« La Chine est de retour sur la Lune »

Dimanche 20 mai 2018, la Chine a lancé avec succès une mission à destination de la Lune, la première depuis presque 5 ans. Ce satellite servira de relais de communication à l’atterrisseur et au rover qui doivent se poser, pour la première fois dans l’histoire spatiale, sur la face cachée de notre satellite.

Dans quelques jours, la Chine sera de retour sur la Lune : une fusée Longue Marche-4C a en effet décollé à 05h28 (soit à 23h28 dimanche 20 mai 2018, heure de Paris) depuis la base de lancement de Xichang (Sichuan) en emportant le premier volet de la mission Chang’e 4. Celle-ci prévoit de poser en fin d’année un atterrisseur et un rover sur la face cachée de la Lune. Une première (si l’on excepte la chute involontaire de la sonde américaine Ranger 4 en 1962) ! Dans un premier temps, les Chinois vont donc installer autour de la Lune un satellite de communication, qui relaiera vers la Terre les données transmises depuis cet hémisphère à la géologie unique. Ce satellite a été baptisé, en avril 2018, Queqiao (pont de pies) en référence à un mythe chinois dans lequel deux amoureux, séparés par la Voie lactée, sont réunis chaque année pour un jour par un pont formé par une nuée de pies. Il devrait atteindre sa destination dans 8 à 9 jours.

L’engin spatial de 425 kg, développé par l’Académie chinoise de technologie spatiale (CAST), sera installé sur une orbite très particulière, à 65.000 km de la Lune, une région gravitationnellement stable d’où il pourra communiquer à la fois et de manière continue avec les stations au sol terrestre et les deux engins posés sur la face cachée de la Lune. Queqiao devrait servir dans le futur à d’autres sondes de la communauté internationale.

La mission chinoise va nous ouvrir une fenêtre d’observation inédite sur les planètes et le Soleil

Vue d’artiste des trois composantes de la mission Chang’e 4. 

Equipé d’une antenne radio développée par les Pays-Bas, il devrait également servir pour l’enregistrement de signaux astronomiques à basse fréquence, celles-là même qui nous sont inaccessibles depuis la Terre, car bloquées par l’atmosphère. Cela devrait nous ouvrir une fenêtre d’observation inédite sur les planètes et le Soleil, et permettre de remonter le temps jusqu’à cette période appelée « âge sombre de l’Univers », avant la naissance des étoiles.

Le deuxième volet de la mission Chang’e 4 devrait quitter la Terre à la fin 2018

Seront également du voyage deux microsatellites développés par l’Institut technologique de Harbin. Baptisés Longjiang-1 et Longjiang-2 (dragon de rivière), les engins jumeaux de 45 kg chacun, opéreront sur une orbite elliptique allant de 200 à 9.000 km autour de la Lune. Ils transportent une charge utile de radioastronomie comportant deux antennes de radioastronomie basse fréquence, qui utiliseront la lune comme bouclier pour ne pas être pollués par les émissions radio de la Terre. Ils sont enfin équipés l’un et l’autre d’une caméra micro-optique développée par l’Arabie Saoudite et d’un système de radioamateurs. Il s’agit surtout de vérifier ces techniques en vue de futures missions.

Le deuxième volet de la mission Chang’e 4 devrait quitter la Terre en fin d’année. Il est composé d’un atterrisseur et d’un rover, qui étaient les engins de secours construits en même temps que ceux de la mission Chang’e 3, qui s’est posé avec succès sur la Lune en 2013. Cette réussite a permis d’imaginer une nouvelle mission lunaire, qui doit se poser dans le bassin du pôle Sud-Aitken, le plus grand bassin d’impact de la surface de la Lune et du système solaire, avec 2.500 kilomètres de diamètre pour environ 13 kilomètres de profondeur. Une région intrigante qui devrait permettre de mieux sonder les profondeurs lunaires.

En réalité, c’est toute la face cachée lunaire qui suscite des interrogations scientifiques, car elle est très différente de celle de la face visible : moins de grands cratères, quasiment aucune mer et une activité volcanique récente à l’échelle géologique. Il sera également menée une expérience de « mini-biosphère lunaire » contenant des semences de pommes de terre (future nourriture des bases lunaires ?) et d’arabidopsis, ainsi que des œufs de vers à soie. Ce seront les premières expériences biologiques réalisées sur la Lune. Une caméra surveillera et retransmettra les (éventuelles) étapes de germination. La température, l’humidité et les apports nutritifs devront être régulés pour mener à bien cette ambitieuse expérience conçue par 28 universités chinoises. Chang’e 4 devrait être suivie, en 2019, par une mission de retour d’échantillon.

Sources

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