L’avion supersonique développé par NASA est fin prêt pour l’assemblage final, et bientôt pour le ciel ! Connu sous le nom de X-59 QueSST, il ne pourra pas seulement dépasser la vitesse du son, mais le fera sans le bruit assourdissant que cela produit.

Le Concorde était un avion supersonique de ligne capable de faire Paris — New-York en 3h30 au lieu de 7h. Une prouesse technologique, qui s’arrêta pourtant 27 ans après son commencement en 1976. Un déclin précipité par un unique accident mortel le 25 juillet 2000, coûtant la vie à 113 personne. Ses coûts de fonctionnement étaient aussi particulièrement élevés, à cause de sa consommation en carburant. Enfin, l’appareil venait avait un énorme inconvénient : le bruit. En cause ? Le bang supersonique, causé par l’onde de choc provoquée quand l’avion atteint une vitesse supérieure à celle du son.

Le Concorde a toutefois marqué les esprits. Avec le Tupolev Tu-144, qui n’a transporté des passagers que durant quelques mois, il a été le seul avion supersonique commercial à avoir été exploité. Une exclusivité qui ne devrait plus durer. Dans un communiqué du 16 décembre 2019, la NASA annonce que son avion supersonique X-59 Quiet SuperSonic Technology (QueSST) est prêt pour l’assemblage final. Tous ses systèmes devraient être assemblés en un seul chantier en 2020, finalisant enfin l’appareil pour un vol potentiel en 2021. Et sa vitesse pourrait atteindre celle de son prédécesseur. Il est même surnommé le “fils du Concorde”.

Atténuer le choc des ondes

En effet, le X-59 QueSST serait capable de filer aussi rapidement que le Concorde, c’est-à-dire à 1.852,2 km/h en vitesse de croisière. Cette vitesse est dite “Mach 1,5”, soit 1,5 fois la vitesse du son établie à environ 1.224 km/h (Mach 1). Mais il présenterait un avantage de taille : il ne produirait aucun bang supersonique. Alors que cet écho assourdissant avait pour habitude de déranger les populations au sol, elles n’entendraient alors qu’un “léger bruit sourd”, similaire à celui d’une porte de voiture qui se ferme.

Pour se faire, la NASA a planché pendant trois décennies sur un design aérodynamique capable de réduire l’onde de choc à l’origine du bruit supersonique. En fait, en accélérant, l’avion comprime l’air autour de lui. Les ondes sonores se condensent sur la face avant de l’appareil et lorsque celui-ci dépasse le mur du son, elles sont brusquement expulsées vers l’arrière. C’est ce qui déclenche la détonation.

Ce phénomène explique la forme étrange choisie par l’agence spatiale pour le X-59 QueSST. L’avant du cockpit est en forme de pointe, afin d’atténuer la condensation de l’air et atténuer ainsi la propagation des ondes. La construction a été confiée à la Lockheed Martin Aeronautics Company, qui poursuit actuellement ses trois grands chantiers (fuselage, aile et empennage) dans son usine Skunk Works (Californie, États-Unis). Une fabrication qui coûte pas moins de 247,5 millions de dollars.

Londres — New-York en 3h

Pour le moment, le X-59 QueSST a réussi l’examen de gestion “Key Decision Point-D”, qui a eu lieu au siège de la NASA à Washington (États-Unis) le 12 décembre dernier. Il s’agissait du dernier obstacle administratif au projet. D’ici 2021, sa vitesse de croisière devrait donc être mise à l’épreuve lors des premiers essais, envoyés au-dessus de “certaines communautés américaines”. Ces vols permettront à l’agence spatiale d’établir le son ressenti de l’engin, à l’aide de capteurs au sol et de la “perception du public”. En cas de succès, il pourrait un jour lier Londres à New York en un peu plus de trois heures.

Sources

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