« Les robots sont partout »

Robots sous-marins, drones, humanoïdes qui vous regardent, robots qui guident l’atterrissage des avions ou orientent les roues d’un fauteuil roulant : ils sont partout ! 

Les robots

Les robots apparaissent avec la première révolution industrielle (Cotton gin, moteur à vapeur, etc.). Auparavant, on avait créé des automates (Vaucanson, 1733) et des métiers à tisser avec cartes perforées (1745), etc. Puis sont apparus la cybernétique (1900), l’intelligence artificielle (Turing, 1950) et les astromobiles (rovers) envoyés pour explorer les planètes (1996). Ajoutons, pour les jeunes, des jeux vidéo comme les Robocops et les Transformers.

Nous venons d’entrer dans The Second Machine Age, où les robots envahissent tous les domaines :

  • Il y a des robots domestiques qui nettoient le plancher (Roomba), des poupées thérapeutiques (Paro), des serviteurs domestiques (Asimo), des caméras volantes qu’on peut même acheter (Phantom), etc.
  • Il y a les robots qui « réparent » le corps humain : le bras ou la jambe bionique, l’implant oculaire, le cœur artificiel, le neurostimulateur, etc.
  • Il y a des robots industriels comme K6Baxter dans les usines et le RoboSimian pour les voyages interstellaires.
  • Il y a les robots militaires pour déminer le terrain (Packbot) ou qui volent comme les Reaper, Raven, WASP, Shadow, Predator, etc.
  • Il y en a même qui sont vendus aux enfants sous forme de kit : Lego et LittleBits par exemple. Ci-dessous, une utilisation pédagogique des robots en classe.

Les robots militaires

Génération I (2000) :

C’est la génération de robots télépilotés (drones) ou sur roues (pour le déminage, etc.), contrôlées à distance par des opérateurs. C’est un amalgame de GPS, de gyroscope, de sans-fil, de Wi-Fi, de radar, de caméras infrarouges, de capteurs de détection et de stations au sol. En fait, les drones sont des tueurs à bouton poussoir dont l’utilisation ressemble à un jeu vidéo (le modèle utilisé par la CIA est le Targeted Killing, c’est-à-dire exécutions extrajudiciaires). Ils ont été créés pour une guerre asymétrique (une armée bien équipée face à des insurrections locales).

Exemple d’un drone Predator tirant un missile Hellfire (US Dept. of Defence)

Ils ont complètement changé la façon de conduire la guerre, créant des actions sans risque pour les militaires, mais avec d’énormes dommages collatéraux pour les civils. À partir de 2006, ils sont manufacturés en quantité exponentielle, devenant une industrie dans plus de 40 pays, laquelle est liée à un modèle économique axé autour de la sécurité (chapitre 6).

En 2013, l’armée américaine possédait déjà 7 000 drones et 12 000 véhicules sans pilote ; d’ailleurs, on avait, à cette date, formé trois cents fois plus de télépilotes de drones que de pilotes d’avion. Avec ces robots, une armée peut gagner peut-être la guerre, mais pas la paix ; en effet, ils posent actuellement plusieurs problèmes, parce que les règles internationales de la guerre ne sont pas claires concernant l’usage des robots (aussi la CIA et le FBI en profitent) (Voir le Salon International des systèmes téléguidés annuel ou AUVSI).

Génération II (2010) :

C’est la génération émergente des microdrones beaucoup plus smart et semi-autonomes. Ce sont de petits robots de la grandeur d’un papillon, qui sont développés grâce à la miniaturisation, aux nanotechnologies et possédant une Embedded Intelligence. Ils peuvent être assemblés pour quelques centaines de dollars, et ce, même par des particuliers (une menace éventuelle de la part des djihadistes ?). Non loin derrière, arrivent déjà des nano robots de la taille d’une guêpe (genre RFID volant).

Exemple d’un nano drone sur le bout d’un doigt :

Maintenant, plusieurs compagnies développent des drones solaires capables de surveillance et de support aux télécommunications (volant à 20 000 m, d’altitudes avec un stationnement stable de plusieurs centaines d’heures de vol). Ils sont appelés Haps (ou pseudo-satellites à haute altitude). Ils seront utilisés pour des opérations militaires ou humanitaires (pour remplacer des infrastructures de communications détruites lors d’un tremblement de terre, par exemple). Voir les projets Zephyr de Airbus ou Titan de Google qui voudrait utiliser ces drones pour diffuser Internet partout sur la planète, surtout dans des territoires inaccessibles.

Génération III (2020 ?) :

Ce sera une génération de plus en plus autonome avec tous les dangers que cela peut engendrer. Actuellement, on tente de créer, dans les laboratoires, des essaims de robots autonomes, c’est-à-dire qu’on rassemble dans une formation une vingtaine de microrobots capables de « penser », donc dotés d’une « intelligence collective » (mais qui contrôlera le déroulement des opérations ?) Ce seront des robots de combats capables de reconnaître des visages, l’origine d’une balle, etc., d’interpréter des images et de tuer (Lois d’Asimov ?)

