Si rien n’est fait pour atténuer les effets du réchauffement climatique, la température moyenne globale pourrait augmenter de 6,5 à 7°C en 2100, selon un nouveau rapport. Mais nous pouvons encore limiter la casse.

Une planète en surchauffe

Le réchauffement accéléré de la planète est un fait désormais avéré. Les cinq dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées depuis l’ère pré-industrielle. Un récent rapport nous apprenait également qu’il n’a jamais fait aussi chaud sur Terre depuis l’an 0. Et que cette période de réchauffement concerne 98% de la planète. Mais ce n’est que le début. Selon une récente étude menée par des chercheurs français, si rien n’est entrepris immédiatement pour tenter de ralentir nos émissions de gaz à effet de serre, les températures mondiales pourraient augmenter de 7 C° d’ici 2100. C’est 1°C de plus que ce qui avait été suggéré auparavant.

C’est la projection la plus pessimiste des deux nouveaux modèles climatiques signés du Centre national de recherches météorologiques (Météo-France/CNRS), et de l’Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL). Des données qui devraient prochainement alimenter le sixième rapport d’évaluation du Giec, prévu pour 2021. Notez que dans ce scénario, notre croissance économique reste alimentée par des énergies fossiles. Autrement dit, nous continuons de creuser le trou dans lequel nous sommes en train de tomber.

Une vision plus “optimiste”

Selon les chercheurs, nous pourrions tout de même limiter les dégâts et rester tout juste sous la barre des 2°C de réchauffement fixée par l’accord de Paris de 2015. Ce scénario implique en revanche une coopération internationale sans précédent, donnant la priorité au développement durable. Ces mesures, si elles sont prises, permettraient d’assurer “une diminution immédiate des émissions de CO2 jusqu’à atteindre la neutralité carbone à l’échelle de la planète vers 2060, ainsi qu’une captation de CO2 atmosphérique de l’ordre de 10 à 15 milliards de tonnes par an en 2100“, peut-on lire dans le rapport.

Vagues de chaleur et précipitations

Nous savons par ailleurs qu’une augmentation des températures implique forcément une multiplication et une augmentation en intensité des épisodes caniculaires et de précipitations. Là encore, les décisions qui seront prises au cours de ces prochains mois influenceront la réponse de ces événements. Quoi qu’il arrive, les vagues de chaleur (comme cet été) seront plus nombreuses et plus intenses en France et en Europe de l’Ouest, “au moins pendant les deux prochaines décennies“. Ces évolutions “se différencient ensuite fortement après 2050 selon les scénarios et les trajectoires d’émissions associées“.

Concernant les précipitations, celles-ci continueront d’augmenter “dans une grande partie du Pacifique tropical, sur les mers australes et dans de nombreuses régions des moyennes à hautes latitudes de l’hémisphère nord“, peut-on lire. Comme l’ont déjà prédit les modèles précédents, la région méditerranéenne continuera de son côté à s’assécher. Tout comme les épisodes caniculaires, l’intensité de ces changements sera d’autant plus marquée dans le cadre du scénario impliquant des émissions de gaz à effet de serre élevées.

Des décisions vont donc devoir être prises. Et elles vont devoir être prises le plus vite possible. Car si nous voulons réellement atteindre ces objectifs, les émissions mondiales d’origine anthropique doivent obligatoirement commencer à ralentir à partir de 2020. “On joue tellement gros dans les 18 prochains mois“, soulignait il y a quelques semaines Sue Reid, vice-présidente de l’ONG américaine Ceres. Les responsables politiques, comme ceux du secteur privé, ont les cartes en main pour inverser la courbe des émissions carbone. Reste à voir ce qu’ils vont en faire.

Sources

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