Le cratère d’impact de l’astéroïde aide à reconstituer la chronologie des événements qui ont entraîné la disparition massive des dinosaures. Des scientifiques ont résumé ce qui s’est passé, de quelques minutes à 24 heures après la collision.

Grâce au cratère d’impact de l’astéroïde qui a probablement décimé les dinosaures, les scientifiques ont reconstitué la chronologie des événements après cette collision il y a 66 millions d’années. Ils ont publié une étude dans la revue PNAS le 9 septembre 2019.

Les chercheurs ont minutieusement étudié des prélèvements du cratère de Chicxulub, situé au Mexique dans l’État du Yucatán, provoqué par la collision d’un astéroïde de plusieurs kilomètres de diamètre qui serait à l’origine de l’extinction massive des dinosaures. En 2016, un forage pour explorer les lieux a été organisé.

« Les impacts des astéroïdes et des comètes sont un processus géologique dominant sur les planètes rocheuses », soulignent les auteurs en préambule de leur étude. Plus loin, ils ajoutent que la formation de tels cratères lors d’un impact est « un processus extrêmement énergétique qui entraîne la formation de diverses couches à l’intérieur et l’extérieur des cratères ». L’étude de ces roches renseigne sur leur composition et sur la chronologie des événements qui ont pu se produire et rendre l’extinction Crétacé-Paléogène (le nom donné à l’extinction massive qui s’est alors produite) possible.

De quelques minutes à un jour après l’impact

À l’aide des prélèvement réalisés sur le site, les scientifiques ont pu analyser près de « 130 mètres de roches d’impact fondues et de brèches déposées dès le premier jour du Cénozoïque », l’ère géologique qui a commencé après l’extinction du Crétacé et dont le nom signifie « nouvelle vie ». Voici la succession d’événements qu’ils ont pu en déduire de cette analyse :

  • Quelques minutes après le choc, « les socles rocheux fluidifiés ont formé un anneau de collines », elles-mêmes recouvertes très vite sous une quarantaine de mètres de matière fondue et de brèches,
  • Il a fallu moins d’une heure pour que « les eaux de l’océan [inondent] le profond cratère par une échancrure nord-est » ce qui a ajouté une couche supplémentaire de 90 mètres,
  • En un jour, « un tsunami a déposé des matériaux provenant de rivages lointains, notamment du charbon », poursuivent les scientifiques.

La présence de ce charbon, ainsi que l’absence de soufre dans les roches permettent de confirmer que l’impact a entraîné d’importants incendies et a favorisé l’émission d’aérosols de sulfates. À leur tour, ces éléments ont contribué à « un refroidissement planétaire et à l’obscurité post-impact ».

Une chronologie plus complète

Les prélèvements ont été récupérés sur le site de l’impact entre avril et octobre 2016 lors de l’Expédition 364. Les recherches ont été menées par le Programme international de découverte des océans (IODP) et le Programme scientifique international de forages continentaux (ICDP). Plusieurs sections des carottes forées dans le cratère de Chicxulub ont été observées au microscope, pour comprendre les processus géologiques à l’œuvre juste après l’impact de l’astéroïde.

Selon les chercheurs, il s’agit de « l’enregistrement le plus complet et le plus étendu des conséquences immédiates de l’extinction Crétacé-Paléogène à ce jour ». En reconstituant de plus en plus précisément la chronologie de cet événement, les scientifiques pourraient mieux comprendre l’extinction massive survenue à cette époque et, peut-être, trancher d’épineux débats comme celui de savoir quel rôle ont pu jouer les volcans dans ce processus.

Sources

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