En 2017, les quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin ont été arrêtés pendant trois mois à cause du risque de rupture d’une digue en cas de fort séisme. Celui de ce lundi 11 novembre 2019 était plus puissant que le séisme majoré de sûreté.

Le 27 septembre 2017, l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) avait ordonné à EDF d’arrêter provisoirement la centrale nucléaire du Tricastin en raison d’un risque de rupture d’une portion de la digue du canal du Rhône en cas de séisme.

Les experts craignent en effet une inondation qui pourrait conduire à une fusion du combustible nucléaire des quatre réacteurs, tout en rendant très difficile la mise en œuvre des moyens de secours internes et externes.

Le 25 juin dernier, l’ASN a de nouveau demandé un renforcement complémentaire de la digue du canal de Donzère-Mondragon et une surveillance accrue. EDF doit effectuer des travaux au plus tard fin 2022. Le risque d’inondation après un tremblement de terre reste donc la principale fragilité de la centrale, dont les installations sont conçues pour résister à un séisme très important.

Un séisme historique de magnitude 4,7

Le séisme majoré de sécurité (SMS) a été recalculé après la catastrophe de Fukushima au Japon. Il est supérieur au séisme maximal historiquement vraisemblable qui est censé se produire tous les 1000 ans en moyenne.

Il se base sur le tremblement de terre le plus intense de mémoire d’homme jamais recensé dans la région. Celui-ci s’est produit le 8 août 1873 avec une magnitude de 4,7 sur l’échelle de Richter. L’épicentre se situait à Châteauneuf-du-Rhône (Drôme) à 13 kilomètres de la centrale nucléaire du Tricastin.

Le tremblement de terre de magnitude 5,4 qui s’est produit ce lundi était donc plus puissant que le séisme majoré de sécurité de magnitude 5,2 qui a été retenu par l’Autorité de sûreté du nucléaire. Son épicentre se trouvait à 26 kilomètres de la centrale du Tricastin et à 23 kilomètres de la centrale de Cruas.

« Aucun dégât n’a été recensé sur l’ensemble des installations nucléaires du Tricastin », a indiqué la préfecture de la Drôme dans un communiqué.

EDF a réalisé en urgence des renforcements de la portion de la digue concernée pour assurer la résistance au séisme majoré de sécurité. L’ASN avait donné son accord au redémarrage des réacteurs en décembre 2017.

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