Les astronomes annoncent l’arrivée imminente d’un minimum solaire, un phénomène cyclique ayant lieu environ tous les onze ans. Sujette à de nombreuses erreurs d’interprétation, cette baisse d’activité solaire mérite que l’on s’y intéresse en détail.

Entre 1645 et 1715, le Soleil connut une époque baptisée « minimum de Maunder », durant laquelle le nombre de taches solaires et l’activité à sa surface furent particulièrement bas, et ce sur une période très étendue. Ce phénomène coïncida grossièrement avec le Petit Âge glaciaire survenu entre le début du XIVe et la fin du XIXe siècle, amenant certains à suggérer un lien de causalité entre les deux événements, qui demeure encore à prouver. Alors, à quoi devons-nous nous attendre avec l’arrivée imminente du prochain minimum solaire ?

Changements d’humeur

L’activité solaire se définit par des variations cycliquesTous les 11 ans en moyenne, le Soleil traverse un maximum, durant lequel son rayonnement augmente de quelques fractions de pourcent et un grand nombre de taches solaires apparaissent ; et un minimum, durant lequel l’inverse se produit. En somme, l’astre du jour bat à la manière d’un gigantesque cœur cosmique. Et si vous n’avez jamais remarqué la différence entre ces pics et ces creux, c’est tout à fait normal.
Nous nous situons actuellement dans le cycle solaire 24 : soit le 24e depuis les premières mesures exhaustives de l’activité du Soleil, en 1755. Bien que nous ne sachions pas exactement quand se terminera l’actuel minimum, nous disposons donc de près de trois siècles d’études pour le prédire. Ainsi, le 9 décembre dernier, le Space Weather Prediction Center (SWPC) annonçait sa survenue pour le mois d’avril, plus ou moins six mois. Il est donc possible que le cycle solaire 25 ait déjà commencé !

Maximum solaire, ou 0,07 % plus fort

Comme il y a cinq ans, des discours alarmistes circulent actuellement sur le web (voir article plus bas) proclamant l’arrivée d’une nouvelle ère glaciaire, de famines et de tremblements de terre. Il importe donc de démêler le vrai du faux en se penchant sur les différentes manifestations provoquées par les variations de l’activité solaire. Lors de son maximum, celle-ci peut causer l’apparition d’aurores boréales plus intenses et, dans des cas extrêmes impacter les réseaux électriques et ceux de communication. L’augmentation du rayonnement solaire peut également endommager les appareils en orbite, tandis que sur Terre, l’effet le plus notable semble être un léger changement du volume des précipitations dans certaines régions. Bien que des études suggèrent que le réchauffement climatique pourrait amener à un accroissement de ces effets (et non pas le contraire), ceux-ci n’en demeurent pas moins négligeables et comportent, à ce jour, peu de risques.

Minimum solaire, minimum d’effets

Qu’en est-il alors lors d’un minimum solaire ? Comme tous les 11 ans, les scientifiques se préparent à observer un amenuisement de l’atmosphère terrestre causé par la baisse des rayonnements UV, ce qui réduira la force de résistance opposée aux satellites en orbite. D’autre part, le champ magnétique solaire sera également moins apte à freiner les rayonnements cosmiques. Bien que ceux-ci constituent un véritable danger pour la santé des astronautes dans l’espace, sur Terre, l’atmosphère terrestre nous protège amplement de ces radiations cancérigènes.

Quant aux personnes suggérant l’arrivée d’un mini âge de glace provoqué par le Soleil, l’équipe Global Climate Change de la NASA leur a offert la réponse suivante : « Un Grand Minimum solaire ne servirait qu’à décaler de quelques années le réchauffement causé par les activités humaines. Même si un Grand Minimum solaire devait survenir durant un siècle, les températures globales continueraient d’augmenter. En effet, bien d’autres facteurs que les variations d’activité solaire contribuent à modifier les températures globales sur Terre, celui dominant aujourd’hui étant le réchauffement provoqué par les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. »

Sources

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