Le télescope de la société Unistellar est destiné à démocratiser l’accès au ciel profond pour les amateurs d’astronomie tout en faisant de la science citoyenne à grande échelle. L’eVscope est maintenant disponible et il met galaxies, supernovae et exoplanètes à la portée de tous.

Il y a presque trois ans, on vous avait présenté le projet d’une start-up française appelée Unistellar qui s’était lancée dans le développement d’un prototype d’un nouveau télescope, à destination du grand public, l’eVscope (Enhanced Vision Telescope). À cette occasion, nous avions fait une interview, qu’il convient de relire dans le précédent article ci-dessous, de l’un des membres d’Unistellar, l’astronome français Franck Marchis, membre de l’Institut Seti, grand spécialiste de Io et des astéroïdes, et également très impliqué dans l’imagerie directe d’exoplanètes comme Bêta Pictoris b avec l’instrument Gemini Planet Imager.

Non seulement l’eVscope est désormais commercialisé, plus de 3.000 personnes l’ont déjà acheté et des témoignages de leur satisfaction sont déjà disponibles parmi les quelques centaines qui l’ont déjà reçu aux États-Unis, au Canada mais aussi en Europe, mais les preuves ont été données qu’un réseau mondial de cet instrument révolutionnaire permet de faire de la science citoyenne participative.

Concernant les astéroïdes, l’eVscope permet d’aider à repérer des géocroiseurs potentiellement dangereux pour la Terre (comme 1999 KW4) mais on sait que son réseau sera utile pour la mission Lucy de la NASA, la première à destination des astéroïdes troyens de Jupiter.

L’eVscope a aussi été utilisé, via la méthode des occultations, pour aider à étudier l’atmosphère de Pluton et il a été montré que l’on pouvait avec lui détecter des transits d’exoplanètes. Ce fut le cas avec deux Jupiters chaudes, la fameuse Osiris détectée en 2005 par Alfred Vidal-Madjar et son équipe et connue sous le nom de HD 209458b, une géante gazeuse à 160 années-lumière de notre Système solaire, et WASP-43b à 280 années-lumière.

Ces prouesses prennent tout leur relief lorsqu’on se souvient que l’eVscope ne nécessite nullement de vouloir devenir un astronome amateur (pas même de connaître les constellations), ce qui est bien plus difficile qu’on peut naïvement le croire. Car, bien plus que d’y consacrer une petite somme d’argent, voire très conséquente, il faut du temps, de la patience et atteindre une certaine expertise technique pour obtenir les merveilleuses images de galaxies et de nébuleuses du ciel profond qui font rêver. Plusieurs vocations naissantes d’astronomes amateurs se sont ainsi brisées face au mur de la réalité.

Rien de tel avec l’eVscope utilisable partout sur Terre ou presque. Pesant environ 9 kg, il tient dans un sac à dos de randonnée de taille moyenne et peut donc être mis en place rapidement dans bien des endroits. Son instrumentation et la technique de traitement de l’image automatique qu’il utilise font qu’il peut former en quelques secondes, à quelques dizaines de secondes, des images colorées et détaillées qui nécessiteraient un bien plus gros instrument, des heures d’accumulation de la lumière émise par des objets faiblement lumineux, parfois à des millions d’années-lumière et d’autres heures de traitement d’images sur ordinateur pour un astronome amateur classique expérimenté. Des résultats déjà étonnants peuvent être obtenus même en condition de pollution lumineuse en ville (on peut ainsi voir une image de la fameuse galaxie du Sombrero de la ville de San Francisco et même Pluton !) et avec un ciel pas totalement clément.

Pour faire des observations il vous suffit donc de monter le télescope sur son trépied, d’utiliser une application sur votre smartphone pour indiquer ce que vous voulez voir et, aidé du GPS de votre smartphone l’eVscope va également faire de la reconnaissance automatique de champ à partir d’une base de coordonnées de 5 millions d’étoiles. Il se pointera directement vers l’objet de votre désir comme l’un des fameux 110 objets de Messier connus tels la Galaxie d’Andromède (M31), le reste de la supernova de la nébuleuse du Crabe (M1), la nébuleuse de l’Haltère (M27), la galaxie du Tourbillon (M51) ou l’amas ouvert des Pléiades (M45) ainsi que 4.000 objets du catalogue NGC. L’application peut aussi vous permettre d’identifier et de mieux connaître un objet que vous observez dans l’oculaire de l’eVscope et également de garder en mémoire les images que l’eVscope a obtenues. Aucun problème pour les stocker ensuite sur un ordinateur ou les utiliser sur les réseaux sociaux.

L’eVscope est désormais commercialisé à 2.999 euros.

Sources

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