L’espace

En quelques décennies, le temps de lancer quelques satellites artificiels, d’envoyer un homme sur la lune puis de créer le GPS, l’être humain est devenu spatiodépendant. Après les premiers enjeux militaires liés à la guerre froide entre l’URSS et les États-Unis, la conquête de l’espace est devenue une économie de l’espace.

Cette course à la maîtrise de l’espace ressemble en tous points à celle des océans (la route des épices) lors des deux derniers siècles ou, avant, à celle de la route de la soie. La société découvre aujourd’hui qu’il existe des « ressources naturelles » qu’on devrait gérer collectivement  (tout comme l’eau, etc.) : par exemple, le spectre électromagnétique comprenant les orbites basses (LEO : 200-2000 km), les orbites moyennes (GEO : 2000-35000 km) et les orbites géostationnaires (MEO : 35780 km).

L’astromobile Curiosity est le robot le plus complexe jamais développé.  Depuis son atterrissage sur Mars, ses pérégrinations à la recherche de trace de vie ont permis des découvertes étonnantes (2 % d’eau dans le sol).  Ce projet, dirigé par le Jet Propulsion Laboratory, comprend une batterie nucléaire, des bras robotisés, 17 caméras, un spectromètre de plasma induit par laser (ChemCam de France) etc.  Il communique avec la Terre (500 millions de km qui exigent 14 min.) par l’intermédiaire d’un satellite relais en orbite autour de Mars :

L’espace joue un rôle prépondérant lors des manoeuvres militaires américaines (voir le Battlefield Internet). Voici comment les troupes tactiques spéciales des Seals utilisent un environnement intégrant à la fois des drones, des avions furtifs, des satellites (Inmarsat) et au sol, des camions et des rovers :

Les enjeux commerciaux

Aujourd’hui, il y a déjà plus de 1000 satellites opérationnels ; certains sont gros comme une auto, d’autres à peine plus gros qu’une main (Pocket Qube, Nanosats, Cube sats) ; ils suivent le même processus de miniaturisation que les robots. Ils ont trois grandes vocations : les télécommunications, la géolocalisation et l’observation.

Après 2020 (?)

La planète sera probablement desservie par quatre grands systèmes mondiaux : américain, russe, chinois et européen. En préparation :

  • des petits satellites et des petits lanceurs permettant un accès à un territoire limité (pour un petit pays par exemple) ;
  • les drones-soleil en cas de catastrophes ;
  • l’emploi de micro-ondes à forte puissance ou de rayons laser pour aveugler un satellite (MFP) ;
  • le développement d’une plus grande résolution pour les caméras et d’une plus grande miniaturisation pour les smartphones et les tablettes ;
  • des constellations de CubeSat capables de filmer la Terre en permanence (état des récoltes, etc.) ;
  • des satellites tueurs de satellites (ASAT : Hit-to-kill) ;
  • le brouillage des liaisons ou la prise de contrôle d’un satellite (essais par Al-Quaida) ;
  • La création éventuelle d’une e-bomb.

Depuis 2011, les États-Unis confient maintenant la direction de leurs activités spatiales aux compagnies privées. L’espace est devenu « un business » ; la compétition est féroce entre Boeing, Sierra Nevada, SpaceX, etc., et les marchés apparaissent fabuleux : la prochaine navette, les lanceurs, les cargos, les simulateurs, le tourisme spatial (Virgi, l’objectif Mars, les sondes, etc.

Ci-dessous, le programme de Boeing, le Crew Space Transportation, développe la navette CST-100 (à la fois une navette, un lanceur et des stations de lancement). Ci-dessous, on voit une simulation de la navette se diriger vers la station ISS :

Les aspects sombres

La zone satellitaire de la Terre est maintenant complètement polluée par toutes sortes de débris à cause des 11 000 astéroïdes et des 700 000 débris déjà recensés dans l’espace. Voir le centre de tracking Jet Propulsion Lab et ses trois télescopes (Arizona, Nouveau Mexique et Hawaii).

Les États-Unis ont décidé de faire de l’espace un espace américain (voir le programme Space Dominance du président Bush, 2000). Ils dépensent, à eux seuls, plus du double du total de tous les autres budgets spatiaux réunis : 64 milliards $ en 2010. C’est leur High Frontier qui leur permettra de vendre leur Soft Power via leurs producteurs de contenus (films, spectacles et musique) et les applications GPS qui ne sont configurées, mondialement, qu’aux normes américaines.

« Un petit clic sur la publicité ci-dessous ne vous engagera en rien mais contribuera à la bonne continuation d’Ovnis Videos. La publicité peut ou ne pas apparaître suivant votre type de navigateur et de bloqueur de publicité utilisé. Merci de votre fidélité à O.V »

Publicités