Lors de ses prochains survols de Vénus en octobre 2020 et août 2021, la sonde BepiColombo tentera de détecter la phosphine dans l’atmosphère de la planète. Ces résultats aideront à confirmer ou infirmer, de manière indépendante, la détection annoncée il y a quelques jours.

Plus tôt cette semaine, une équipe d’astronomes a annoncé avoir détecté de la phosphine dans l’atmosphère de Vénus, ce qui a relancé la question de la possibilité de formes de vie sur la planète. En attendant une éventuelle future mission dédiée à la recherche de vie sur Vénus, il sera déjà intéressant de pouvoir confirmer, ou infirmer, la détection de la phosphine dans l’atmosphère de la planète. La sonde BepiColombo, actuellement en transit vers Mercure, pourrait permettre d’y voir plus clair.

Mertis, chasseur infrarouge de phosphine

BepiColombo est une mission conjointe entre l’Agence spatiale européenne (ESA) et sa consœur japonaise, l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (Jaxa). Cette mission, lancée le 19 octobre 2018, est destinée à étudier Mercure, la planète la plus proche du Soleil. Cependant, avant d’atteindre sa destination en 2025, la sonde effectuera deux survols de Vénus : un premier le 15 octobre 2020 et un second le 10 août 2021.

Les équipes de la mission avaient déjà prévu d’observer Vénus pendant ces survols. Cependant, la récente annonce de la détection de phosphine avec des télescopes sur Terre les amène à prévoir d’utiliser ces deux survols pour rechercher cette molécule à l’aide d’un instrument sur la sonde.

L’instrument en question, qui fait partie de la contribution européenne à la mission, s’appelle Mertis : MErcury Radiometer and Thermal Infrared Spectrometer, c’est-à-dire « Radiomètre et spectromètre infrarouge thermique pour Mercure ». Cet instrument est conçu pour étudier la composition de la surface de Mercure. Cependant, l’équipe pense pouvoir également l’utiliser pour étudier la composition atmosphérique de Vénus lors des deux survols. En effet, la phosphine a des raies spectrales autour de 9-10 micromètres de longueur d’onde, là où Mertis couvrira la plage de 7 à 40 micromètres, dans l’infrarouge moyen.

Deux survols : un de loin et un de près

Le premier survol de Vénus est prévu le 15 octobre 2020, c’est-à-dire dans moins d’un mois. Lors de ce survol, BepiColombo ne s’approchera pas à moins de 10.000 kilomètres de Vénus. C’est relativement loin, mais potentiellement encore assez proche pour effectuer une détection.

« Il y a en effet quelque chose dans la gamme spectrale de Mertis, déclare Jörn Helbert, du Centre allemand pour l’Aéronautique et l’Astronautique (DLR), co-responsable de l’instrument Mertis. Nous voyons donc maintenant si notre sensibilité est assez bonne pour faire des observations. »

Comme ce premier survol n’est que dans quelques semaines, la campagne d’observation de la sonde est déjà gravée dans le marbre, ce qui réduit les chances d’une découverte. Prévu le 10 août de l’année prochaine, le deuxième survol est, quant à lui, plus prometteur car, non seulement il laissera plus de temps à l’équipe pour se préparer, mais, en outre, il aura lieu à seulement 550 kilomètres de la surface de Vénus.

Selon Helbert, lors du premier survol « nous devrons être très, très chanceux. Lors du second, nous devrons juste être très chanceux. Mais c’est vraiment à la limite de ce que nous pouvons faire. » En cas de détection, Mertis fournirait une vérification indépendante de la présence de phosphine dans l’atmosphère de Vénus. Ce serait une information de première importance pour de futures missions destinées à étudier la planète.

Sources

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