Huawei fait face à une des plus grandes crises de la tech et vous êtes nombreux à nous demander si les autres marques et groupes chinois, comme Xiaomi, Oppo (OnePlus), HMD (Nokia), Lenovo (Motorola), TCL (Alcatel)… vont-ils finir par suivre les traces de Huawei ? Difficile de vous donner une réponse, nous ne le savons pas, mais nous avons tout de même des éléments de réponses.

La crise que rencontre le groupe Huawei, premier fabricant d’équipements de télécommunication et deuxième fabricant de smartphones dans le monde, est un sans-précédent et sûrement une des plus grandes crises du marché des nouvelles technologies. Nous avons connu de nombreuses affaires antitrust, des très gros procès, des smartphones qui prenaient feux, l’affaire Cambridge Analytica… mais l’affaire Huawei – USA nous fait entrer dans une guerre froide économique d’une rare intensité. Seul le temps nous permettra de savoir quelles en seront les conséquences. Jusqu’à présent, Huawei a annoncé qu’ils poursuivraient ses mises à jour — sur la base des mises à jour de sécurité de base, et non sur ses systèmes ou services — de ses produits et de son service après-vente, ils ont également fait valoir qu’ils lanceraient toutes les mesures juridiques possibles pour défendre leurs droits.

Seul le temps nous permettra de savoir quelles en seront les conséquences

Pendant ce temps, vous êtes nombreux à nous demander si les autres marques et groupes chinois, comme Xiaomi, Oppo, OnePlus, Lenovo, Alcatel, Motorola, Nokia… vont-ils finir par suivre les traces de Huawei ? 

Parmi les plus groupes mondiaux qui fabriquent des smartphones, on retrouve une flopée de groupes chinois : Huawei, Xiaomi, Vivo, Oppo, Lenovo, ZTE, TCL, HMD… et finalement assez peu de groupes internationaux (Apple, Samsung, LG, Google, Sony…). Ce qui a changé depuis quelques jours, c’est que dans la liste publiée par le Bureau de l’industrie et de la sécurité (BRI) — les membres de cette liste sont considérés par le gouvernement américain comme des risques pour la sécurité nationale — le nom de Huawei a été ajouté. Le groupe chinois est considéré comme suspect dans des affaires d’espionnage, bien que les États-Unis n’ont fourni jusqu’à maintenant aucune preuve.

Si votre entreprise intègre cette liste noire, il sera ensuite très compliqué de travailler avec une entreprise américaine. C’est ce qui a poussé Google, Intel, Qualcomm et bien d’autres à rompre leurs contrats en cours avec Huawei. Si cela se confirme, après les 3 mois de sursis, le groupe chinois devra systématiquement obtenir une autorisation pour chaque contrat passé avec une entreprise américaine. Et encore, c’est quasi-impossible d’avoir cette fameuse autorisation si vous êtes sur la liste noire.

Une différence substantielle entre Huawei et les autres groupes chinois

Il existe une différence substantielle entre Huawei et les autres groupes chinois : l’activité principale de Huawei n’est pas seulement la vente de smartphones, mais c’est aussi le déploiement d’infrastructures de télécommunication, avec évidemment l’objectif d’être le leader de la 5G. Depuis quelques mois, les États-Unis sont convaincus des intentions d’espionnage, que Huawei a toujours démenties, ils ont donc tout fait pour compliquer la tâche de Huawei.

Le géant chinois a perdu ses contrats avec les opérateurs américains et a ensuite décidé de n’avoir plus qu’une faible présence sur le marché américain. Les États-Unis ont également mis la pression sur l’Europe, en insistant auprès de ses plus proches alliés : le Royaume-Uni, la Pologne, l’Italie… Les États-Unis craignaient de donner le contrôle de l’infrastructure de télécommunication aux groupes chinois qui doivent se plier aux lois d’un régime non démocratique. Les États-Unis ont également profité des accords commerciaux entre ZTE et Huawei avec des pays comme l’Iran et la Syrie pour justifier la mise en place de sanctions économiques.

Même si le risque existe, il semble donc peu probable que les autres marques chinoises intègrent la liste noire américaine des personæ non gratæ.

Concernant les autres groupes chinois, ils ne sont pas équipementiers. De plus, ils collaborent avec des opérateurs américains, OnePlus (Oppo) avec T-Mobile, on retrouve également des produits de chez Motorola (Lenovo) mais aussi Alcatel et BlackBerry (TCL). Quant à Xiaomi, ils ne changeront pas leurs plans : Wang Xiang, vice président de Xiaomi, a réaffirmé en juillet 2018 sa confiance en l’arrivée du constructeur sur le marché américain : « aucune raison de s’inquiéter ». Même si le risque existe toujours, il semble donc peu probable que les autres marques chinoises intègrent la liste noire des personæ non gratæ aux États-Unis.

Sources

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