La Chine déclare avoir réussi à faire pousser du coton sur la Lune. Malheureusement, le froid est passé par là.

Est-il possible de faire germer une graine ailleurs que sur la Terre ? Oui, si toutefois les conditions environnementales sont favorables. C’est ce que vient de constater la Chine — et à travers elle, le monde entier — avec la mission Chang’e 4, puisque celle-ci a mené dès son arrivée sur la face cachée de la Lune une expérience scientifique spectaculaire : faire pousser des végétaux.

Dans un caisson spécial, à l’abri des radiations extérieures et des variations extrêmes de température, les scientifiques avaient placé du coton, du colza, de la levure, de la pomme de terre et une arabette, à l’état de graines, pour observer leur évolution sur la Lune. Une température constante de 25°C avait été fixée à l’intérieur et les besoins en eau, en lumière et en nutriments étaient assurés.

Le compartiment contenait même des œufs de mouches, afin de recréer sur la Lune une mini biosphère. Ce cercle de la vie devait ainsi permettre que chacun puisse se nourrir de l’autre. Voilà en tout cas pour la théorie. En pratique, les choses n’ont pas forcément tourné comme l’espéraient les scientifiques chinois, au grand dam des 28 universités qui ont contribué à la mise en place de ce projet.

Un froid insoutenable

En effet, l’expérience de botanique a pris fin ces jours-ci, après plus d’une dizaine de jours d’observation. La raison ? Le contenu du caisson a été soumis à des températures très basses, inférieures à -50°C, et a gelé. Tout est désormais mort à l’intérieur, à en croire la presse chinoise, et la décomposition débutera dès qu’il fera jour dans le cratère Von Kármán, là où se trouve l’atterrisseur.

Pourtant, l’expérience avait bien démarré. Selon l’agence de presse étatique chinoise Xinhua, le plant a bien émergé de la terre. Ce faisant, la Chine est devenue le premier pays au monde à faire pousser quelque chose sur un autre corps céleste que la Terre. Attention toutefois : les clichés qui circulent actuellement sur le net ne montrent manifestement pas le vrai plant sur la Lune, mais celui utilisé pour l’expérience témoin sur Terre.

Ces photos montrent la croissance supposée du coton  à différents intervalles, les troisième, quatrième et neuvième jours après l’alunissage de l’engin.

Il faudra donc attendre des explications complémentaires de l’Administration spatiale nationale chinoise, qui pilote la mission Chang’e 4. D’autant que, comme le fait observer le journaliste Andrew Jones, des informations données par le vice-président de l’Université de Chongqing, qui a dirigé le développement de l’expérience, apparaissent contradictoires ou imprécises.

Préparer les voyages lointains

Jusqu’à présent, il avait été démontré que des plantes pouvaient pousser en orbite terrestre. La Station spatiale internationale, qui se trouve à près de 400 km du plancher des vaches, a par exemple accueilli en son sein de nombreuses expériences de botanique spatiale. Certaines plantes ont même fait l’objet de culture en vue d’être consommées, ce qui a été fait par exemple en 2015 avec de la salade.

Ces expériences sont loin d’être fantaisistes : elles doivent évaluer la faisabilité de culture dans des environnements particuliers, mais contrôlés, afin de permettre aux équipages partant loin et longtemps dans l’espace de pouvoir subvenir à leurs besoins, plutôt que de compter sur des ravitaillements réguliers depuis la Terre. Pour espérer s’établir sur la Lune ou Mars, il faudra pouvoir produire sur place.

Ainsi, la culture de pommes de terre est l’une des pistes pour laquelle des biologistes et des botanistes fondent de grands espoirs. Des expérimentations de toutes sortes ont lieu pour l’instant sur Terre, pour estimer les chances de survie des patates sur Mars. Cela ne vous rappelle rien ? C’est de cette façon que Matt Damon parvient à tenir sur la planète rouge dans le film Seul sur Mars.

Sources

Réagissez à cet article en nous laissant un commentaire.

Profitez-en pour vous abonner  et suivre d’autres reportages tout aussi passionnants.