« Le rover Opportunity se réveillera-t-il ? »

Quid de la tempête globale qui a obligé Opportunity à plonger en hibernation ? Le vaillant rover, actif depuis plus de 14 ans, va-t-il se remettre de ce long sommeil ? L’équipe qui s’en occupe a de bonnes raisons d’être optimiste. Pour garder le moral, ils diffusent tous les matins des chansons.

Le soir, quand on admire Mars au regard de braise — une braise particulièrement étincelante cet été —, tout paraît calme et paisible là-bas, à quelque 61 millions de kilomètres de la Terre. C’est bien sûr une illusion car la Planète rouge est en train d’essuyer une de ces immenses tempêtes de poussière dont elle a le secret. Elle a commencé modestement fin mai sous la forme d’un petit front nuageux mais, en quelques jours, elle s’est considérablement développée jusqu’à englober toute la planète. Sous les yeux ébahis des orbiteurs, la surface de Mars s’estompait sous un voile de poussière. Des images très impressionnantes.

Bonne nouvelle toutefois : la tempête est en train de s’essouffler. Doucement, les particules en suspension retombent sur la surface. Et avec leur chute, l’espoir renaît dans l’équipe d’Opportunity que le rover appelle à nouveau sa maison, la Terre. Pour l’instant, toutefois, le ciel au-dessus du robot ne s’est pas encore assez dissipé. Pour Opportunity, la lumière du Soleil est vitale — contrairement à Curiosity, en activité à plusieurs milliers de kilomètres de là — car il en a besoin pour recharger ses batteries.

Hélas, la tempête a tellement assombri le ciel que le rover, faute d’un niveau d’énergie suffisant, s’est mis en hibernation. La dernière fois que les ingénieurs ont eu de ses nouvelles, c’était le 10 juin. Ce jour-là, l’opacité de l’atmosphère, mesurée par un indice appelé tau, était de 10,8 alors que la moyenne est de 0,5. Pour le ranimer, ils estiment que cet indice doit rester au-dessous de 2,0. Or, actuellement, d’après les estimations basées sur les observations de la sonde MRO du site du rover, tau a certes bien baissé mais il reste encore supérieur à 2,1 (avec des pics à 2,5). Il faut encore patienter…

À gauche, Mars en mai et à droite, Mars en juillet. Les images sont de la sonde MRO (Mars Reconnaissance Orbiter). © Nasa, JPL-Caltech, MSSS 

D’abord, comme nous l’avons évoqué, le ciel est en train de s’éclaircir au-dessus de sa tête. Ensuite, le solstice d’été approche, ce qui promet de longues journées ensoleillées. Et aussi plus de chaleur. Entre parenthèses, c’est d’ailleurs le réchauffement du printemps austral qui a déclenché cette tempête planétaire.

La chance pour le rover dans son malheur est que la poussière entraînée dans la fine atmosphère agit un peu comme une couverture qui empêche les températures nocturnes de descendre trop bas. L’équipe est d’autant plus confiante qu’elle sait que les batteries du rover sont plutôt en très bon état. Il a donc pu faire assez chaud pour que le rover survive.

Mais, comme l’équipe l’explique, même si Opportunity redonne des signes de vie, il est fort probable qu’il soit sonné après ces 90 jours (et peut-être plus) sans activité, un peu comme un patient qui sort de plusieurs mois de coma. Une fois réveillé, les ingénieurs redoutent d’ailleurs qu’il ne soit plus le même, ou du moins que son horloge interne soit déréglée. Et, de ce fait, ne sachant plus quelle heure il est, il peut manquer ses rendez-vous pour échanger avec les Terriens. Heureusement, il pourrait se repérer dans le temps grâce au soleil.

Il faudra sans doute un long rétablissement

Parmi les défaillances possibles auxquelles s’est préparée l’équipe, il y a le mode « uploss » où le rover, faute de recevoir de messages de la Terre, établit un diagnostic de ses éléments et tente d’établir un contact de différentes façons. Ils redoutent beaucoup que la qualité des batteries se soit dégradée, ce qui serait gênant pour la suite (surtout pour ses radiateurs, très énergivores, en hiver).

Si tout va bien, enfin disons que si Opportunity donne des nouvelles, les ingénieurs prendront le temps bien sûr de tout vérifier et de remédier aux éventuelles défaillances. Quand pourra-t-il reprendre la route ? Sans doute pas avant des semaines. Pour l’instant, toute l’équipe croise les doigts, continue de diffuser des chansons et parie sur la période où il va se réveiller : entre fin août et mi-septembre, espèrent-ils. Tout le monde tend l’oreille, 24 heures sur 24.

Les chansons de la playlist de la Nasa pour Opportunity

  • Wake Me up Before You Go-Go — Wham!
  • The Trooper — Iron Maiden
  • Dust in the Wind — Kansas
  • Here Comes the Sun — The Beatles
  • Rocket Man — Elton John
  • Everlong — Foo Fighters
  • Times Like These — Foo Fighters
  • Bohemian Rhapsody — Queen
  • Space Oddity — David Bowie
  • Life On Mars ? — David Bowie
  • Alive — P.O.D.
  • Telephone Line — Electric Light Orchestra
  • Don’t Look Back — Boston
  • Keep Yourself Alive — Queen
  • I Will Survive — Gloria Gaynor
  • (We’re Gonna) Rock Around the Clock — Billy Haley & His Comets
  • I Won’t Back Down — Tom Petty
  • Gold Heart Locket — Sam Bush

Sources

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