« Surviving Mars »

Très tendance, la conquête de la planète Mars n’est pas seulement sur les lèvres de l’entrepreneur Elon Musk. Qu’il s’agisse de cinéma (Seul sur Mars), de bande dessinée (Mars Horizon) ou de jeu vidéo donc, c’est un sujet qui fait vendre. Il n’en fallait sans doute pas plus pour convaincre Haemimont Games et Paradox Interactive, partenaires pour la toute première fois. De là est né le jeu Surviving Mars. Ou acheter ce jeu, à quel prix et l’avis des joueurs. On vous dit tout sur Surviving Mars.

Surviving Mars

Avec un titre pareil, on s’attend soit à une espèce de Resident Evil où les protagonistes doivent échapper à une horrible créature, soit à une simulation de survie évidemment très inspirée des péripéties de Matt Damon dans Seul sur Mars. Il n’est question ni de l’un, ni de l’autre puisque comme nous l’avons précisé en introduction, Surviving Mars est en réalité une variation sur le thème du city builder, le contexte martien en prime. La survie sur Mars, c’est celle tentée par une mission envoyée depuis la Terre pour trouver un nouveau foyer à l’humanité. Une besogne qui n’est évidemment pas sans risque, mais pour laquelle les gentils petits colons ont tout le barda technologique et technique nécessaire.

Au premier lancement, on est forcément un peu déçu par le dénuement du menu principal. Il y a bien sûr l’inévitable menu d’options et les fans de mods seront ravis de découvrir deux entrées qui leur sont consacrées, mais côté gameplay, c’est un peu la soupe à la grimace. En dehors d’un menu « démarrage facile » – dont on verra la portée ô combien limitée – il faut se contenter de l’unique « nouvelle partie » qui nous transporte directement sur la configuration de notre mission martienne. Surviving Mars paraît donc un brin misérable : pas de didacticiel, aucune campagne solo proprement dite et un multijoueur aux abonnés absents. Pour coloniser Mars, point de salut en dehors du mode bac à sable.

Évacuons de suite le mode « démarrage rapide ». En sélectionnant à notre place toutes les options rendant la partie le plus accessible possible, il permet de définir le parfait setup du débutant… reste qu’il est possible de valider les mêmes options au travers du mode « nouvelle partie ». Celui-ci se décompose en six phases : les quatre premières définissent le profil de notre mission depuis le sponsor (ressources de départ) jusqu’au « mystère » (sorte de mini-scénario agrémentant la colonisation) en passant par le profil de commandant (quelques bonus de début de partie) et le logo de la colonie (purement esthétique). Ensuite, il s’agit d’acheter le contenu de notre première fusée pour Mars. On peut se payer des matières premières, des rovers et autres drones ainsi que des bâtiments préfabriqués qu’il suffira d’assembler sur place.

“Mourir sur Mars… mais pas à l’impact”

La dernière étape du paramétrage de la partie n’est pas la moins importante : on détermine le site où se posera notre première fusée. Plusieurs emplacements-types sont proposés, mais d’innombrables coordonnées sont accessibles avec, à chaque fois, des informations relatives à l’altitude du lieu, sa température moyenne, les ressources disponibles et les catastrophes potentielles. Si les autres options peuvent faire varier le niveau de difficulté de la partie, c’est véritablement le choix du site qui conditionne le tout. Notez d’ailleurs qu’il est possible d’entrer des coordonnées « à la main » et ainsi de récupérer celles de la partie d’un ami qui a particulièrement apprécié sa zone d’atterrissage.

Ces options définies, notre première fusée peut mettre le cap sur la quatrième planète du système solaire… mais avant qu’elle ne se pose, il faut encore trouver le meilleur emplacement sur le site retenu. Pour ce faire, il faut scanner quelques carrés d’une carte de 10×10 : avec un peu de chance, on découvre quelques gisements de béton, métaux, métaux rares et eau, les ressources-clés du jeu. Il se peut aussi que des « anomalies » soient repérées. Empruntées à Stellaris, ces énigmes scientifiques constituent une sorte de loterie : pourvu que l’on y envoie un rover explorateur, les bonus que l’on y découvre peuvent être très intéressants (boost de recherche, nouvelles technos, gisement spécial…).

