SpaceX a enfin réussi à récupérer les deux morceaux d’une coiffe de fusée Falcon 9 grâce à des bateaux déployés au large. Jusqu’à présent, l’entreprise n’arrivait qu’à en attraper une sur deux ou devait les repêcher en mer. Il s’agit d’une étape importante pour l’entreprise.

Le jour de gloire est arrivé pour SpaceX. Pour la toute première fois de son histoire, l’entreprise américaine est enfin parvenue à attraper les deux parties de la coiffe de sa fusée Falcon 9, grâce à des barges déployées en mer et équipées de larges filets pour une réception en douceur. La nouvelle a été annoncée ce mardi 21 juillet par Elon Musk, le fondateur de SpaceX.

Ce succès est survenu lors de la mission Anasis-II, partie de la base de lancement de Cap Canaveral, en Floride. Il s’agissait de déployer en orbite un satellite de communication militaire pour le compte de la Corée du Sud — un tir qui s’est bien déroulé, puisque non seulement le satellite a pu être déployé à l’altitude souhaitée, mais le premier étage du lanceur a été récupéré, en plus de la coiffe.

Cette étape est très importante dans la stratégie de SpaceX, qui est bâtie autour de la réutilisation maximale de ses équipements. Or pour pouvoir les réutiliser, il faut pouvoir les récupérer en bon état. L’entreprise y parvient aujourd’hui sans peine pour le premier étage de sa fusée Falcon 9, qui assure la propulsion lors des décollages, mais elle avait bien plus de mal à y arriver pour la coiffe.

En juin 2019, la moitié d’une coiffe avait pu être attrapée par les filets d’un bateau envoyé au large (mais à l’époque, le premier étage avait été perdu en mer). Par le passé, SpaceX avait déjà réussi à récupérer une coiffe qui avait fini sa course dans l’océan. Nous étions alors en 2017. Deux ans plus tard, ce sont même les deux morceaux d’une coiffe qui ont pu être tirés hors de l’eau.

Une pièce-clé dans la stratégie de SpaceX

On pourrait se dire que SpaceX s’embête pour pas grand chose : la coiffe ne semble pas être un élément si crucial que cela d’une fusée. Et même si c’est le cas, pourquoi ne pas tout simplement les repêcher ?

Trois arguments expliquent pourquoi SpaceX préfère les récupérer, et avec un filet.

  • En premier lieu, les coiffes coûtent un certain prix : leur construction est évaluée aux alentours des 6 millions de dollars. Pour une entreprise qui met un point d’honneur à faire baisser les coûts des vols spatiaux, et mener ainsi la vie dure à ses rivaux comme Arianespace, un tel poste de dépense ne peut pas être balayé d’un revers de main.
  • Les coiffes constituent ensuite un élément important d’une fusée, puisqu’elles assurent la protection des charges utiles — les satellites — pendant le vol ascensionnel de la fusée, tant que l’atmosphère est trop dense. Elle donne au lanceur un profil aérodynamique et protège les satellites des conditions extérieures (chaleur, pression, intempéries, rafales de vent…) qui leur seraient fatals.
  • Enfin, l’interception des deux morceaux de la coiffe dans des filets plutôt que leur repêchage en mer a un autre mérite, qui participe à la réduction des coûts ainsi qu’à une baisse des besoins de maintenance : elle évite le contact avec l’eau de mer et, donc, de subir une relative corrosion. De cette façon, SpaceX peut les remettre beaucoup plus vite en état pour un vol ultérieur.

Le largage des coiffes se déroule vers la fin de mission : il survient une fois accomplie la tâche du premier étage, à savoir le décollage et le gros du vol ascensionnel. Pendant que cet étage revient sur Terre, le reste de la fusée Falcon 9 poursuit un temps sa progression et c’est une fois dans la haute atmosphère que les deux parties de la coiffe sont éjectées.

Pour savoir où se positionner en mer pour récupérer les coiffes, les bateaux mobilisés par SpaceX suivent leur position dans l’atmosphère grâce à un suivi GPS. Et pour éviter que la coiffe ne transperce le filet et s’écrase sur la barge (chaque moitié pèse près de 800 kg), la chute est freinée par un parachute. En outre, de petits propulseurs de direction entrent en jeu pour l’orienter pendant la descente.

Sources

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