En Australie, de nombreux animaux sont venimeux, tout comme les plantes peuvent être vénéneuses ! Des scientifiques ont analysé la neurotoxine produite par le Gympie-Gympie, un arbre toxique. Cette dernière partage des caractéristiques communes avec le venin d’araignée.

L’Australie est un pays qui fait rêver beaucoup de voyageurs pour ses paysages et sa culture, pourtant sa faune n’est pas très accueillante. Par exemple, la cuboméduse (Chironex fleckeri), l’une des méduses les plus mortelles flotte au large de l’île des kangourous, le taïpan du désert (Oxyuranus microlepidotus), qui vit au milieu du pays, est le serpent le plus venimeux du monde. Les plantes sont aussi dangereuses !

Des scientifiques ont analysé le venin produit par les plantes du genre Dendrocnide. Il s’apparente à celui des arachnides et peut provoquer une douleur qui dure plusieurs jours voire des semaines. Ils publient dans Science Advances.

Une plante venimeuse comme les araignées

Les feuilles de ces plantes, appelées stinging trees (signifiant « arbre piquant » en français), sont recouvertes de petits poils irritants de quelques millimètres, appelés trichomes, qui libèrent le venin au contact de la peau. Celle-ci réagit immédiatement par une réaction inflammatoire vive et douloureuse ainsi qu’un réflexe d’axone qui témoigne d’une inflammation neurogène.

Les scientifiques ont pu mettre en évidence la molécule responsable de la réaction cutanée. Il s’agit d’une famille de petits peptides, composés de 36 acides animés, riches en ponts disulfures. Les scientifiques ont décidé de nommer cette famille les « gympietides » en hommage au nom des Dendrocnide, Gympie-Gympie en langage aborigène de la tribu des Gubbi Gubbi.

Ces peptides bloquent l’inactivation des canaux sodiques des neurones sensoriels, ce qui entraîne une augmentation de leur excitation et donc de la douleur. Des personnes piquées par un Dendrocnide peuvent encore ressentir des épisodes douloureux plusieurs semaines après la piqûre.

La séquence des gympietides est assez unique parmi les peptides neurotoxiques, mais sa structure tridimensionnelle rappelle celle des toxines sécrétées par les araignées et les conidæ, des escargots de mer à la coquille conique.

« Même s’ils sont issus d’une plante, les gympietides sont similaires aux toxines d’araignées et de conidæ dans la façon dont ils se replient dans leur structure 3D et ciblent les même récepteurs nociceptifs – cela fait sans doute du Gympie-Gympie une plante véritablement « venimeuse » » explique Irina Vetter, une scientifique qui a participé à l’étude.

Sources

Réagissez à cet article en nous laissant un commentaire.
Profitez-en pour vous abonner  et suivre d’autres reportages tout aussi passionnants.