Charbon, pétrole et gaz sont les principaux moteurs du changement climatique en cours. Pourtant, ils font rarement l’objet de négociations internationales visant à en limiter la production. Et un rapport publié par le programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP) pointe aujourd’hui les incohérences qui existent entre les politiques nationales de production et les objectifs de limitation du réchauffement.

Faisant suite à la COP21, l’accord de Paris, approuvé par 195 délégations, convenait de tout mettre en œuvre afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C au-delà des températures préindustrielles. C’était en 2015. Déjà en 2018, les émissions de carbone avaient atteint un niveau record totalement en désaccord avec ces engagements.

Aujourd’hui, un rapport rédigé par le programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP) nous apprend que la plupart des grands pays producteurs de combustibles fossiles — pourtant signataires de l’accord — prévoient d’augmenter leur production de manière conséquente à l’horizon 2030 ! Or, selon Michael Lazarus, l’auteur principal du rapport, nous ne parviendrons pas à limiter nos émissions de CO2 sans une réduction de la production de combustibles fossiles.

Se basant simplement sur des documents publiquement disponibles, le rapport souligne à quel point l’accord de Paris et les politiques des pays producteurs de charbon, de pétrole et de gaz sont en décalage. Pour en rendre compte, les auteurs introduisent même le terme de « fossil fuel production gap » (écart de production de combustibles fossiles). « Même les pays réputés leaders en matière de lutte contre le réchauffement climatique, comme le Canada et la Norvège, affirment vouloir maximiser leurs exportations de combustibles fossiles », regrette Michael Lazarus.

Réchauffement climatique et énergies fossiles

Ainsi, les gouvernements prévoient-ils une production qui dépasse de 50 % celle qui serait cohérente avec une limitation du réchauffement climatique à 2 °C et même de 120 % celle qui serait cohérente avec les engagements pris dans l’accord de Paris. Et les auteurs du rapport préviennent que si ces plans étaient menés à terme, le réchauffement climatique atteindrait les 2,7 °C, voire 4 °C si les politiques les plus ambitieuses portaient leurs fruits.

La Californie, toutefois, l’un des plus grands États producteurs de pétrole des États-Unis — le plus grand producteur mondial à l’heure actuelle –, semble vouloir enfin faire marche arrière. Des actions destinées à stopper progressivement la production ont été annoncées en début de semaine. Parmi elles, l’arrêt des émissions d’autorisation de nouvelles fracturations hydrauliques.

Et le rapport propose quelques pistes qui permettraient aux gouvernements de limiter le « fossil fuel production gap » comme réduire les exportations ou supprimer les subventions. Le tout devant être progressivement mis en place afin d’éviter les chocs économiques pour les populations impliquées. L’Allemagne, l’un des plus grands producteurs de charbon au monde, doit fermer toutes ses centrales d’ici 2038. Le pays a prévu une enveloppe de plus de 40 milliards d’euros pour indemniser les personnes impactées par la mesure.

Sources

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