« Quel est l’avenir pour le bitcoin ? »

Les crypto-monnaies font de plus en plus parler. Pour certains, ces nouvelles devises sont vouées à l’échec, mais pour d’autres, elles représentent l’avenir. Le grand spécialiste québécois du Bitcoin, Jonathan Hamel, appartient à la deuxième catégorie. 

Pour ceux et celles qui n’en ont jamais entendu parler, les crypto-monnaies sont des nouvelles devises qui reposent entièrement sur le système informatique. C’est probablement ce qui explique pourquoi elles semblent si mystérieuses…

Contrairement aux devises traditionnelles régulées par les États, les crypto-monnaies ne dépendent d’aucune banque centrale. Elles sont gérées par des individus partout dans le monde qui en possèdent une certaine quantité.

Les membres de ces réseaux sont un peu comme les actionnaires d’une entreprise: tous ont intérêt à ce que la valeur de leur monnaie reste élevée.

Parmi les principales crypto-monnaies, on retrouve le Bitcoin, l’Ethereum, le Ripple, le Steller, le Cardano et le Litecoin, pour ne nommer que celles-là.

Des devises numériques controversées

Mais parmi toutes les crypto-monnaies, le Bitcoin est de loin le plus connu, et surtout le plus critiqué à l’heure actuelle. Cette semaine, l’ancien PDG de l’entreprise PayPal, Bill Harris, affirmait publiquement que la devise était sans utilité. Harris a parlé d’un véritable «culte» du Bitcoin, une monnaie appelée selon lui à disparaître.

Jonathan Hamel, résident de l’Académie Bitcoin basée au Québec, chercheur associé à l’Institut économique de Montréal a d’abord tenu à clarifier une chose: le Bitcoin s’apparente davantage à une commodité qu’à une monnaie. Concrètement, cela veut dire que le Bitcoin a plus à voir avec l’or qu’avec l’euro ou le dollar américain. Son évolution sur les marchés montrerait que la devise peut être comparée à l’or, au pétrole et aux réserves de grain. M. Hamel parle d’un «or 2.0».

Jonathan Hamel pense que la grande innovation des créateurs du Bitcoin a été de lancer une monnaie entièrement décentralisée, qui existe seulement en quantité limitée. Il précise que le système qui gère les transactions entre les membres du réseau est aussi complètement nouveau: il s’agit de la fameuse «chaîne de blocs» (blockchain en anglais). Ce mode de fonctionnement est censé garantir la sécurité et la transparence des transactions.

Le grand avantage du Bitcoin, c’est que sa valeur ne peut être augmentée arbitrairement. De cette manière, la crypto-monnaie s’harmoniserait parfaitement au libre-marché. Un point de vue qui reflète une nette préférence pour la mondialisation économique. De fait, l’univers du Bitcoin prend la forme d’un «réseau privé transnational».

Le Bitcoin: une devise rare, transparente et décentralisée

Au départ, les inventeurs du Bitcoin ont voulu concevoir une ressource financière que seuls ses propriétaires pourraient administrer. Un objectif qui semble avoir été atteint.

Le Bitcoin est un «réseau transactionnel qui fonctionne complètement en dehors des structures monétaires et bancaires traditionnelles». L’investisseur et chercheur québécois retrace pour nous l’origine de cette devise:

«Le Bitcoin a été créé fin 2008, début 2009, suite à la crise financière. C’est une ressource qui a été conçue par des gens qui s’intéressaient d’abord à l’informatique, mais qui s’intéressaient aussi, voire surtout à des questions de protection de la vie privée. Sans dire que ces personnes avaient un côté anarchiste, on peut dire qu’elles se méfiaient un peu de l’État. Le Bitcoin est une monnaie naturelle, dans le sens qu’elle ne relève pas de mécanismes artificiels d’intervention.»

Jonathan Hamel s’étonne de voir que le Bitcoin suscite autant de méfiance. D’ailleurs, il croit que les gens surestiment l’impact de la devise sur l’économie mondiale. «Pourquoi un tel tir groupé?», s’interroge l’expert, alors que le Bitcoin serait encore «très petit». Nous en serions encore au stade de l’expérimentation.

«C’est surprenant de voir qu’il y a une telle objection à une chose qui selon plusieurs ne fonctionne tout simplement pas. Si le Bitcoin est voué à l’échec, alors pourquoi lui accorder autant de temps et d’énergie? Le Bitcoin, c’est d’abord et avant tout une idée. Évidemment, la devise peut changer des façons de faire, mais il ne faut pas être trop alarmiste», a affirmé Jonathan Hamel en entrevue.

Même s’il les juge exagérées, Jonathan Hamel comprend toutefois les réticences des acteurs politiques et économiques opposés au Bitcoin. M. Hamel est conscient que cette ressource fait directement concurrence aux devises nationales des États, ce qui n’est pas sans conséquence. En ce sens, les crypto-monnaies affaiblissent les gouvernements.

Par contre, M. Hamel estime que le Bitcoin n’a pas besoin de remplacer les monnaies nationales pour être un succès. «Le Bitcoin pourrait cohabiter avec les monnaies traditionnelles», a conclu l’expert. Dans tous les cas, l’évolution des crypto-monnaies est à suivre.

Sources

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