Les astronomes continuent d’étudier les roches sédimentaires martiennes trouvées par Curiosity au fond du cratère Gale et sur les flancs d’Aeolis Mons. Leurs résultats suggèrent que le cratère abritait autrefois des lacs salés qui ont peu à peu disparu avec l’assèchement de la planète il y a environ 3,5 milliards d’années.

Le cratère Gale est l’un des nombreux cratères d’impact qui jonchent le sol de la planète Mars. Il a ceci de particulier que l’on trouve en son centre, une montagne de plus de 5.000 mètres de haut baptisée Aeolis Mons — également connue sous le nom de Mont Sharp. Autre particularité : il a été choisi comme site d’atterrissage pour le rover Curiosity.

« Nous avons choisi le cratère Gale, car il conserve une trace unique de l’évolution de Mars », explique William Rapin, chercheur au California Institute of Technology (États-Unis). Ici, les sédiments ont d’abord rempli, couche par couche, le fond du cratère. Une fois les sédiments durcis, le vent a sculpté les roches superposées pour former Aeolis Mons, chaque couche des pentes de la montagne renfermant des indices d’une époque différente de l’histoire de la planète rouge.

Avec son équipe, William Rapin décrit aujourd’hui les lieux comme un paysage anciennement constitué d’étangs alimentés par des ruisseaux descendant des bords du cratère. Des étangs qui, au cours des millions d’années passées, se sont probablement plusieurs fois taris. Jusqu’à demeurer définitivement secs. Une description qu’il tient de l’analyse de roches enrichies en sels minéraux découvertes par Curiosity comme preuve de l’existence, ici, par le passé, d’étangs d’eaux saumâtres.

Des signes de l’assèchement de Mars

Car, lorsqu’un lac s’assèche complètement, il laisse derrière lui des piles de cristaux de sel pur. Mais, du côté de Sutton Island — une région explorée par Curiosity en 2017 — les sels minéraux sont mélangés à des sédiments. De quoi suggérer qu’ils se sont cristallisés dans un environnement humide.

« Mais, à mesure que Curiosity gravit les pentes de Mont Sharp, la tendance générale est à un paysage plus sec », raconte Ashwin Vasavada, chercheur au Jet Propulsion Laboratory de la NASA. Jusqu’alors, le rover avait surtout rencontré des couches de sédiments plates. Actuellement, il traverse une zone de couches inclinées par le vent ou par de l’eau qui s’est écoulée dans le passé. Des structures de type Teal Ridge que Curiosity a exploré l’été dernier.

« Ces structures marquent un changement majeur d’environnement. Le moment à partir duquel le paysage n’est plus complètement sous l’eau », explique Chris Fredo, spécialiste de l’étude des roches sédimentaires à l’université du Tennessee (États-Unis). Et même si les astronomes ignorent encore si cette zone argileuse a été façonnée par le vent ou par l’eau, se basant sur une région sulfatée plus en avant, ils sont désormais en mesure d’affirmer que « ce qui nous attend sera différent de ce que nous avons vu jusqu’à présent. »

Sources

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