« Découverte d’une nouvelle superterre »

Une nouvelle superterre est tombée dans les filets de chasse des exoplanètes. Gliese 411b n’est qu’à seulement 8 années-lumière du Soleil, ce qui est de bon augure pour l’analyse de l’atmosphère qu’elle possède peut-être.

L’observatoire de Haute-Provence (OHP) qui, comme son nom le laisse deviner est situé dans les Alpes-de-Haute-Provence, a été pendant plusieurs décennies le plus important observatoire en Europe avant que l’ESO ne dispose finalement de ses désormais célèbres télescopes au Chili. Situé à Saint-Michel-l’Observatoire, près de Forcalquier et Manosque, sa prééminence était en grande partie due au télescope de 1,93 m de diamètre qui y a vu sa première lumière en 1958, mais aussi du fait que les observations y sont possibles pendant un très grand nombre de nuits tout au long de l’année, le mistral nettoyant le ciel nocturne très rapidement.

Le télescope de 1,93 m est toujours là. Il est devenu particulièrement célèbre, en 1995, lorsque Michel Mayor et Didier Queloz ont fait avec lui, et grâce au spectrographe Élodie, la découverte de la première exoplanète en orbite autour d’une étoile sur la fameuse séquence principale : 51 Pegasi b (on connaissait déjà une exoplanète en orbite autour du pulsar PSR B1257+12). C’est l’utilisation de la méthode des vitesses radiales qui a permis ce succès qui, sans nul doute, a fait entrer l’OHP dans l’histoire de l’Humanité.

Aujourd’hui, le grand télescope de 1,93 m apporte toujours ses contributions à la chasse aux exoplanètes et ce d’autant plus qu’il a été doté d’un spectrographe encore plus puissant en 2006 : Sophie. Nous en avons une nouvelle preuve avec l’annonce de la découverte par une équipe internationale d’astronomes de la troisième exoplanète la plus proche de notre Système solaire. C’est une superterre située à environ 8 années-lumière du Système solaire et elle est en orbite autour d’une naine rouge dans la constellation de la Grande Ourse, portant le numéro 411 dans le fameux catalogue Gliese-Jahreiss. Ce catalogue, du nom des astronomes Wilhelm Gliese et Hartmut Jahreiss, tente de lister toutes les étoiles situées à moins de 25 parsecs du Soleil, c’est-à-dire à moins de 80 années-lumière environ.

Gl 411b : une cible pour la prochaine génération de télescopes

Parmi les astronomes responsables de la découverte de l’exoplanète Gl 411b se trouve Xavier Delfosse, chercheur à l’Institut de planétologie et d’astrophysique de Grenoble (Ipag, Université Grenoble-Alpes/CNRS), qui avait accordé une interview à Futura au sujet des découvertes de superterre dans la Voie lactée. Il rappelle dans le communiqué du CNRS, accompagnant la publication d’un article dans Astronomy & Astrophysics disponible en accès libre sur arXiv, au sujet de Gl 411b que : « Des observations directes permettant de caractériser les planètes extraterrestres de type terrestre ne seront possibles dans les années à venir que si la cible est une des exoplanètes les plus proches de nous. Il est donc crucial aujourd’hui de découvrir nos plus proches voisins. » C’est d’autant plus nécessaire si l’on veut pouvoir faire l’analyse relativement poussée de la composition de l’atmosphère d’exoplanètes potentiellement habitables à la recherche de biosignatures. La tâche n’est en rien évidente comme l’avait expliqué, à Futura, l’astronome Franck Selsis au moment de la découverte des exoplanètes autour de Trappist-1.

Mais faisons un peu plus connaissance avec Gl 411b. Sa masse est estimée à environ trois fois celle de la Terre et elle boucle son orbite en environ 13 jours à seulement 0,08 UA, ce qui dans le Système solaire la placerait à une distance cinq fois plus proche de son étoile que Mercurene l’est de notre Soleil. Mais comme Gl 411 est une naine rouge dont la température de surface est plus froide (3.300 °C, contre 5.500 °C pour le Soleil), Gl 411b ne reçoit que 3,5 fois plus d’énergie que la Terre n’en reçoit du Soleil. Cela reste considérable de sorte qu’elle n’est pas dans la zone d’habitabilité et si elle possède une atmosphère, ce qui reste à démontrer, Gl 411b doit plutôt ressembler au monde infernal qu’est Vénus.

Nul doute qu’elle fera l’objet d’observations avec le télescope spatial James-Webb dans l’espace et plus tard avec l’E-ELT (European Extremely Large Telescope) au sol au cours des années 2020. Elles nous aideront à comprendre comment l’Univers observable peut passer du Big Bang au vivant

Sources

Réagissez à cet article en nous laissant un commentaire.

Profitez-en pour vous abonner  et suivre d’autres reportages tout aussi passionnants.
Publicités

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.