La contagiosité du virus a été revue à la hausse dans un récent article publié dans le journal Emerging of Infectious Disease. Une personne infectée pourrait en réalité contaminer quatre à neuf personnes.

Des modèles prédictifs avaient estimé le taux de contagiosité du virus SARS-CoV-2, « Ro », entre 2,2 et 2,7. Des scientifiques américains viennent de réévaluer ce Ro et arrivent à des résultats beaucoup plus préoccupants. Il se situerait entre 3,8 et 8,9. Dans le jargon classique, cela voudrait dire qu’une personne contagieuse va infecter en moyenne entre quatre et neuf personnes.

De nouveaux modèles mathématiques

Combinant plusieurs données et probabilités sur la dissémination du virus, ces chercheurs sont donc arrivés à cette conclusion. Comment ont-ils élaboré leurs modèles ? Pour le premier, ces scientifiques ont pris en compte la probabilité qu’une personne originaire de Wuhan voyage dans d’autres contrées, sans savoir qu’elle est infectée. Dans le second, les investigateurs américains ont pris en compte le nombre de détections quotidiennes supplémentaires de patients venant de Wuhan dans d’autres lieux.

Dans ces deux modèles, ils ont pu bénéficier de variables mieux connues désormais que les anciens modèles. Par exemple, dans leur calcul, le temps moyen entre la contraction de la maladie et l’apparition des premiers symptômes est de quatre jours. De même, le temps avant qu’une personne soit hospitalisée, si elle en a besoin après l’apparition des premiers symptômes, est en moyenne de six jours. Enfin, la contagiosité d’une personne peut durer longtemps (une à trois semaines) et cela a été pris en compte également même si les données demeurent incertaines à ce sujet. De fait, cela pousse les auteurs à être particulièrement méfiants concernant le début de l’épidémie, où l’intervalle de six jours en moyenne entre le début des symptômes et l’hospitalisation paraît trop court comparativement aux données réelles et à la dissémination mondiale du virus.

Leurs deux modèles ont apporté des résultats cohérents avec les taux de patients atteints connus actuellement. N’oublions pas que le cas de patients réellement infectés est éminemment plus important que les chiffres officiels. Avec un tel Ro, si leurs modèles voient juste, l’immunité collective devra atteindre 82 % de la population, soit à l’aide d’un vaccin, soit par une infection antérieure, dont on sait encore très peu de choses concernant notre réponse immunitaire et le temps pendant lequel nous restons immunisés.

Les stratégies à adopter

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que Ro est le paramètre d’une fonction croissante. Si on ne parvient pas à réduire son taux à 1 ou en dessous, la fonction continuera de croître. Ce qui veut donc dire que le virus continuera de se répandre. Pour mieux comprendre cela, une récente vidéo des décodeurs vous sera fort utile. Les stratégies, nous les connaissons désormais : il faut tester en masse comme le recommande l’Organisation mondiale de la Santé, pour entrevoir la variable inconnue majeure de toutes ces équations : le nombre de patients infectés qui l’ignorent. Ce seraient eux les plus grands vecteurs du virus.

Avec une telle circulation du virus, nous ne sommes donc pas près de sortir du confinement. Les tests massifs permettraient au moins de favoriser le déconfinement d’une partie de la population dite « moins à risque », afin de faire progresser l’immunité de groupe, dans l’attente d’un vaccin. La recherche s’active toujours pour trouver un ou plusieurs traitements efficaces dans l’attente de cette immunité.

Sources

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