« Une créature marine peu connue rend perplexes les chercheurs ! »

Des chercheurs australiens ont enregistré pour la première fois dans l’océan Austral la présence d’un concombre de mer rose, qui jusqu’à aujourd’hui n’avait été aperçu que dans le golfe du Mexique. Pourquoi cette découverte est-elle importante et de quel animal s’agit-il ?

Un groupe de recherche australien a enregistré pour la première fois dans l’océan Austral un concombre de mer rose (Enypniastes eximia), surnommé «monstrueux poussin sans tête». La vidéo a été diffusée sur le site de la Division antarctique australienne.

D’après les scientifiques, jusqu’à cette découverte le concombre de mer n’avait été observé que dans le golfe du Mexique.

Il a été enregistré par un nouveau système de caméras sous-marines qui servent à recueillir les informations pour la Commission de la Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR). Cette commission inclut des membres de 25 pays, Australie y compris.

Cette commission a été fondée en 1982 en réponse à l’intérêt commercial croissant pour les ressources du krill antarctique, pierre angulaire de l’écosystème antarctique, et à l’exploitation excessive de plusieurs sources maritimes de l’océan Austral les années précédentes.

«Certaines images sont à couper le souffle. Nous pouvons voir des espèces jamais aperçues dans cette région. Et surtout, les caméras apportent des informations importantes sur les zones du fond marin», explique Dirk Welsford, directeur du programme de la Division antarctique australienne.

Le boîtier qui protège la caméra et l’électronique est extrêmement solide.

«Nous avions besoin d’un objet pouvant être jeté depuis un navire et capable de fonctionner efficacement sous forte pression à de grandes profondeurs pendant une longue période», précise Dirk Welsford.

Les données recueillies seront présentées lors de la réunion annuelle de la CCAMLR qui se tiendra du 22 octobre au 2 novembre à Hobart, capitale de la Tasmanie.

Gillian Slocum, représentante de la CCAMLR en Australie, note l’importance de la protection contre les différents habitants marins de l’océan Austral, «y compris les espèces commercialement sollicitées dont la pêche doit être rigoureusement contrôlée pour les futures générations».

«L’Australie demandera de nouveau un soutien pour la création d’une nouvelle Région marine antarctique orientale protégée, annonce-t-elle. L’océan Austral est le foyer d’un nombre incroyable de différents animaux marins.»

«Le poussin sans tête» a été filmé à une profondeur d’environ 3 km à proximité des îles Heard. Les chercheurs ont reconnu n’avoir jamais rencontré de tels spécimens dans cette zone et qu’il s’agissait de «l’une des plus étonnantes créatures jamais vues».

Le concombre de mer rose vit à une profondeur pouvant aller jusqu’à 5 km, plus près du fond ou des récifs de corail. Il est possible de le rencontrer dans tous les océans.

Grâce à une multitude de membranes transparentes recouvrant leur corps, les concombres de mer roses sont capables de nager dans l’eau sur un kilomètre sans remonter à la surface.

Savoir nager est un gage de survie pour eux, et leur donne la possibilité de se déplacer dans les zones plus riches en nourriture.

Les concombres de mer roses trouvent leur nourriture aussi bien dans le fond marin que dans l’eau. L’eau riche en sédiments, poussée par les tentacules, passe de la gorge directement dans le tube digestif, et tous les excès ressortent à l’extérieur à travers le cloaque. Hormis la défécation, le cloaque contrôle les processus de reproduction et de respiration.

Le concombre de mer rose se multiplie en été en projetant des substances sexuelles dans l’eau. Les larves nagent dans le plancton pendant 10-14 jours avant de se déposer au fond.

Pour se protéger des prédateurs, ils utilisent un moyen assez insolite: ils larguent leur peau lumineuse qui, se désintégrant en particules, se colle aux yeux et au corps de l’assaillant. Les pertes de peau se rétablissent en 3-4 jours.

Au total, la classe des concombres de mer — holothurie — compte plus de 1.000 types.

Les fossiles les plus anciens d’holothurie se rapportent au Silurien, il y a plus de 400 millions d’années.

Certains types d’holothuries, notamment parmi les classes Stychopus et Cucumaria, sont consommés sous le nom de tripang. En Chine et dans les pays d’Asie du Sud-Est, c’est même un mets gastronomique. Ils sont servis frais ou secs avec du poisson et des légumes. Leur pêche la plus active se déroule près des côtes du Japon, de la Chine, de l’archipel Malaisien et dans le sud du Pacifique. L’holothurie est également pêchée en Extrême-Orient russe.

Les toxines produites par les holothuries présentent un intérêt pour la pharmacologie. Elles sont également utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise. Les pêcheurs des îles de l’océan Pacifique utilisent les tubes de Cuvier toxiques (organes internes dont la vocation n’est pas encore définitivement connue) pour pêcher certains types de poissons.

Sources

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