Il y a environ 65 millions d’années, un astéroïde frappait la Terre, causant notamment l’extinction des dinosaures. À Chicxulub (Mexique), des chercheurs ont creusé le cratère d’impact laissé par cet astéroïde. Ils ont découvert que le choc avait donné naissance à un système hydrothermal, vaste et persistant. Une preuve, selon eux, que de tels impacts ont pu, au début de l’histoire de notre Planète, fournir à la vie un environnement propice à son développement. 

Au Mexique, le cratère de Chicxulub est le témoin d’un cataclysme qui a frappé notre Terre. L’impact s’est produit il y a quelque 65 millions d’années… marquant la fin du règne des dinosaures sur notre Planète. Une nouvelle étude montre aujourd’hui que le cratère pourrait avoir abrité un vaste système hydrothermal persistant. De quoi imaginer que de puissants impacts survenus plus tôt dans l’histoire de la Terre pourraient avoir été le creuset d’une vie microbienne précoce sur notre Planète.

Il y a quelques années déjà, des chercheurs du Lunar and Planetary Institute (États-Unis) avaient observé sur place, des couches de roche portant des signes de l’impact, et traversées ensuite par des veines de nouveaux minéraux. Ils avaient suggéré que des fluides chauds avaient circulé sous Chicxulub.

En 2016, les chercheurs ont foré le cratère de 180 kilomètres de diamètre sur une profondeur de plus d’un kilomètre sous le plancher océanique. Et les échantillons de roche qu’ils ont remontés témoignent des modifications thermiques et chimiques subies à l’époque par la croûte terrestre. Ils montrent que le cratère abritait un vaste système hydrothermal qui a affecté plus de 100.000 km3 de croûte terrestre.

Un système hydrothermal vaste et persistant

L’équipe a trouvé des preuves que les rivières d’eau souterraine étaient chauffées entre 300 et 400 °C et étaient remontées vers la limite entre le fond du cratère d’impact et le fond de la mer du Yucatán. L’eau chaude ruisselait autour des bords d’un bassin d’environ 3 kilomètres d’épaisseur de magma généré par l’impact, percolait à travers la roche fracturée et montait au fond de la mer où elle se déversait dans la mer.

Avec de telles températures de départ, le système a mis longtemps à refroidir. Au moins 150.000 ans, estiment les chercheurs à partir de la mémoire magnétique des minuscules minéraux formés dans le cratère mais aussi relativement grâce à la concentration anormalement élevée de manganèse dans les sédiments des fonds marins. « À l’instar des dorsales médio-océaniques, la ventilation des cratères d’impact marin génère des panaches hydrothermaux qui contiennent du manganèse dissous et s’oxydant lentement », explique Axel Wittman, chercheur à l’université de l’État de l’Arizona (États-Unis), dans un communiqué.

À l’image de ce qui se produit du côté des systèmes hydrothermaux volcaniques, les travaux des chercheurs du Lunar and Planetary Institute montrent que cet autre type de système hydrothermal est susceptible de constituer un habitat pour la vie microbienne. « Une preuve supplémentaire pour l’hypothèse que la vie sur Terre a évolué à partir de cratères d’impact survenus au début de l’histoire de notre Planète », remarque David Kring, l’auteur principal de l’étude. Même si aucune trace de vie microbienne passée n’a pour l’heure été découverte dans le cratère de Chicxulub.

Sources

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