Si du temps de l’époque de John F. Kennedy, la NASA avait mis huit ans pour envoyer des Américains sur la Lune, le président Trump veut rééditer cet exploit mais dans des délais plus courts. Il a fixé à 2024 la date à laquelle deux astronautes, une femme et un homme, devront débarquer sur la Lune. Cinq années ne seront pas de trop pour tenir cet objectif. D’ici quelques jours, la NASA devrait dévoiler sa stratégie et sa feuille de route et expliquer comment elle compte y parvenir en s’appuyant sur la technologie existante.

Fin mars, le vice-président Mike Pence, qui préside le Conseil national de l’espace, a fixé comme objectif à la NASA de faire atterrir des hommes sur la Lune d’ici 2024, alors que le calendrier initial prévoyait 2028. Si de nombreux experts doutent de la capacité de la NASA à tenir cet objectif, en raison des retards du développement du lanceur qui doit servir pour les missions lunaires et d’un budget contraint, Bill Gerstenmaier, l’administrateur adjoint de la NASA pour l’exploration humaine et les opérations, veut croire que cela est possible.

Il y a quelques jours, il a présenté les prémices d’un plan technique qui pourrait permettre à deux Américains, un homme et une femme, de débarquer sur la Lune en 2024, à condition que le Congrès accepte d’augmenter le budget de la NASA. Cela dit, réaliser cet objectif dans les délais aussi courts ne « sera pas facile et pas sans risque », a-t-il précisé. On veut bien le croire. À cinq ans de l’échéance, rien n’est prêt ! Ni le lanceur, ni le véhicule et ni le module nécessaire pour se poser sur la Lune et en décoller ! Cette première mission habitée sur la Lune – depuis les derniers pas des astronautes d’Apollo 17, Eugene Cernan et le géologue Harrison Schmitt (décembre 1972) – sera minimaliste avec un séjour sur la surface d’une très courte durée.

Ce plan prévoit trois missions du lanceur lourd SLS (Space Launch System) et du véhicule spatial Orion :

  • EM1 : vol d’essai en 2020 du SLS et d’Orion dans sa configuration opérationnelle mais sans équipage. Au cours de cette mission, le véhicule sera mis en orbite autour de la Lune ;
  • EM2 : vol de démonstration avec équipage avec une mission autour de la Lune (2022) ;
  • EM3 : mission habitée à destination de la Lune avec atterrissage (2024).

Pour envoyer ses astronautes sur la Lune, la NASA aura besoin d’autres éléments spatiaux que le véhicule spatial Orion qui n’est pas conçu pour se poser sur la Lune et en décoller. Un module de transfert sera nécessaire et pourrait être fourni par une entreprise privée. Il faut savoir qu’actuellement neuf entreprises sont engagées dans la réalisation d’engins spatiaux pour la fourniture de services de transport et d’alunissage de charge utile sur la Lune dans le cadre de contrats commerciaux. La NASA pourrait donc décider d’adapter ces contrats à la fourniture d’un service de transport humain entre la Lune, Orion ou la future petite station spatiale lunaire et les élargir à d’autres industriels.

Incertitude sur le rôle de la future station lunaire

En fonction de l’état d’avancement de la construction de cette future station lunaire, plusieurs options sont à l’étude pour l’utiliser lors de cette mission habitée sur la Lune. Cet avant-poste pourrait servir de station de secours, de base pour le module d’atterrissage lunaire, voire ne pas être utilisé.

Quant à son coût, la NASA n’a pas souhaité avancer un quelconque chiffre. Elle attend pour cela finaliser sa feuille de route. Cela dit, Bill Gerstenmaier a tenu à préciser que les coûts ne seront pas aussi élevés que les 8 milliards de dollars par an et pendant cinq ans avancés par certaines rumeurs. Selon des experts, le budget complémentaire avoisinerait les 3 à 5 milliards de dollars par an, jusqu’en 2024.

Sources

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