour la plupart avant les attaques du 11-Septembre. Interrogeant experts, politiques et activistes de Greenpeace, le film montre aussi comment l’industrie nucléaire, aujourd’hui souvent déficitaire et surendettée, peine à mettre en œuvre des mesures efficaces – et forcément coûteuses – face au risque terroriste. On découvre ainsi qu’aucune norme internationale n’est imposée aux États nucléarisés, notamment pour ce qui concerne la sécurisation des matières les plus dangereuses, malgré les tentatives de Barack Obama, initiateur du Sommet mondial sur la sécurité nucléaire… Le silence qui entoure cette menace au nom de la confidentialité face à un ennemi potentiel prive de surcroît la société civile du légitime débat sur sa sécurité, quand les décisions pour la garantir relèvent du politique. Une investigation glaçante sur l’un des secrets les mieux gardés au monde.

Les risques d’attentats sont une chose, les risques climatiques exceptionnels autre chose. Les conséquence sont tout autant dramatiques.

Inondation de la centrale nucléaire du Blayais en 1999

Les vents violents produits par la tempête Martin du 27 décembre 1999 provoquèrent une brusque montée des eaux de l’estuaire de la Gironde et l’inondation d’une partie de la centrale.

Gonflées par une grande marée et poussées par des vents de plus de 140 km/h, les vagues ont franchi la digue qui devait protéger la centrale.

Dès 20 h, la route d’accès à la centrale devient impraticable.

Une surtension sur le réseau électrique va d’abord provoquer l’arrêt d’urgence de deux réacteurs (le 2 et le 4) de la centrale nucléaire de Blayais. Pendant l’incident, le refroidissement des deux cœurs est assuré par les moteurs Diesel de secours.

Un peu plus tard, le courant électrique est rétabli sur l’une des deux lignes à très haute tension qui prend ainsi le relais des groupes électrogènes.

À h 30, des débris charriés par la Gironde en crue viennent obstruer une pompe de refroidissement du réacteur 1, qui se met lui aussi en arrêt d’urgence. En sous-sol, les galeries techniques sont noyées par une eau boueuse qui envahit le bâtiment de stockage du combustible. Le réacteur perd deux systèmes essentiels pour sa sûreté. À h 30, le local qui abrite les deux stations de pompage du circuit de refroidissement du réacteur 1 est inondé.

Devant la gravité des événements, l’autorité de sûreté à Paris actionne pour la première fois la gestion nationale de crise.

Ce jour-là, selon la presse alternative Dissident Media : on a frôlé la catastrophe majeure. De nombreux journaux ont mentionné un « accident ». Pourtant, l’incident a été classé au niveau 2 seulement sur l’échelle INES.

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