En France, les 4 grands opérateurs disposent pour la 4G d’une licence pour plusieurs bandes de fréquence : mais à l’origine, chacun en a développé une en particulier, et celle-ci n’est pas forcément compatible avec tous les smartphones. Au moment de choisir, n’oubliez pas d’en tenir compte !

4 opérateurs et 5 bandes de fréquences

Depuis l’attribution des fréquences pour la norme LTE (c’est-à-dire la 4G) par l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes), les quatre grands opérateurs se partagent de nombreuses bandes de fréquence différentes.

Mais pour la 4G, celles-ci sont uniquement au nombre de 5 : la bande de fréquence B1 (correspondant à 2100 MHz), la bande B3 (1800 MHz), la bande B7 (2600 MHz), la B20 (800 MHz) et la B28 (700 MHz). Selon les supports, elles sont parfois indiquées ainsi : LTE 1 / LTE 7 etc. (LTE = Long Term Evolution, norme internationale de la 4G).

Aujourd’hui, tous les opérateurs n’utilisent pas de la même manière ces 5 bandes de fréquences et tous les smartphones ne fonctionnent pas sur toutes ces bandes de fréquences. Par conséquent, même si dans la plupart des cas le mariage opérateur/smartphone fonctionne, il existe aussi des cas de figure où opérateur et smartphone ne sont pas compatibles entre eux.

Avec la 4G, est-il devenu nécessaire d’allier le bon smartphone avec le bon opérateur pour bénéficier d’une connexion optimale ? La réponse est oui.

Fréquences 4G : qui fait quoi ?

En théorie, les quatre grands opérateurs français Orange, Free, SFR et Bouygues Telecom, sont normalement présents sur l’ensemble des fréquences utilisées pour la 4G. Mais en pratique, il existe quelques restrictions, notamment chez Free et SFR.

Free, par exemple, n’a pas de licence pour la bande de fréquence B20 et utilise à la place (depuis peu) la bande B28. À l’origine, cette bande de fréquence était attribuée à la TNT et encore peu de smartphones fonctionnent aujourd’hui à 700 MHz.

Chez SFR, c’est l’inverse : le réseau SFR utilise largement la bande de fréquence B20 (comme d’ailleurs Orange et Bouygues) et n’a aucun émetteur sur la bande de fréquence de 700 MHz. Là encore, attention à la compatibilité avec votre smartphone : la plupart des appareils destinés à l’origine au marché chinois, par exemple, ne vont pas fonctionner sur cette bande de fréquence.

Et ce n’est pas tout : dans le tableau ci-dessous, dont les chiffres sont issus des données les plus récentes de l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR), on constate qu’au niveau du nombre d’émetteurs en service, tous les opérateurs ne sont pas au même niveau selon les bandes de fréquences desservies. Free, par exemple, a clairement privilégié la bande de fréquence à 2600 MHz, alors que les autres opérateurs ont plutôt favorisé la bande de fréquence à 800 MHz.

Pour affiner ces résultats selon l’endroit où vous résidez ou travaillez, vous disposez d’un outil en ligne sur le site web de l’ANFR : il s’agit d’une carte interactive qui vous permet de déterminer le nombre de relais en action à un endroit particulier. Vous pouvez alors géolocaliser votre domicile et/ou votre bureau pour déterminer quel opérateur dessert le mieux cet endroit et quelle est la bande de fréquence utilisée. Le site antennesmobiles.fr peut également vous fournir de précieuses indications à ce sujet.

Côté smartphone 4G, quels sont les pièges à éviter ?

Nous l’avons vu, seuls certains cas de figure peuvent véritablement poser problème : mais avant d’acheter un nouveau smartphone, il vaut mieux vérifier les données auprès du distributeur ou du fabricant. On pourrait croire que si vous achetez votre smartphone auprès de votre opérateur, il sera optimisé pour le réseau que vous allez utiliser : mais certains (on ne citera pas de nom…) ont déjà été pris en flagrant délit de commercialiser des portables pas totalement compatibles avec leur propre réseau. En la matière, on ne peut donc se fier qu’à soi-même !

Seulement voilà, au chapitre « fréquences » les distributeurs se contentent souvent d’indiquer que l’appareil est quadri-bandes. Qu’est-ce que cela signifie ? Il faut savoir qu’au départ ce terme n’a rien à voir avec la 4G ou l’internet mobile et désigne uniquement les 4 principales fréquences GSM utilisées à travers le monde par les opérateurs de téléphonie mobile : 850MHz, 900MHz, 1800MHz et 1900MHz. Vous reconnaissez l’une des bandes de fréquence de 4G ? Bien vu ! En effet, celle-ci possède une utilisation mixte GSM (2G) et LTE (4G). Malheureusement, cette information fort intéressante pour les grands voyageurs, n’est pas d’un grand secours pour une utilisation optimale de la 4G.

Ce que vous devez chercher dans les caractéristiques techniques de l’appareil qui vous intéresse, figure généralement au chapitre réseau (en anglais : network). C’est son utilisation LTE (rappel : c’est la norme internationale correspondant à la 4G). Si vous lisez par exemple LTE B1/B3/B28 ou encore LTE 1/3/28, vous connaissez les 3 bandes de fréquences que votre appareil peut utiliser pour la 4G. Car il faut savoir aussi que selon l’endroit où vous êtes, les bandes de fréquences se chevauchent et changent. Plus votre appareil sera à même d’utiliser des fréquences différentes en LTE, meilleure sera votre connexion.

Quelle bande de fréquence pour la future 5G ?

La 5G va utiliser des ondes millimétriques, c’est-à-dire de nouvelles bandes de fréquences plus élevées. Dans un communiqué de presse publié en juin 2017, l’ARCEP annonçait s’engager dans les travaux préparatoires au lancement des réseaux mobiles 5G dans la bande des 3,460 à 3,800 GHz.

Ces ondes millimétriques, vu leur bande de fréquence élevée, ont deux caractéristiques : elles permettent des débits plus importants, mais elles ont aussi une portée plus courte. En effet, de manière générale, plus la fréquence est basse, meilleure est la portée et la capacité des ondes à traverser les murs des bâtiments. À l’inverse, plus la bande passante est susceptible d’être partagée par des utilisateurs plus nombreux.

La 5G promet déjà des débits mobiles bien supérieurs à l’ADSL fixe. Cependant, vous avez largement le temps de vous y préparer, car même si les tests ont déjà commencé en France, rien n’arrivera sur le marché avant fin 2019.

Sources

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