La NASA donne rendez-vous le 30 mai 2020 à 21h22, heure de Paris, pour suivre en direct le tout premier vol habité de SpaceX vers l’ISS avec une capsule Crew Dragon. Le vol, prévu initialement le 27 mai, a été reporté à cause d’une météo trop mauvaise.

C’était malheureusement à prévoir. L’armée américaine avait averti tout au long de ces derniers jours que la météo était très incertaine pour assurer un vol en toute sécurité pour les astronautes Robert Behnken et Douglas Hurley. Un quart d’heure avant le décollage, les conditions n’étaient toujours pas réunies pour assurer un vol sans prendre le moindre risque. Décision a donc été prise de tout arrêter.

Quand le décollage aura t-il lieu?

Le rendez-vous est fixé au 30 mai 2020, à 15h22 (heure locale). En métropole, il sera alors 21h22. Un horaire tout à fait acceptable pour voir l’événement en direct sans avoir les yeux au milieu de la figure le lendemain. L’envol aura lieu aux États-Unis depuis le centre spatial Kennedy, un complexe de lancement spatial situé le long du bord de mer, en Floride. Le premier étage de la fusée doit être récupéré au-dessus de l’océan Atlantique.

Au départ, le vol était prévu pour le 27 mai, mais les conditions météorologiques n’étaient pas favorables. L’armée américaine a évalué le degré d’acceptabilité d’un décollage au fil des derniers jours, à 40 % le 23 mai, puis 60 % le 26 mai, avant d’être ramenées à 50 % en milieu d’après-midi du 27 mai. En date du 27 mai, l’armée américaine juge les conditions météo du 30 mai favorables à 40 %. Ça reste très peu.

Pour ne rien arranger, il faut savoir que la saison 2020 des tempêtes tropicales et des cyclones dans l’Atlantique est lancée et elle s’annonce plus intense que d’ordinaire.

Ou regarder le lancement en direct?

Ce premier vol habité de SpaceX pourra être suivi sur le site de l’entreprise, mais aussi sur celui de la NASA, puisque deux de ses astronautes participent à cette mission décisive. Il est possible de voir le décollage directement dans cet article, grâce aux lecteurs vidéos ci-dessous. Signe de l’importance toute particulière que revêt cette mission, un direct sera proposé aussi en France.

La chaîne YouTube Stardust organisera un direct, en compagnie d’un autre vidéaste, Hugo Lisoir, mais aussi de Marie-Ange Sanguy, la rédactrice en chef d’Espace & Exploration, et de Julia Bergeron, du site anglophone NASA Spaceflight. La vidéo dédiée à l’évènement est ajoutée en fin d’article. Le détail de la soirée est aussi renseigné. Elle débutera à 21h30, jusqu’au lancement à proprement parler.

Quelle est la mission?

Ce vol doit servir à qualifier définitivement la capacité de SpaceX à opérer des vols habités entre la Terre et la Station spatiale internationale (ISS), afin de redonner aux États-Unis une autonomie d’accès à l’environnement extra-atmosphérique. Depuis 2011, les USA ont en effet l’obligation de se reposer sur la Russie avec le retrait de la navette spatiale, ce qui froisse naturellement Washington.

Ce vol est donc doublement historique : il permet d’une part aux États-Unis de se détacher de la Russie pour envoyer du personnel dans l’espace, après presque dix ans d’interruption (en 2011, le programme des navettes spatiales a cessé). D’autre part, il lance SpaceX dans le grand bain, en faisant de  l’entreprise un partenaire de confiance pour gérer la mission la plus sensible : envoyer des humains dans l’espace.

Ce premier vol habité de SpaceX se fera en effectif réduit, puisque la capsule n’accueillera que deux astronautes, Robert Behnken et Douglas Hurley, alors qu’il y a potentiellement de la place pour sept personnes. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une rotation classique d’équipage — celle-ci surviendra plus tard, avec un autre groupe –, mais d’un ultime test après des années de préparation.

Cela reste une grande première. Un échec, même bénin (la capsule échoue à aller dans l’espace, par exemple), enverrait un terrible signal.

Si tout se passe bien, la Nasa et SpaceX pourront alors commencer à organiser les rotations d’équipage plus tard dans l’année, en se partageant les créneaux de tir avec le vaisseau russe Soyouz. Il n’y a pas de raison que cela tourne mal : SpaceX procède depuis 2012 au ravitaillement de l’ISS avec une capsule inhabitée, ce qui lui a fait accumuler une précieuse expérience pour ses nouvelles responsabilités, et la NASA a donné son ultime feu vert le week-end précédent le vol.

La NASA travaille depuis plusieurs années à ouvrir l’accès à l’ISS au secteur privé. En ce qui concerne les rotations d’équipage, l’agence spatiale américaine travaille aussi avec Boeing, qui conçoit sa propre capsule : Starliner. La NASA se désintéresse en effet quelque peu de l’orbite terrestre basse, où se situe l’ISS, car son attention se focalise de plus en plus vers la Lune et Mars, deux objectifs bien plus ambitieux. Dans la mesure où des entreprises sont en mesure aujourd’hui de prendre la suite, un transfert de responsabilité commence à se mettre en place.

Sources

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