« La vie extraterrestre est là-bas »

Jeffrey Hoffman a flotté dans le vide spatial. Il a regardé notre planète d’en haut, vu les nuages s’enrouler, les vastes étendues océaniques et les villes tentaculaires éclairées la nuit. En cinq missions – dont la première à la rencontre du télescope spatial Hubble –, il a passé 1 211 heures de sa vie dans l’espace. Et dans une interview, il est catégorique : Je crois qu’il y a de la vie ailleurs dans l’univers.

Moins de 600 des quelques 108 milliards de personnes qui ont vu le jour sur notre planète l’ont vue depuis l’orbite terrestre. Cette expérience unique, ainsi que leurs diplômes avancées en sciences, fait sans doute d’eux les mieux qualifiés pour répondre à cette question : sommes-nous seuls dans l’univers.

Plusieurs d’entre eux se sont retrouvés à Los Angeles, aux côtés du réalisateur américain Darren Aronofsky, pour la série « One Strange Rock » de la chaîne National Geographic, qui débute lundi. Le film n’est clairement pas du David Attenborough. Darren Aronofsky, à qui l’on doit « Black Swan » et « Mother ! » a pris le parti de juxtaposer des scènes filmées sur Terre avec des images furtives de la Station spatiale internationale.

Le message est clair : la vie sur Terre est un miracle. Alors qu’il y avait une combinaison presque infinie de possibilités, les conditions ont concordé pour que des organismes unicellulaires se développent à partir de matériaux non organiques protégés par le champ magnétique terrestre et l’ozone, avec une abondance d’oxygène et d’eau pour les accueillir.

« Vous regardez tous ces systèmes… et c’est incroyable toutes les choses qui doivent coïncider pour que cette grande réalité arrive », a déclaré Darren Aronofsky.

Alors, en ayant vu le bleu profond des océans depuis le noir profond de l’espace, les astronautes pensent-ils qu’il y a de la vie sur d’autres planètes ? C’est compliqué.

Une histoire de taille

La raison pour laquelle la vie extraterrestre semble possible est la même que celle pour laquelle elle est si dure à trouver : l’univers est grand, immensément grand.

« Nous avons prouvé que chaque étoile a des planètes », a expliqué l’astronaute canadien Chris Hadfield, qui a passé 4 000 heures dans l’espace. « Alors faites le calcul. »

Et les calculs ne sont pas faciles. Combien y a-t-il d’étoiles dans l’univers ? Eh bien, cela dépend de la taille de l’univers. Nous sommes capables d’observer le fond diffus cosmologique (affublé du sigle CMB pour cosmic microwave background), rayonnement formé autour de 400 000 ans après le Big Bang. Il nous indique que l’univers observable remonte à environ 14 milliards d’années. Mais il pourrait y avoir quelque chose au-delà du CMB, ou même d’autres unvers contenus dans un « multivers » massif.

Dans les limites de l’univers observable, il pourrait y avoir 1 000 000 000 000 000 000 000 000 (ou un septillion) d’étoiles, selon l’astronome David Kornreich. Il a d’ailleurs reconnu à Space.com que ce nombre pourrait être grandement sous-évalué.

Si chacune de ces étoiles a une planète en orbite, eh bien, bon, cela semble inconcevable que la vie n’existe pas ailleurs.

Mais ce n’est pas tout…

À quand une preuve ?

« Nous devons penser à travers les choses pour en trouver la preuve », explique Mae Jemison, la première femme afro-américaine Oui, c’est ça qu’il nous faut. Une preuve. Hoffman croit qu’il y a de la vie là-haut.

« Mais en tant que scientifique, je cherche des preuves », dit-il. « Et pour l’instant, nous n’avons aucune preuve, donc je n’ai rien pour soutenir ma croyance, mais je le crois toujours. »

C’est le problème. Étant donné le nombre de planètes – un septillion ou plus – il semble inévitable qu’il n’y a pas de vie sur au moins quelques unes d’entre elles. Mais la science ne fonctionne pas de cette façon. La Terre pourrait être unique en son genre.

Il pourrait y avoir quelque chose de spécial dans notre partie de la Voie lactée, de notre système solaire et de notre planète qui rendrait la vie possible ici bas et nulle part ailleurs, aussi improbable que cela puisse paraître.

Le télescope spatial Kepler a découvert 2 342 exoplanètes « confirmées », dont 30 sont à des distances de leur étoile les rendant potentiellement habitables. Ce n’est même pas une fraction d’un atome d’une goutte d’eau dans un seau (ne parlons pas d’un océan).

Si nous parvenons à trouver un fossile sur Mars alors l’univers est plein de vie

Malheureusement, en ce moment, nous ne pouvons regarder qu’une minuscule zone du ciel, ce qui signifie que trouver des preuves de vie dans des systèmes solaires lointains est improbable. Voir un ovni traverser le ciel… ne va sans doute jamais arriver.

Heureusement, nous n’avons sans doute pas besoin d’attendre les ondes radio de Proxima b, la nouvelle planète potentiellement habitable la plus proche de la Terre. Une preuve de vie pourrait être encore plus proche de nous.

« Si nous parvenons à trouver un fossile sur Mars, ou un ver sous les océans d’Europe ou d’Encelade, alors l’univers est plein de vie », estime Chris Hadfield.

Nous découvrons constamment de la vie dans des endroits où il nous semblait qu’aucune vie ne pouvait exister. Pour sa série « One Strange Rock », National Geographic s’aventure à Dallol, en Éthiopie, où l’astrobiologiste Felipe Gómez trouve des bactéries vivantes dans un lac d’acide. Elles sont résistantes aux métaux lourds et n’ont pas besoin d’oxygène pour vivre.

Il est donc possible que quelque chose puisse survivre sous la glace d’Europe, lune de Jupiter, ou d’Encelade, lune de Saturne. Comme le disait le professeur Malcolm dans « Jurassic Park » : « La vie trouve toujours un chemin. »

Cela ne sert toutefois à rien de préparer le comité d’accueil pour Spock. Quand la NASA dit « vie » extraterrestre, elle veut parler d’un « système chimique autoentretenu capable d’une évolution darwinienne ». Cela ne signifie donc pas vraiment des vaisseaux spatiaux et des canons laser.

La norme, a estimé Chris Hadfield, pourrait être que « la vie est relativement commune », mais que « la vie complexe et intelligente est rare ».

La Fédération unie des planètes est donc pour dans longtemps. Mais comme l’a un jour noté le regretté Stephen Hawking, c’est sans doute une bonne chose.

Sources

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