La sonde Hayabusa-2, avec à son bord des échantillons de l’astéroïde Ryugu, vole à destination de la Terre. La capsule contenant ses échantillons atterrira en Australie le 6 décembre. 

Après avoir récolté, en février 2019, des échantillons de l’astéroïde Ryugu, la sonde Hayabusa-2 avait quitté l’objet en novembre dernier pour retourner sur Terre. La capsule contenant ces échantillons doit atterrir sur Terre le 6 décembre 2020, dans le désert Victoria, à l’intérieur d’une zone militaire de la base de lancement de Woomera, interdite d’accès et où plus aucun lancement n’a eu lieu depuis 1971. Ce site d’atterrissage avait déjà été utilisé lors du retour de la capsule de la mission Hayabusa-1 en juin 2010.

Il y a quelques jours, le gouvernement australien a donné son feu vert à la manœuvre, ce qui réjouit déjà Patrick Michel, directeur de recherche au CNRS à l’Observatoire de la Côte d’Azur et membre de l’équipe scientifique de la mission : « Le 6 décembre va être une journée mémorable car ce sera le jour de l’arrivée sur Terre des premiers échantillons d’un astéroïde carboné ! ».

Plus que quelques mois à attendre pour enfin « vérifier la composition de ces échantillons et déterminer si effectivement, leurs propriétés sont précisément les mêmes que certaines météorites carbonées ou si, comme on le pense, celles-ci ne représentent qu’une partie de l’information, le reste étant trop fragile pour traverser l’atmosphère terrestre ».

De grandes avancées sont donc attendues dans « nos connaissances sur la composition initiale de la matière qui a contribué à la formation des planètes et sur le rôle de ces petits corps dans l’émergence de la vie sur Terre en analysant la composition de la matière organique qu’ils contiennent ! ». Notez qu’aux échantillons de Ryugu, s’ajouteront ceux de Bennu (autre astéroïde carboné) en 2023 qui seront récoltés par Osiris-REx le 20 octobre prochain !

Éviter la contamination et le risque de fausser les analyses

Cette capsule de retour a une masse totale de 16,5 kilogrammes et mesure 40 centimètres de diamètre sur 20 centimètres de hauteur. Elle a été conçue pour protéger les échantillons de Ryugu de toutes contaminations accidentelles lors de la traversée de l’atmosphère et son atterrissage sur le sol terrestre. En effet, tout l’enjeu d’une mission de retour d’échantillons est d’éviter que ces échantillons arrivent contaminés sur Terre.

Comme l’explique Patrick Michel, si les échantillons sont exposés à « l’atmosphère terrestre, ils seront altérés par les réactions avec l’eau et l’oxygène de l’atmosphère ». Pour éviter cela, les échantillons seront totalement protégés dans un « container en aluminum et de ce fait, l’atmosphère ne sera jamais en contact avec eux après l’atterrissage de la capsule sur Terre ».

Ensuite, ils seront amenés au Japon en les « laissant dans le container en alu et stockés dans une grande chambre de conservation ». Donc, ils ne seront jamais exposés à l’atmosphère et nous aurons ainsi la garantie que leur analyse nous donnera précisément leur composition originelle.

Quant au risque de contamination du site d’atterrissage, dans le cas improbable où la capsule se fissurerait lors de son atterrissage par exemple, « ils sont inexistants ». D’une part, parce que ces échantillons ne « représentent qu’un gramme de matière (objectif : 100 milligrammes, mais j’espère qu’on aura plus !) », précise Patrick Michel, et d’autre part, ils ne « contiennent rien de « dangereux » ». Les scientifiques savent que ces échantillons sont « similaires à certaines météorites qui tombent fréquemment sur Terre sans contaminer l’environnement, car les éléments et molécules qu’elles contiennent sont quasi-similaires à la matière terrestre inerte et ne peuvent contenir aucun « organisme » vivant ».

Les astéroïdes font partie des corps pour lesquels il n’y pas de « contrainte pour la protection planétaire », contrairement aux échantillons rapportés de Mars qui devront répondre aux normes très strictes de protection planétaire de catégorie V. Il faut savoir que les astéroïdes n’ont pas d’atmosphère, ils ont des « représentants » sur Terre donnés par les météorites, et aucune matière vivante ne peut survivre sur ces corps, «  donc ce que l’on récolte ne cause aucun danger pour la Terre ». L’important est plutôt de ne pas les contaminer !

Sources

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