On ne recharge pas une voiture électrique comme on ferait le plein d’une voiture thermique. Heureusement, on ne paye pas le même tarif non plus. Voici les informations à prendre en compte pour recharger à la maison et au meilleur prix.

Quelles installations nécessaires ?

Il existe différents moyens de recharger une voiture électrique à son domicile, et le choix d’une wallbox est souvent la première inconnue à laquelle se heurtent les électromobilistes en herbe. Il en existe de différents types, sans qu’elles soient obligatoires pour autant, rendant le choix d’autant plus difficile.

Commençons par clarifier un point important : utiliser le câble de recharge fourni avec la voiture peut tout à fait suffire et n’est pas dangereux, à condition de vérifier la conformité de son installation électrique. La recharge prendra cependant un temps important (généralement plus de 24 h pour une charge complète, bien que ce scénario ne soit pas représentatif d’une utilisation réelle), et c’est la principale raison qui peut motiver l’investissement dans un boîtier mural (wallbox), en plus du gain de confort. Entre les deux, on trouve aussi des prises dites “renforcées”, dont la puissance peut aller jusqu’à 3,7 kW.

Outre son connecteur (Type 2 dans la majorité des cas), la puissance d’une wallbox constitue sa principale caractéristique, avec surtout des modèles 3,7 et 7,4 kW dans le cas d’une installation en courant monophasé. Pour réduire encore les temps de charge avec des modèles plus puissants de 11, voire 22 kW, il faudra une installation en courant triphasé.

Attention, chaque voiture électrique accepte une puissance maximale en courant alternatif et disposer d’une wallbox d’une puissance supérieure n’aura donc aucun impact sur les temps de charge. Par exemple, la Peugeot e-208 se limite à 7,4 kW, ou 11 kW avec le chargeur triphasé optionnel, alors que la Renault Zoé accepte jusqu’à 22 kW. Les puissances de charge des voitures hybrides rechargeables sont généralement inférieures.

Parmi les autres caractéristiques qui peuvent aiguiller un achat, on trouve les longueurs de câble proposées, la connectivité de la borne, la possibilité d’y brancher plusieurs véhicules simultanément, ou encore une éventuelle certification IP pour un usage extérieur.

Certains constructeurs proposent des forfaits comprenant l’achat et l’installation d’une wallbox, mais il est tout à fait possible de choisir un modèle soi-même et de faire appel à un installateur agréé IRVE (Infrastructure de recharge de véhicules électriques) pour l’installation, facturée généralement 500 € au minimum.

Pour les propriétaires, l’installation d’une borne de recharge dans leur résidence principale est éligible à un crédit d’impôt de 300 €.

Comment calculer le coût d’une recharge

Si le prix de certains réseaux de charge rapide fait parfois les gros titres, c’est de toute façon chez son propriétaire qu’un véhicule électrique est branché la majorité du temps. Il s’agit d’ailleurs d’un avantage certain des voitures électriques, celles-ci pouvant être rechargées sur une wallbox ou une simple prise domestique. Dans les deux cas, le prix dépend du contrat d’électricité du foyer. Le coût du kWh s’élève à environ 0,16 € en France (option base), hors abonnement (part fixe de la facture) et selon le fournisseur.

Autre élément à prendre en compte : le chargeur intégré à la voiture, nécessaire aux charges en courant alternatif, n’offre pas un rendement parfait. L’Adac (puissante association d’automobilistes allemande) a mesuré des pertes d’énergie durant une charge en courant alternatif de l’ordre de 10 à 20 % selon les voitures.

Une fois ces données connues, il suffit de les multiplier par la capacité utile de la batterie d’une voiture pour en déduire son coût de recharge. Par exemple, la recharge complète d’une Renault Zoé Z.E. 50 et sa batterie de 52 kWh utiles (64,3 kWh consommés pour une charge complète d’après les tests de l’Adac) coûterait environ 10,3 €.

Pour une voiture électrique consommant 15 kWh/100 km, le coût s’élèverait à environ 2,8 €/100 km (en tenant compte de pertes de 15 %). Ce même coût serait d’environ 8,9 €/100 km pour une voiture essence consommant 6 l/100 km de SP95-E10 à un prix de 1,49 €/l (moyenne relevée en 2019, source Insee), et d’environ 7,2 €/100 km pour une voiture diesel consommant 5 l/100 km de gazole à un prix de 1,44 €/l (moyenne relevée en 2019, source Insee).

Le “carburant” d’une voiture électrique coûte donc beaucoup moins cher que celui d’une voiture thermique. De plus, il sera possible d’abaisser encore nettement la facture en jouant des heures creuses.
La plupart des voitures électriques permettent d’ailleurs de programmer leur recharge de manière plus ou moins automatisée. Pour aller encore plus loin que l’option des heures creuses, certains fournisseurs proposent des contrats dédiés aux utilisateurs de voitures électriques. Ils se différencient avec des tarifs encore plus bas en heures creuses et par l’approvisionnement plus important en énergie renouvelable.

Enfin, les technologies de smart charging (charge intelligente) devraient permettre de réduire encore le coût des recharges. Si la démocratisation des technologies de smart charging bidirectionnelles (V2G) n’est pas d’actualité, Honda a déjà annoncé une wallbox et un contrat d’électricité permettant une charge intelligente unidirectionnelle. Ainsi, la voiture se recharge automatiquement lors des phases de surproduction, poussant plus loin et avec davantage de flexibilité le principe des heures pleines/creuses et permettant de réduire l’impact de la consommation des véhicules électriques sur le réseau.

Sources

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