« Le Nanowood est un matériau vraiment révolutionnaire »

Une équipe de chercheurs américains a développé un matériau isolant novateur : le « nanowood ». Constitué de fibres de cellulose nanoscopiques, il possède des capacités isolantes jusqu’à dix fois supérieures aux isolants traditionnels, sans en avoir les inconvénients. En plus d’être performant, le nanowood est aussi écologique et économique. Trois caractéristiques qui pourraient bien faire de lui l’isolant parfait.

Pour réduire notre empreinte carbone, rien de plus indispensable que d’isoler nos habitations. Les matériaux utilisés, notamment le polystyrène, sont toutefois bien souvent issus de la pétrochimie. Un paradoxe quand il s’agit d’adopter une démarche écologique. Mais des chercheurs américains ont développé une innovation qui pourrait bien permettre de faire de l’isolation des logements un acte 100% écolo.

Cette matière novatrice s’appelle « Nanowood », « nanobois » en version française. Une désignation qui résume à elle seule ses particularités. Développé par des chercheurs de l’Université du Maryland aux États-Unis, le matériau est en effet constitué de minuscules fibres de bois, comme le décrivent ses inventeurs dans une publication parue dans la revue Science Advances.

« Cela montre vraiment que la nature a surpassé l’humanité, encore une fois », se félicite dans un communiqué Jeff Youngblood, de l’Université Purdue, aux États-Unis.

Des performances hors du commun

Encore plus isolant que le polystyrène, le nanowood est aussi bien plus résistant que son équivalent synthétique. Et pas qu’un peu : lors de tests d’écrasement, il s’est avéré trente fois plus résistant que des matières telles que le polystyrène, l’aérogel de silice ou encore d’autres matériaux traditionnellement employés lors des travaux d’isolation.

Sa solidité n’est pas son seul point fort. Les expériences des chercheurs ont aussi permis d’évaluer ses capacités à bloquer la chaleur, en mesurant la température sur la face opposée de différents matériaux exposés à la lumière d’une lampe, ou à un flux de chaleur. Quel que soit son concurrent, le nanowood s’est toujours révélé plus performant, jusqu’à dix fois plus que le polystyrène ou l’aérogel de silice, pourtant considéré comme le meilleur isolant au monde, comme en témoigne son trophée décerné par le livre Guinness des records.

« Il peut isoler mieux que la plupart des autres isolants thermiques courants, y compris le polystyrène. Il est extrêmement prometteur pour être utilisé en tant que matériau de construction efficace », assure Tian Li, étudiant post-doctoral dans le département d’ingénierie et de science des matériaux de l’Université du Maryland.

Pour achever de dresser le portrait de cet isolant miracle, il est également à noter que le nanowood ne déclenche pas de réactions allergiques, et ne provoque pas non plus d’irritations respiratoires contrairement à d’autres matériaux utilisés pour l’isolation. Quel est donc le secret de sa perfection ?

Une biomolécule prodigieuse

La réponse réside dans la biomolécule qui le constitue : la cellulose. Ce polymère naturel est le principal constituant des parois cellulaires végétales, en compagnie de la lignine, principal composant du bois. C’est en détruisant cette dernière que les scientifiques ont élaboré leur isolant révolutionnaire.

Pour y parvenir, pas besoin d’opération complexe, un simple passage dans un bain constitué d’un mélange de soude caustique, de sulfite de sodium et d’eau oxygénée, et le tour est joué. Les composés chimiques détruisent les parois cellulaires du bois, constituées de lignine, et ne laissent ainsi derrière eux qu’un squelette de nanofibres de cellulose.

Ces fibres nanoscopiques ont un agencement bien particulier : elles sont toutes parfaitement parallèles. La clé de leur pouvoir isolant. Une telle structure permet en effet à la fois de dissiper la chaleur, mais aussi d’éviter qu’elle ne pénètre le matériau.

Écologie et économies

Performant, écologique, il reste néanmoins un critère primordial à remplir pour ce nanowood s’il souhaite prospérer sur le marché des matériaux isolants : il se doit aussi d’être économique. Eh bien, même sur ce point il défie toute concurrence, avec un coût d’environ 7 dollars au mètre carré, soit un peu plus de 5,6 euros. Juste de quoi financer les produits qui permettent sa fabrication d’après ses créateurs..

Le nanowood semblerait donc bel et bien constituer l’isolant idéal, comme s’en réjouit Jeff Youngblood, de l’Université Purdue, aux États-Unis : « Ce travail montre qu’avec un traitement approprié, le bois peut devenir plus résistant et plus isolant que les matériaux communément utilisés, comme la laine de verre pour les maisons, avec les bénéfices supplémentaires qu’il est non-toxique et durable ».

D’ici quelques années, le nanobois pourrait bien supplanter les matériaux polluants qui isolent aujourd’hui nos murs et nos toitures. De quoi monter « de quel bois on se chauffe » aux menaces qui pèsent sur l’environnement.

Sources

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