Ça y est ! Notre fusée peut enfin se poser ! Les trois rovers conseillés en début de partie peuvent en sortir et une nuée de drones les accompagnent. Débute alors ce qui constitue à la fois une étape-clé dans la colonie et un aspect fastidieux du jeu. En effet, les premières heures de toute installation martienne sont consacrées à la mise en place des infrastructures essentielles à l’accueil des premiers colons. Pour le moment, vous n’avez que des compagnons mécaniques sur Mars : on doit repérer un gisement de béton pour disposer de la matière nécessaire à la construction des premiers bâtiments. Il faut également assurer une production d’eau, d’électricité et d’oxygène suffisante.

“Mars will come to fear my botany powers”

À ce niveau, les options sont assez nombreuses et rien que pour l’électricité, trois orientations se dégagent : les panneaux solaires peu coûteux, mais sensibles à la poussière et efficaces que le jour ; les éoliennes qui nécessitent du métal déjà plus rare ; les générateurs Stirling au rendement impressionnant, mais très onéreux. Sachant que ce genre de dilemmes se retrouvent partout. Extracteurs d’eau ou vaporisateurs d’humidité ? Réseau électrique étendu ou compact ? Développer les capacités de production ou insister sur le stockage des ressources en cas de catastrophe ? Ces questions intéressantes illustrent déjà les multiples directions que peuvent prendre les parties.

Hélas, ces questions ont également tendance à s’étirer exagérément dans le temps. Au cours des deux premières parties, on découvre tellement de choses que cela ne pose pas vraiment de problème. En revanche, on aurait vraiment aimé pouvoir écourter toute cette phase de jeu afin de passer aux choses sérieuses : l’arrivée des premiers colons. Techniquement, il reste possible de se contenter d’une colonie de drones, mais on en fait vite le tour. Et pour coloniser Mars, il faut bien avoir quelques humains sous la main. Depuis l’écran de fusée, on peut décider de l’envoi de cargaisons à tout moment, mais on peut aussi et surtout ordonner l’expédition d’une navette de passagers : un maximum de douze colons prend alors place pour ce qui sera un aller-simple.

Aucune contrainte pour ce premier envoi même si les développeurs suggèrent d’avoir déjà résolu les questions vitales (eau et oxygène). En revanche, la Terre refusera l’envoi d’autres colons tant que ce premier contingent n’aura pas passé dix « Sols » (les jours sur Mars, environ 25 heures) avec succès. Cette étape baptisée phase du fondateur peut très mal se passer si les choses n’ont pas été préparées avec soin. Mais cette phase fait aussi décoller notre intérêt pour Surviving Mars. Avec ces premiers colons, on accède enfin à des bâtiments sérieux : l’aménagement des dômes et leurs infrastructures internes.

“Travail repos et loisir… les vieux connaissent la suite”

Le dôme constitue cette espèce d’immense capsule que ne renierait pas Connor McLeod dans un film, lui, renié par son acteur. Au sein de cette « bulle », les colons peuvent vivre sans combinaison spéciale. Ils peuvent aller au bar, travailler dans une usine ou se détendre au casino… enfin, à condition que vous ayez opté pour ces constructions. Des constructions qui permettent d’assouvir certains des besoins essentiels de nos ouailles, mais les dômes sont évidemment trop petits pour tout accueillir. De plus, ces bâtiments nécessitent des ressources « avancées » par opposition au béton, métaux, métaux rares et nourriture, les ressources de base. Électricité, eau et oxygène étant qualifiés de « ressources du réseau », une catégorie encore à part.

Parmi les ressources avancées, on retrouve les polymères, les composants électroniques, les pièces de rechange et le carburant. Toutes sont absolument indispensables au développement d’une colonie un tant soit peu ambitieuse et pour ne rien gâcher, elles sont d’ailleurs interdépendantes. Ainsi, une usine d’électronique aura besoin de pièces détachées pour assurer sa maintenance tandis qu’une usine de polymères aura besoin de carburant, lui-même extrait par des raffineries à partir d’eau et d’oxygène. À ce niveau, Surviving Mars s’éloigne du pur city builder pour se rapprocher d’un Anno par exemple. Il est à tout moment possible de cliquer sur un colon pour vérifier son confort, son moral et sa productivité.

