Aussi étonnant que cela peut paraître, et malgré sa proximité avec la Terre, depuis l’an 2000, seules deux missions spatiales ont visité Vénus. En 2006, la sonde de l’Agence spatiale européenne Venus Express a rejoint la planète pour une mission qui a duré jusqu’en 2014 puis, un an plus tard, après un parcours rocambolesque, c’était au tour de la Japonaise Akatsuki. Aujourd’hui, l’Inde réaffirme son intérêt pour Vénus, et si le financement suit, une mission spatiale pourrait être lancée dès 2023.

Malgré l’échec de Chandrayaan-2 sur la Lune, les ambitions indiennes dans le domaine de l’exploration robotique sont intactes. Il y a quelques jours, une équipe de scientifiques et d’ingénieurs de l’Agence spatiale indienne, l’Isro, a relancé l’idée du développement d’une mission à destination de Vénus. S’appuyant sur des travaux antérieurs, cette équipe a détaillé sa proposition lors d’une réunion d’un groupe d’experts de Vénus qui s’est tenue la semaine dernière aux États-Unis, rapporte le site Internet space.com.

L’idée de l’Isro serait d’envoyer une sonde dotée d’une douzaine d’instruments scientifiques dont « l’objectif principal serait de cartographier la surface et le sous-sol vénusiens » a déclaré Nigar Shaji, un scientifique de l’Isro. Une cartographie du sous-sol aurait comme principal intérêt de localiser les points chauds associés à une activité volcanique et que l’on suppose éparpillés un peu partout sur Vénus. Voire de détecter les manifestations du volcanisme vénusien dont les scientifiques pensent qu’il est encore aujourd’hui très actif.

La sonde aurait comme autres objectifs l’étude de l’atmosphère et l’ionosphère de la planète, ainsi que la manière dont Vénus interagit avec son proche environnement. Parmi les sujets d’études retenus, figurent principalement la surveillance des nuages l’activité électrique et de mystérieuses lueurs dans l’atmosphère de la planète.

L’Inde démontre son savoir-faire

Si cette mission est approuvée, elle pourrait être lancée en juin 2023 avec à son bord une charge utile d’une centaine de kilogrammes, ce qui est tout à fait comparable à celle des grandes missions américaines ou européennes. Cela montre aussi les progrès faits par l’Inde dans le domaine de l’exploration robotique, bien aidée il est vrai par des programmes de transferts technologiques venus des États-Unis, d’Europe ou de Russie et des collaborations scientifiques internationales.

Emmanuel Marcq, spécialiste de Vénus au Latmos, s’exprimant dans les colonnes du Figaro, est tout aussi conscient de cette maturité technologique et ne dit pas autre chose quand il souligne que « contrairement à leur mission martienne Mangalayaan de 2014 qui était essentiellement un démonstrateur technologique, ce projet d’orbiteur vénusien s’inscrit dans une démarche plus scientifique ».

Sources

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