Il y a quelques mois, l’Agence spatiale chinoise annonçait être tombée, grâce au rover lunaire Yutu-2, sur une substance étrange ressemblant à du gel sur la face cachée de la Lune. Une récente étude confirme aujourd’hui sa nature.

Vous le savez sans doute, la Chine évolue depuis l’année dernière sur la face cachée de la Lune, grâce à son rover Yutu-2. Un alunissage inédit qui permettra d’en apprendre davantage sur la formation de notre satellite, ou encore de comprendre sa distribution en eau.

Le 28 juillet dernier, alors que le rover s’apprêtait à passer en mode veille pour faire sa “sieste” du midi (pour se protéger des températures élevées et les radiations solaires), les responsables de la mission repéraient alors une étrange substance sur l’une de ses photos récemment transmises.

Tapie au fond d’un petit cratère d’impact, dans le bassin du Pôle Sud Aitken, une substance d’aspect brillant, verdâtre et ressemblant à du gel semblait alors clairement se détacher du régolithe environnant.

Mais alors, de quoi s’agissait-il ?

D’après les premières analyses visuelles, les chercheurs ont évoqué l’hypothèse du verre fondu. Dans l’idée, celui-ci se serait alors formé suite à l’impact responsable du cratère. Ce phénomène, qui vitrifie les environs en raison de l’énorme chaleur puis du refroidissement du sol, est appelé “impactite”.

Une récente étude, publiée dans Earth and Planetary Science Letters, confirme aujourd’hui ces soupçons.

Ces travaux sont appuyés par de nouvelles analyses visuelles et sur des comparaisons faites avec des échantillons d’Apollo ramenés sur Terre.

En particulier, les images de l’imageur visible et proche infrarouge (VNIS) du rover ont permis à Sheng Gou et son équipe, de l’Académie chinoise des sciences, de décomposer la lumière réfléchie par la substance et de déterminer sa composition chimique.

Selon cette analyse, le régolithe est composé principalement de plagioclase (environ 45%), de pyroxène (7%) et d’olivine (6%). Autrement dit, d’éléments lunaires assez standards. La substance vitreuse, cependant, était un peu plus difficile à “déchiffrer”. Les chercheurs n’ont pu distinguer que le plagioclase, à hauteur de 38%.

Ce n’est pas très différent du régolithe environnant, ce qui suggère que le reste de la composition peut être à peu près similaire. Les chercheurs ont également pu déterminer que le matériau est de couleur verdâtre foncé, et qu’il mesure environ 52 centimètres de long sur 16 de large.

Il est également très similaire à deux échantillons récupérés par les missions Apollo 15 et 17, à savoir Lunar Sample 15466 et Lunar Sample 70019.

Un matériau formé ailleurs

En outre, les chercheurs soutiennent que le matériau vitreux s’est formé dans un cratère différent avant d’être éjecté et d’alunir où, finalement, Yutu-2 l’a identifié.

En effet, la taille du cratère – environ deux mètres de diamètre – suggère que l’impacteur qui en est le responsable ne mesurait probablement que deux centimètres. Ainsi, selon les chercheurs, il est impossible qu’une météorite aussi petite puisse créer une masse fondue d’impact de 52 sur 16 centimètres.

Les scientifiques posent l’hypothèse que les éjectas pourraient provenir du cratère lunaire Finsen ou du cratère Alder (tous deux situés dans le même bassin).

Sources

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