Sur Mars, la vie n’est pas drôle tous les joueurs et les candidats à l’exil peuvent d’ailleurs emmener leurs soucis de terrien avec eux. Problème, il n’y a pas vraiment de place pour les fainéants, les hypocondriaques ou les alcooliques lorsque la survie de toute la colonie est en jeu. Ces défauts, certains les ont depuis la Terre quand d’autres les développent sur place. Heureusement, il est possible de construire des bâtiments afin de « guérir » nos sympathiques colons. À mesure que la partie avance, Surviving Mars devient de plus en plus riche et de plus en plus complexe. Ainsi, et alors que notre colonie commence enfin à prendre de l’ampleur, il faut se mettre en quête d’un nouveau gisement de métaux. C’est tout un équilibre qu’il est important de retrouver… au plus vite.

Tous les gisements (béton, métaux, métaux rares et eau) disposent de quantités limitées et il convient donc de toujours surveiller leurs niveaux afin d’avoir rapidement une solution de repli. Lorsque le niveau de difficulté est faible, Surviving Mars est une partie de plaisir et les ressources ne manquent jamais vraiment. En revanche, tout devient beaucoup plus tendu si l’on part avec un capital amputé des deux tiers par exemple. Parvenir à monter une chaîne de production efficace n’a rien d’une mince affaire surtout qu’il suffit d’une petite tempête de poussière pour mettre à mal cette belle mécanique : les panneaux solaires ne fonctionnent plus, on manque alors d’électricité et si ce n’est pas l’usine de polymères qui s’arrête de tourner, ça peut être l’OXYME (production d’oxygène). Nos colons suffoquent alors très rapidement !

Dans la majorité des city builders, les catastrophes ont un petit quelque chose d’artificiel que l’on active pour rigoler un peu. Dans Surviving Mars, c’est une composante évidente du milieu qui nous entoure : on prend garde aux tempêtes de poussière donc, mais on se sent aussi tout à fait impuissant face aux météores et aux fissures qu’ils provoquent dans nos dômes… jusqu’à la découverte du laser SDM qui vient pulvériser ces cailloux sans le moindre risque ! Habile transition pour aborder la partie scientifique du jeu puisque Surviving Mars intègre quantité de technologies à découvrir. Là où les choses sont à la fois intéressantes et frustrantes, c’est que ces technos sont regroupées en 5 catégories, mais qu’à l’intérieur de chaque l’ordre n’est pas figé… si ce n’est pour l’ultime science de chaque. Il est donc possible de découvrir le réacteur à fusion bien avant d’en avoir besoin.

Nous l’avons dit, cela fait tout l’intérêt du jeu dans la mesure où le joueur doit constamment s’adapter au défi Surviving Mars. En revanche, cela peut aussi conduire à la frustration : on ne peut alors pas se dire que l’on va développer telle ou telle stratégie. Haemimont Games devrait proposer une option du type « recherche fixe » / « recherche aléatoire ». Qui sait, les modders seront peut-être bientôt sur le coup sachant que le studio a tout prévu pour retrouver l’esprit Cities Skylines avec un soutien affiché à la communauté et ses créations. Reste qu’en vanillaSurviving Mars a donc un peu le cul entre deux chaises et ce n’est pas la seule fois. Nous avons déjà évoqué les candidats à l’exil depuis la Terre. De manière assez surprenante depuis une planète bleue que l’on imagine surpeuplée, lesdits candidats ne se bousculent pas et un niveau de difficulté élevé peut même le limiter à quelques dizaines de colons.

Puisque nous parlons regrets, impossible de passer sous silence une incohérence dans l’écoulement du temps. Surviving Mars compte en Sol (normalement 25 heures), mais pour garder un certain rythme aux parties, ce Sol revient à un an. Même ainsi, le compte n’y est pas en ce qui concerne la durée de voyage d’une navette ou l’espérance de vie d’un colon. Haemimont Games constellant son jeu de références scientifiques, cette entorse est regrettable… Un handicap mineur pour un jeu qui propose une grande rejouabilité. Une seule partie peut occuper plusieurs dizaines d’heures selon votre frénésie à appuyer sur la touche pause : le jeu est en temps réel, mais on peut accélérer l’écoulement du temps ou mettre sur pause pour penser plus longuement des actions qui auront un impact sur la survie même de ces petits tas de pixels.

Ou acheter le jeu Surviving Mars, à quel prix et l’avis des joueurs

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Sources

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