« Une 9e planète se cacherait dans notre système solaire »

Qui eût cru que de superbes tapisseries médiévales puissent bouleverser l’astronomie contemporaine ? En effet, les comètes qui se baladent dans ces broderies âgées de près de mille ans pourraient transformer nos connaissances sur le Système solaire en nous dirigeant vers l’énigmatique neuvième planète. Elle erre quelque part aux confins de notre Système solaire, à l’insu des télescopes.

Des astronomes en sont convaincus : il existe une neuvième planète dans les confins du Système solaire. C’est ce qu’indiquent, selon eux, les orbites particulières de plusieurs objets de la ceinture de Kuiper et aussi de la planète naine Sedna, au-delà de Neptune. Les calculs lui donnent une masse comprise entre 5 et 10 fois celle de la Terre. Ce serait une géante de glace, à l’instar de Neptune. Elle serait actuellement dans la région de son orbite très elliptique la plus éloignée du Soleil. Il lui faudrait entre 10.000 et 20.000 ans pour boucler son orbite autour du Soleil.

Elle pourrait être élevée au statut très convoité de neuvième planète du Système solaire si elle daignait se montrer. Pourtant, une hypothétique géante glacée, dix fois plus massive que la Terre et vingt fois plus éloignée du Soleil que Neptune, persiste à esquiver les astronomes. Insaisissable, on suppose qu’elle existe car sa présence pourrait expliquer les orbites chaotiques de certains astéroïdes de la ceinture de Kuiper.

De même, elle devrait aussi influencer la trajectoire des comètes, ces « étoiles aux longs cheveux » qui suscitaient peur et émerveillement parmi nos ancêtres au Moyen-Âge. Marqués par ces phénomènes astronomiques, ces derniers ont consigné leur passage dans les tapisseries et les manuscrits. Ils n’auraient jamais pu imaginer que cela aiderait les astronomes d’aujourd’hui à traquer la planète neuf… Par chance, des chercheurs à l’université Queen’s de Belfast, en Irlande du Nord, ont su voir le potentiel de ces archives historiques.

La comète de Halley, qui a traversé le ciel médiéval en 1066, est représentée sur la très célèbre tapisserie de Bayeux. Les observations de comètes décrites dans les broderies médiévales comme celle-ci sont des données précieuses, exploitables de nos jours par les astronomes pour tester l’hypothèse d’une neuvième planète. ©️ Wikimedia Commons.

Les comètes pourraient trahir la présence d’une planète neuf

De façon tout à fait inédite, la médiéviste Marilina Cesario et l’astrophysicien Pedro Lacerda se sont associés pour porter un projet de recherche transdisciplinaire, appelé « Avant et après Halley : perspectives médiévales sur la science moderne ». Leur objectif est double : trouver une preuve supplémentaire de l’existence d’une planète et valoriser les savoirs du Moyen-Âge, trop souvent discrédités. Mais comment exploiter des données âgées de près d’un millénaire pour étudier une théorie du XXIe siècle ?

Il se trouve que les observations de comètes ont été datées et décrites en lien avec des événements historiques importants, ce qui s’avère maintenant très utile pour les astronomes. « Nous pouvons prendre les orbites des comètes connues actuellement et calculer la date à laquelle ces comètes ont pu être visibles dans le ciel au Moyen-Âge », explique en effet Pedro Lacerda, dans des propos rapportés par Live Science. « La date exacte dépend de ce que nos simulations incluent la planète neuf. » Autrement dit, les observations de comètes au Moyen-Âge peuvent permettre de déterminer quelles simulations informatiques correspondent le mieux à la réalité : celles qui prennent en compte la planète neuf ou celles ne l’incluant pas.

Sources

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