La NASA n’a pas encore fêté la seconde année en orbite du Transiting Exoplanet Survey Satellite (Tess), qui a succédé à Kepler pour la chasse aux exoplanètes, qu’elle annonce la découverte d’une exoterre potentiellement habitable. L’exoplanète s’appelle TOI 700 d et se trouve à seulement 100 années-lumière du Soleil.

La Dorade est une constellation de l’hémisphère sud dont quelques étoiles seulement se trouvent dans l’hémisphère nord, les autres s’étendant quasiment jusqu’au pôle sud céleste. Mis en orbite il y a un peu plus d’un an par la Nasa, le Transiting Exoplanet Survey Satellite (Tess) vient de faire sa première découverte importante dans cette constellation en épiant les transits planétaires dans l’hémisphère sud autour des centaines de milliers d’étoiles qu’il y étudie en particulier.

C’est le successeur du célèbre Kepler qui, lui aussi, chassait des exoplanètes en détectant des baisses périodiques de la luminosité des soleils qu’il surveillait en raison des transits d’exoplanètes devant leurs étoiles hôtes — ce qui bloquait temporairement une partie de la lumière émise par ces astres. La Nasa vient donc d’annoncer que Tess a découvert sa première exoplanète d’une taille comparable à celle de la Terre et située dans la zone d’habitabilité ; d’autres instruments ont déjà effectué la détection d’astres de ce type auparavant, par exemple autour de Trappist 1. Elle se trouve autour d’une naine rouge de type M, située à 100 années-lumière du Système solaire, et que l’on peut donc observer dans la constellation de la Dorade.

Tess a même révélé l’existence de plusieurs exoplanètes autour de cette naine rouge. Mais celles qui est peut-être une exoterre porte pour le moment le nom de TOI 700 d dans le catalogue des exoplanètes découvertes par le satellite de la Nasa. TOI est une abréviation pour Tess Objects of Interest en anglais, ce qui peut se traduire par « Objet intéressant de Tess ». La naine rouge, dont la masse et la taille sont environ de 40 % de celles du Soleil et avec une température de surface moitié moindre, y porte le nom de TOI 700 et l’exoplanète la plus proche le nom de TOI 700 b, les autres suivant l’ordre alphabétique.

La prudence est de mise avec une exoplanète potentiellement habitable

Si TOI 700 d se trouve bien dans la zone d’habitabilité, cela signifie qu’elle se trouve dans une zone où la chaleur de son étoile pourrait permettre à de l’eau liquide d’exister. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, comme l’a expliqué à Futura et à plusieurs reprises l’astrophysicien Franck Selsis, membre du CNRS et du Laboratoire d’astrophysique de Bordeaux (LAB).

L’atmosphère que possède peut-être une telle exoplanète pourrait la rendre aussi peu hospitalière que Vénus ; on peut s’interroger aussi sur son contenu initial en eau et le fait qu’elle ait pu en conserver assez pour être réellement habitable. On sait aussi que les naines rouges au début de leur existence sont particulièrement colériques et que les rayonnements qu’elles émettent alors sont néfastes non seulement pour la vie mais conduisent à une érosion d’éventuelles atmosphères.

TOI 700 d, comme ses sœurs TOI 700 b et TOI 700 c, se trouve également en rotation synchrone, ce qui fait que ces planètes présentent toujours la même face à leur étoile, à la manière de la Lune avec la Terre. Les modèles climatiques de ce genre d’exoplanètes montrent qu’il est tout de même possible que de l’eau liquide existe dans certaines régions car si elles possèdent des atmosphères, des courants peuvent transporter et répartir la chaleur entre les faces constamment diurne et nocturne. La vie pourrait donc peut-être exister sur ce genre de planètes.

Il est bien sûr trop tôt pour spéculer sur l’exobiologie qui existe peut-être sur TOI 700 d. Mais il est certain qu’elle sera une cible de choix pour la prochaine génération d’instruments, tel le télescope spatial James Webb. Ils seront en mesure de détecter et de commencer à analyser la composition des atmosphères potentielles des TOIs de Tess en espérant y dénicher des biosignatures convaincantes, encore à définir cependant. Et ce ne sera pas une mince affaire comme l’avait expliqué toujours Franck Selsis à Futura dans le cas de la découverte du système de Trappist 1.

Sources

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